‹ Maladies du cœur et des vaisseaux [electronic resource]Chapitre 64 sur 83 · I.A DIUITAI,!'; KT I.A M KDICATK )N CAHDIOSTIIKNIOUE 80'J · texte numérisé non relu

I.A DIUITAI,!'; KT I.A M KDICATK )N CAHDIOSTIIKNIOUE 80'J

dciiiL Iroisà cinq jours, loujours d'après le môuie i)rincipe, c'esUjdire en débutant par la dose la jilas forte qu'il juge nécessaire ».

Je me permets de ne pas adopter à la lettre cette pratique, ni de partager ces opinions.

D'abord, j'admets que l'infusion de digitale est une très bonne préparation; mais ce n'est pas la meilleure, et je ne lui reconnais qu'une seule supériorité sur la macération, c'est parce qu'elle peut être préparée extemporanément, qu'elle peut être utilisée dans les cas urgents, lorsqu'il s'agit d'agir vite, et en attendant la macération de digitale dont la préparation demande au moins douze heures. Mais les expériences comparatives que j'ai faites pendant plusieurs années, me permettent d'affirmer formellement ceci : la macération de . digitale possède une action supérieure à l'infusion, elle agit aussi bien et aussi rapidement qu'elle pour produire le ralentissement avec la régularisation des battements du cœur, l'augmentation de la tension artérielle avec la diminution de la tension veineuse; mais il est indubitable qu'elle produit une diurèse plus rapide, plus sûre et plus abondante que l'infusion.

Ensuite, Jaccoud subordonne la diversité des doses aux cas où « l'asystolie est imminente ou définitive ». Quoiqu'il ait eu som de bien décrire les signes accusateurs de cette asystolie « mimmente >,, j'avoue qu'au point de vue pratique, je ne la comprends pas très bien : car, l'asystolie est ou n'est pas, et ie trouve préférable d'accepter la dénomination àlujposusloHe qui repond à un état morbide bien déterminé. Pui^ l'asystolie

définitive . qui ressemble beaucoup à l'asystolie cardioplégique de Gubler, me parait, dans certains cas, contre-indiquer 1 emploi de hautes doses de digitale, puisque cette asvstolie définurce est en raison directe de la dégénérescence dé/unticc du

iTut r/'^f l'opinion exprimée plus

au , j omets celle-ci : il faut donner de fortes doses de digitale

-y^^olie transi^iS

c de.laible. doses dans l'asystolie définitive (asvstofie cardio plegique ou amyocardie). ^"^>moiic uuuio-

Enfin, le même auteur suspend la médication digitalicnie nend.uit trois jours seulement, et « s'il en estbesoi,, , encore ni'tHl-.ni ,r.,..i . • . JJ<-ï'Oin, » il lu reprend

Uicuon avec i acUon pl,y»,ol„gi^uc bien c, ,„■ ,|. h, :

puisque cette dernière continue encore son action cardiaque et diurétique pendant liuit à dix jours au moins après sa suppression, je ne comprends pas pourquoi on devrait parfois l'administrer encore au bout de trois jours. Agir ainsi, ce serait parfois s'exposer à des effets accumulatifs et toxiques que j'ai observés pour ma part.

Ainsi donc, lorsque dans un cas d'asystolie, on veut produire une action cardiaque et diurétique, il faut avoir recours à la macération de digitale d'après cette formule :

Poudre de feuilles de digitale (ou feuilles

de digitale privées de leurs nervures). 25 à 40 cenligr. Eau froide 300 grammes.

Faites macérer pendant douze heures, et ayez bien soin de faire fiUrer, pour empêcher la rétention d'une certaine quantité de poudre de digitale, capable, par son action locale sur la muqueuse de l'estomac, de produire des nausées et des vomissements. On peut sucrer, soit avec le sirop de capillaire, soit avec tout autre sirop, comme le sirop des cinq racines.

Cette macération doit être prise en cinq ou six fois par jour, dans l'intervalle des repas, contrairement à l'opinion deBlondeau etLabbé, qui la prescrivent avec les aliments. Dans certains cas^, cependant, j'ai remarqué que les doses massives étaient préférables pour produire le maximum d'action diurétique; ainsi, je conseille souvent de prendre cette dose en deux ou trois fois dans la journée, et j'ai rarement obtenu, par cette méthode, la production de nausées ou de vomissements.

h). Comme Richard PfalT l'a démontré le premier, il faut, le le plus souvent, prescrire la digitale à doses dccromanies. exemple : 40 centigrammes le premier jour, 30 le deuxième jour, 20 le troisième jour, et 10 le quatrième jour.

11 est de règle que l'on doit cesser la digitale après quatre ou cinq jours d'administration; mais on ne doit pas en poursuivre l'emploi jusqu'à ce que le pouls soit descendu à 60 ou 70, comme C. Paul l'a enseigné autrefois. Ce serait là un danger; car dans les cas réfractaires à l'action du médicament, on pourrait ainsi exposer le malade à des elfets toxiques.

'/). Il existe des cas où l'on doit atteindre la dose de GO centigrammes; mais il ne faut jamais la dépasser, el. les auteurs

1,A DIGITALK ET LA MÉDICATION CAIUJIOSTflHNIQUE 811

comme Hérard et Bucquoy qui autrefois prescrivaient 75 centigrammes de macération ont reconnu avec raison que cette dose est exagérée.

D'autres auteurs pensent que les doses faibles de 10 centigrammes à 5 centigrammes, prolongées pendant dix ou quinze jours, sont suffisantes pour produire les mêmes effets diurétiques et cardiaques que les quantités de 30 centigrammes à 50 centigrammes. Si par cette pratique, on veut prouver que Ton peut obtenir en huit ou dix jours avec 10 centigrammes et 5 centigrammes la même diurèse qu'en trois jours avec des doses de 20 à 30 centigrammes, rien de mieux, et l'on devait s'y attendre d'après ce que l'on sait sur les propriétés d'accumulation de la digitale, les petites doses s'ajoutant les unes aux autres pour équivaloir à une forte dose vers le huitième ou dixième jour.

Mais alors, que de temps perdu avec ce procédé thérapeutique dans lequel on voit trop poindre la préoccupation d une expérience physiologique! Et l'on se demande avec étonnement ce que le malade peut bien gagner à attendre pendant six à huit jours, le bénéfice d'une médication qu'il peut obtenir dès le deuxième ou troisième jour, avec des doses plus fortes. En résumé, c'est pour la digitale que l'on peut dire : ni trop, ni trop peu. m trop souvent, ni trop longtemps. Le regretté Fabre (de Marseille) était de cet avis, et pour ma part, je n'adopte cette pratique de l'administration de très faibles doses que dans certains cas bien déterminés : lorsqu'il s'agit do vieillards ou d'artériosclercux chez lesquels la digitale produit plus facilement des effets toxiques en raison même de la lésion du muscle cardiaque et de l état plus ou moins prononcé d'imperméabilité rénale.

Dans ce dernier cas encore, la contre-indication à l'emploi de la digitale et son inefficacité ne sont pas absolument formelles tar, amsi que je l'ai dtjà dit, la digitale ne s'élimine pas en na ure par le filtre rénal, et j'ai remarqué qu'elle agit moins bien c ; t ^^"f (-^^^ints de cirrhose cardiaque) que ~r '''' ""^^ l'inefficacité L médi-

cœurT r T." ^^'f''''''''^'^ graisseuse, ou autre du

cœur), mais aussi de l'état du foie (sclérose ou cirrhose hépatique).

y). Dans certains cas, la macération <le digitale est mal sup-

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