‹ Maladies du cœur et des vaisseaux [electronic resource]Chapitre 8 sur 83 · I.A TE.NSIO.N AHTKIIIKI,I,K DANS I.KS iMAl,AI)JKS ol · texte numérisé non relu

I.A TE.NSIO.N AHTKIIIKI,I,K DANS I.KS iMAl,AI)JKS ol

13 ont éLc luorlels (morLaliLù : 1)2 p. lOU) ; enfin sur 10 cas où il a dépassé 140, 6 ont été mortels (mortalité : 60 p. 400). D'après cette statistique, on voit ainsi que la mortalité de la fièvre typhoïde suit une progression croissante avec l'accélération du pouls. Ce fait essentiellement clinique démontre donc qu'il est encore bon de tâter le pouls des malades et surtout des typhoïdiques, et de ne pas s'en tenir seulement à la constatation du chiffre thermique. 11 devient aussi la condamnation des systèmes thérapeutiques fondés sur la doctrine allemande de l'hyperthermie, et de cette phrase de Griesinger : « La fièvre domine la situation. » Or, il est plus conforme à la clinique de répéter au contraire avec Noël Gueneau de Mussy : « L'hyperthermie est la mesure et non la cause de la gravité. »

Quand, à l'accélération du pouls, se joint le caractère fœtal des bruits du cœur, signe encore inconnu et sur lequel j'ai appelé depuis longtemps déjà votre attention, le pronostic s'assombrit et devient le plus souvent mortel.

Or, quatre jours après l'entrée de notre malade à l'hôpital, je faisais constater, de la façon la plus formelle, l'existence de ce signe, consistant dans l'égalité parfaite, en durée, du grand et du petit silence du cœur, ce qui donnait à ses bruits égaux et précipités une ressemblance frappante avec le tic-tac d'une montre, et avec les battements fœtaux. D'après cette simple constatation, j'ai donc formulé un pronostic mortel. Les jours suivants, en effet, les battements du cœur se précipitèrent, les pulsations atteignirent rapidement le chiffre de d20, 140, puis de 100 ; je constatai ensuite l'affaiblissement progressif du premier bruit, l'atténuation du deuxième bruit diastolique au niveau du foyer aortiquo, indice d'un abaissement considérable de la tension artérielle qui nous avait encore été révélé par l'examen sphygmomanomctrique. Bientôt, on vit apparaître d'assez grandes quantités d'albumine dans les urines, et le malade succomba, comme nous l'avions prévu, le 16 février au soir, douze jours après son entrée à l'hôpital, au mih'eu de symptômes asphyxiques, et cela malgré la médication par les bains froids à laquelle nous l'avions soumis sévèrement dès le début. J'avais •ilt'nxc aussi dès le premier jour, l'existence d'une myocardite, lyplioidique qui a été confirmée à l'autopsie ])ar l'examen microgniphifiuc.

o2 LKÇONS DE TIIIÎIIAI'EUTIUUK KT UK CLIMOUK MÉDICALES

Ainsi donc, voilà un symptôme presque inconnu — le caractère foeLal des bruits du cœur — qui permet de formuler longtemps à l'avance un pronostic presque toujours inexorable. Je lui donne le nom &'embryocardie, préférable à celui de cyèmatocardie (de -/.■Jr.iJ.a, fœtus, et /.xpoîa, cœur), que j'avais tout d'abord adopté. J'en ai seulement trouvé la mention dans l'ouvrage de Stokes au sujet de sa description si remarquable de l'état du cœur dans le typhus. « L'extinction de l'un ou de l'autre bruit cardiaque n'a pas lieu, dit-il ; seulement, ils sont tous deux moins forts et deviennent presque complètement identiques. Nous avons donné à cet état le nom de caractère fœtal ^ tiré de la ressemblance étroite qu'il y a entre ce phénomène et les bruits du cœur du fœtus pendant la gestation. Cette similitude est presque absolue, lorsque le pouls a une rapidité de 125 à 140 pulsations à la minute. » Il traitait ses malades par l'administration du vin à haute dose, et l'on peut lire trois observations (Obs. XXXVI, XL VI etLI), où ce rythme particulier du cœur a été signalé.

Dans la première, un malade % âgé de vingt ans, présentait au 10'' jour d'un typhus maculé grave, une absence presque complète du choc cardiaque, les pulsations atteignaient le chiffre de 124 ; « à droite du mamelon gauche on n'entendait que le deuxième bruit du cœur ». Puis, au 13" jour, les bruits du cœur qui s'entendaient à peine entre les 5° et 6" côtes, avaient pris le rythme fœtal, mais le dernier ne fut que transitoire, et le malade finit par guérir.

Dans la deuxième, le malade - âgé de vingt ans, atteint de « typhus maculé », était arrivé à un état très grave; prostration extrême, yeux injectés, langue couverte de fuliginosités brunes; pouls à 12o pulsations, petit et sans force; action du cœur faible et respiration précipitée. Le lendemain de son entrée à l'hôpital, il y a du délii'e, du coUapsus, du refroidissement des extrémités. Le pouls à 132 est mou, petit et variable; l'impulsion du cœur ne se perçoit pas, les bruits sont faibles, mais nets. Enfin, trois jours après, le pouls étant à 120, on remarque que « les bruits du cœur ressemblent à ceux de la circulation fœtale ». Dès le lendemain ils se rapprochaient de l'état normal, et le malade finit par "uérir grâce à l'administration du vin à fortes doses.

' (Ins. XIV. — • Oii.^. XV.

Page 1