‹ Maladies du larynx, du nez, et des oreilles (volume 2)Chapitre 105 sur 282 · III. — RHINITES CHRONIQUES · texte numérisé non relu

III. — RHINITES CHRONIQUES

I. Rhinite chronique simple. — Les formes les plus ordinaires do rinflammation chronique dans les fosses nasales sont la rhinite hypertrophiquc et la rhinite atrophique que je vais décrire. Néanmoins, je signalerai d'abord la rhinite

43i RIALA9IES DU NEZ

chronique si m pie ou infection jprolongée de la muqueuse nasale et de ses replis. A la suite d'une g^rippe ou d'une autre infection, le malade mouche pendant des mois et même des années d'abondantes mucosités purulentes. L'odorat est affaibli, bi muqueuse est roug^'e et un peu épaissie, mais, particularité importante, aucun sinus ne paraît infecté.

Des inhalations antiseptiques (eucal jptol , eau oxjgénée,etc . • ou des injections à l'eau o\yfi;vnée viennent généralement à bout de ces infections circonscrites à la fosse nasale.

11. Rhinite bypertropbique, — A une définition forcément incomplète, nous préférons l'énoncé des caractères les

pi us sai liants de cette affection . C'est un gonflement de la muqueuse nasale, rarement généralisé, le plus souvent localisé au cornet inférieur d'un seul ou des deux côtés (fig. i54). Ce gonflement peut tenir dans les débuts à une simple hjpérémie active - iM RI* ou passive delà pituîtaire (rhinite hypcrlro- " 'nitehypcriro- pl*ic|"« vaso-motrice pure) ; mais plus tard phique. surviennent des modifications histologiques

consistant en une dégénérescence myxomatcusc de celle membrane (rhinite hjpertro phique avec hypcrplasic) L'au^i'mentation de volume de la muqueuse amène Tobstruclion d'une ou dos deux fosses nasales ; celle-ci s*accompagne d'une sécrétion d'abondance variable, sujette h de vérilabli's poussées paroxystiques. L'impossibilité ou Tinsuffisaiico de la respiration par le nez amène du côté du pharvnx cl du larynx des troubles d'abord fonctionnels, sur lesquels viendront se irrefTer plus lard des lésions organiques permanentes. D'autre part, les lésions nasales peuvent, chez certains malades, provoquer, par voie réflexe, dans des organes ou des appareils plus ou moins éloignés du nez, des troubles variés cjui eonsliluent un des côtés les plus remarquables de l'a ITec lion.

Ils'aj»ii, en résume, dune tuméfaction des parties molles aver liouhles variés do rimpcrméabilité nasale.

Étiologie et pathogénie. —La pituitaire, dans ses couches pr.irnii.l..s, rsl prescjue oxelusivenient formée par des sinus

RHINITE8 433

vasculaires, dont la structure se rapproche de celle du tissu crectîlc. Sous riniluence de causes nombreuses, inflammatoires, mécaniques et réflexes, ces sinus s'hjpérémient ; au bout d'un certain temps, leurs parois perdent leurs propriétés contractiles, et Thjpérémie, de passagère, devient permanente. Puis, surviennent des transformations histologiques, et sur cette muqueuse ainsi transformée dans ses éléments constitutifs continuent à évoluer des poussées cong-estivesqui se traduisent cliniquement par des recrudescences de l'affection.

D'après Grove, Thypertrophie du tissu érectile résulterait d*une action des nerfs trophiques (1).

Parmi les causes généi^aîeSj trois seulement méritent d*ètre retenues : Venfance^ et les tempéraments scrofuleux et aW/irttiques.

Les causes locales sont beaucoup plus nombreuses. D'une façon générale, on peut dire que la rhinite hypertrophiquc est l'aboutissant ou d'un coryza chronique ou d'une stase veineuse mécanique de la pituitaire» ou d'une hypérémie réflexe, durable, de cette membrane. Toutes les causes susceptibles de produire un de ces trois états peuvent conduire à la rhinite hypertrophique.

Certaines professions ont une influence indiscutable : les menuisiers, les tailleurs de pierre, les ouvriers des manufactures de tabac qui respirent constamment un air chargé de substances irritantes, sont sujets à la rhinite hypertrophique. De même ceux qui travaillent les chromâtes, la chaux, le phosphore, le mercure. La même explication s'applique aux fumeurs et aux priseurs. Les sinusites chroniques, les dévialions de la cloison sont des causes indiscutables de rhinite hypertrophique.

Les affections du pharynx nasal peuvent également conduire à cette affection. Ainsi les végétations adénoïdes s'opposent à la tranquille déplétion des veines des fos.ses nasales et y favorisent ainsi la stase sanguine ; d'autre part, en readant imparfaite leurventilation, elles amènent un coryza chronique, qui peu à peu conduit à l'hypertrophie.

(1) The laryngoicopê, 1897, p. 459.

Castix. — liai, du Urynx 3« êdit. 28

Enfin des affections org'aniques ou des troubles fonctionnels d'org'anes éloig^nés du nez peuvent produire une hjpéréniîe réflexe de la pituitaire, et conduire ainsi à la rhinite hypertrophique. Ce sont surtout les affections de l'appareil génital.

L'individualité de chaque malade joue un grand rôle dans la part que prend le nez aux souffrances des autres org'anes. Dans certains cas, il faudra chercher la cause d'une rhinite hypertrophique dans une dyspepsie chronique, ou encore, chez la femme, dans des troubles de l'appareil génital.

Anatomie pathologique. — Il y a lieu de distinguer dans la rhinite hypertrophique deux stades :

Le premier est caractérisé par la dilatation des sinus vasculaires de la pituitaire, dilatation d'abord transitoire, et qui peut dans la suite devenir permanente quand les parois des sinus ont perdu leur contractilité. C'est l&pénode congestive ou vaso-motrice.

Dans un second stade, des modifications histologiques se produisent : c'est la période hyperplasique. A cette période, quelle est la nature des lésions? Rendu a constaté l'hypertropliie des glandes, du chorion et de Tépithélium. Morell-Mackenzie, Tcrrillon, Suchard, etc., constatèrent une abondante infiltration de cellules embryonnaires. Pour Chatellier, € la tumeur est une véritable dégénérescence myxomateuse de la muqueuse des cornets sur les points où elle renferme des tissus adénoïdes ; le tissu en est identique à celui du cordon ombilical ». Pour Renaut (de Lyon), la tumeur est un myxangiome, c'est-à-dire qu'elle est constituée par du tissu érectile inclus dans du tissu embryonnaire.

On trouve dans les tissus hyperlrophiés des globes hyalins formés aux dépens de cellules migratrices (Polyak).

En résumé, l'hypertrophie d'un cornet atteint de rhinite est constituée par du tissu muqucux (myxome), des glandes hypertrophiées (adénome) et des vaisseaux dilatés (angiome). Souvent la première de ces altérations existe seule. D'une manière générale, on peut dire qu'il s'agit d'un myxomeaiu giomateux.

Ainsi qu'il a été dit plus haut, ces modifications de la muqueuse sont rarement généralisées, sauf à la période initiale,

RHINITES 43S

quand il ; a simplement h^pérémie el vaso-diintalioa. Plus tard, k la période hyperplasique, la rhiaile hjpcrlrophique se localise volontiers nu corocl inférieur, soit à le totalité du cornet, soit seulement k sa partie antérieure, ou encore à la queue du cornet (fîg. 155).

Quelquefois l'hypertrophie se localise en un point suffisamment limité pour que la porlioa de muqueuse auj^menlée de volume présente l'iippareace d'une véritable tumeur plus ou moins sessile sur le cornet ; il s'agitlàdcvéritaLilcs formes de transition enti-e la rhinite lijperlrophique et les polypes muqueux des fosses nasales.

SympUmes. — 1" Stuptômeh FONCTION NtLs. — La rhinite hyperlrophique se traduit clinique-

ment par l'obstruction des fosses '''fi iaq„7ae^"OTrnel9 nasales et les modifications de la sécrétion.

A. Obêtruclion nataU. -^ Le caractère capital de l'obstruction nasale, c'est sa variabililé, non seulement d'un individu k un autre, mais sur le même individu. Tous les degrés intermédiaires existent entre les deux types de malodes, dont )'un a le nez complètement bouché des deux câiés, et l'autre qui se plaint simplement de respirer moins bien d'un câié que de l'aulro. Chec le même individu, l'obstruction nasale varie d'un jour à l'autre, quelquefois d'un moment à l'autre. Les causes qui produisent ces varialion.t sont nombi-euses : l'obstruction du nez peut cesser tout à coup sous une influence nerveuse, la frayeur par exemple. Les inQuences méconiqucM et thermiques agissent également sur elle. Assez souvent la pressiondu stylet, un froid vifla font évanouir, tandis qu'une chaleur moîte favorise son apparition. .Mais ce qui frnppe surtout les malades, c'est l'influence de la position de lu lëte. Dans le décubitus dorsal, le défaut de perméabilité est bilatéral ; dans le décubitus sur un calé, robslruction s'accentue au plus haut déféré dans la narine correspondante.

Les ëternuements, l'action de se moucher plusieurs fois de suite augmentent ég'alement Tobstruction. Celle-ci oscille souvent d'un côté à Tautre, quittant le nez droit pour passer au nez gauche, et ensuite repasser à droite {rhinite à bascule).

Cette variabilité s'explique facilement, car les causes qui . rinfluencentsont précisément celles qui sont capables d'augmenter ou de diminuer la congestion nasale. On comprend aussi pourquoi ces variations seront d'autant plus prononcées que l'élément congestif l'emportera davantage sur l'élément hyperplasique.

L'obstruction nasale entratne un certain nombre de troubles fonctionnels, très pénibles pour le malade. L'odorat et le goût sont diminués ou supprimés. Il peut môme y avoir perversion de l'odorat, et plusieurs observateurs ont signalé la cacosmie parmi les symptômes de la rhinite hypertrophique. La voix prend un timbre nasal, la gorge se dessèche, surtout la nuit; la bouche est pâteuse, le sommeil est troublé par des cauchemars. Souvent le malade, qui s'était couché avec une obstruction minime, est réveillé en sursaut par une augmentation de Tobstruction, sous l'influence du décubitus dorsal. La pesanteur de tète, l'inaptitude au travail, la perte de la mémoire ont été signalées également comme des conséquences de l'obstruction nasale.

B. Êcouîemejit nasal. — La sécrétion nasale est modifiée dans sa quajitité et dans sa qualité.

D'une façon générale, la quantité de la sécrétion est aug* montée. Sur cette augmentation modérée, mais permanente, viennent se greffer de temps en temps des poussées d'une véritable hydrorrhée nasale, et l'obstruction augmente toujours au moment de ces poussées.

Dans des cas plus rares, la sécrétion est diminuée; ils*agit en quelque sorte d'une variété sèche, et les malades se plaignent eux-mêmes d'une sensation de sécheresse dans les fosses nasales.

La qualité de la sécrétion nasale dans la rhinite hypertrophiqne est variable. Quand l'écoulement est abondant, par exemple au moment des poussées d'hydrorrhée, il est séreux,

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aqueux. Quand récouiement diminue d*aboDdaDce, il devient en même temps plus épais, plus visqueux. Enfin, chez certains enfants, l'écoulement devient muco-purulent, ou même semblable à du pus franc. Dans ce cas, il prend une odeur fade, tandis que les écoulements séreux et muqueux sont inodores.

Uépistaxis n'est pas un symptôme très fréquent de la rhinite hypertrophique. Quand on l'observe, elle peut tenir à diverses causes. Tantôt sous l'influence d'une poussée cou* gestive plus intense, un petit vaisseau se rompt; tantôt le malade, par suite de la démang-eaison qu'il éprouve, se gratte avec l'ongle et produit une excoriation de la muqueuse ; tantôt enfin Técoulement nasal, en se desséchant, produit des croates dont le décollement pratiqué de vive force est suivi d'hémorragie légère.

2o Symptômes physiques. — L'examen extérieur du nez et du visage révèle parfois le faciès adénoïdien (surtout chez un enfant dont l'obstruction nasale est accentuée) ou une rougeur congestive de la pointe du nez, ou encore de la dilatation veineuse de la racine du nez.

L'examen rhinoscopique antérieur fournit les signes les plus importants. Dans certains cas, l'examen rhinoscopique peut être négatif, s'il s'agit de poussées congcstivcs, encore intermittentes, et si le malade se présente en dehors d'une do ces poussées.

Vn peu plus tard, la rougeur et le gonflement sont devenus permanents et constatables à n'importe quel moment. Ils sont, dans les débuts, plus bu moins diffus, bien que prédominant déjà au niveau des cornets inférieurs.

Quelquefois la rougeur n'est pas plus accentuée que dans un nez normal; on peut se rendre compte de ce fait chez certains malades qui ont de l'obstruction unilatérale et dont la muqueuse a des deux côtés la même coloration.

Au lieu d'une coloration rouge vif, ou rouge sombre, on constate, dans certains cas, une coloration grisâtre. Cette pâleur delà muqueuse a été expliquée ainsi par Hack. Suivant lui, la décoloration est duc aune pression excentrique exercée sur la muqueuse dont les vaisseaux sont de petit calibre et peu

dilatables, par sa couche profonde, presque uniquement constituée par des sinus vasculaires, et devenant turgescente lorsque ceux-ci subissent une réplétion sanguine exagérée. Enfin, à un stade plus avancé, quand à la congestion simple a succédé l'hyperplasie, le spéculum révèle de nouveaux détails. L'épaississement porte surtout sur cette face du cornet inférieur qui regarde la cloison. La muqueuse, à ce niveau, se présente sous Taspect d'une tumeur d*un gris rougeâtrc, mamelonnée ou à surface coupée de dépressions parallèles, remplissant plus ou moins le méat inférieur.

Quelquefois, c'est à Textrémilé postérieure du cornet inférieur que se localise Thypertrophie, et on voit la partie postérieure du méat inférieur obstruée par une tumeur d'un blanc grisâtre, si toutefois cette queue du coimct est perceptible par la rhinoscopie antérieure. Dans des cas plus rares, Tépaississeinent est localisé à la partie antérieure ascendante du cornet moven, ou encore à la cloison.

Cet examen rhinoscopique antérieur doit être complété par l'exploration à l'aide du stylet. 11 rend compte de l'épaisseur de la muqueuse, et de la part qui revient à l'hypérémie et à rhyperplasie. Mais c'est surtout avec la cocaïne qu'il est facile de déterminer s'il s'agit d'une simple réplétion sanguine ou d'une dégénérescence myxomateuse, car la rétraction qui suit le badigeonnage est plus considérable dans le premier cas. Celte rétraction a en outre pour avantage de rendre l'examen du nez plus facile.

La rhinoscopie postérieure doit toujours être faite, bien qu'elle donne moins souvent des résultats que l'antérieure. Elle permettra de reconnaître des queues de cornet et le rétrécissement des choanos.

Complications. — On peut les diviser en complications locales, complications de voisinage et complications réflexes à distance.

io Complications nasales. — Du côté du nez, il y a lieu de sijQ^'naler :

a. La prédisposition à contracter le coryza aigu, avec récidives fréquentes.

h. L'apparition de polypes muqueux ; il ne s'agit pas là, à

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vrai dire, d'une véritable complication, car la rhinite hypcrtrophique et les polypes constituent deux affections analogues, qui se transforment facilement Tune dans Tautre.

c. L'apparition de néoplasmes malins, mais cette dégénérescence maligne est rare.

d. La transformation de la rhinite hypertrophique en rhinite atrophique, avec ozëne. Cette transformation, indiquée par Zuckerkandl, Gottstcin, etc., est niée par Moldenhaucr. Nous ne Tavons jamais observée.

2* Complications de voisinage. — Elles sont dues à la propagation du processus hypertrophique aux muqueuses voisines.

Le pharynx nasal est le premier touché; il est bien rarement normal dans le catarrhe nasal chronique; il en résulte une obstruction des orifices tubaires, qui amène des changements de pression, et des troubles auditifs de cause mécanique, bourdonnements, diminution de Toute.

De plus, le catarrhe naso-pharyngé peut se propager à la trompe et à l'oreille moyenne, et amener de ce côté des lésions inflammatoires.

L'inflammation catarrhale du nez peut encore se propager au canal nasal et amener des troubles oculaires variés : épiphora, conjonctivite, iritis.

Enfin le catarrhe peut se propage^ en bas au larynx et aux ramifications bronchiques.

3^ Complications réflexes. — Les névroses réflexes d'origine nasale sont nombreuses et variées. Elles ne sont pas spéciales à la rhinite hypertrophique, mais peuvent s^observer dans toutes les affections nasales. On peut les classer en trois groupes :

a. Symplômeê céphaliquea : Vertiges, céphalalgie, amnésie, épilepsie, migraines.

b. Symptômes disséminés ou névralgiques : Douleurs cardiaques, gastralgiques, intercostales, etc.

c. Symptômes fonctionnels : Toux, dyspnée, asthme, palpitations, nausées, vomissements, etc. De tous ces symptômes, les accès d'asthme sont les plus importants, et jamais il ne faut négliger d'examiner le nez chez un individu sujet à des crises de dyspnée asthmatique.

i40 MALADIES DU NEZ

D*après Hack, ces phénomènes réflexes exigeraient toujours pour éclater le gonflement préalable des tissus caverneux, ce qui n*cst pas démontré.

Marche. — Durée. — Terminaisons. — La rhinite hypertrophique est une maladie essentiellement chronique.

Elle peut être chronique d'emblée, ou succéder à des poussées plus ou moins nombreuses de coryza aigu. Durant plusieurs années, dans les débuts, il y a du coryza sans hypertrophie, ou bien de Thypérémie de la muqueuse sans hyperplasie. Puis, à un moment donné, survient de l'hypertrophie vraie, et Taffection évolue pendant des années avec des symptômes variables, suivant la réaction individuelle de chaque malade. Le coryza chronique peut, dans sa marche, après avoir atteint un certain degré, s'y maintenir pendant des années, sans changement notable.

Diagnostic. — i* Diagnostic différentiel. — On peut confondre avec une rhinite hypertrophique :

i<* EpaisaUaements aUmmeux de la muqueuse chez les sujets dont le lymphatisme se révèle par le volume du nez, l'impétigo des narines, etc.

1° Polypes muqueux dea fosses nasales. L'examen rhinoscopique permettra de trancher la question. II existe, comme nous l'avons dit, des formes de transition ; c'est quand l'hypertrophie, localisée à une portion de cornet, lui donne un aspect polypoïde.

3° Polypes fibreux et tumeurs malignes du nez. L'évolution rapide, la localisation exacte, la fréquence et l'abondance des épistaxis, permettront de faire le diagnostic.

4** Tuméfactions inflammatoires. Elles peuvent cacher un corps étranger ou une tumeur maligne.

5° Localisations de la syphilis et de la tuberculose sur les fosses nasales. Elles diffèrent, au point de vue rhinoscopique, de la rhinite hypertrophique. Nous renvoyons, pour le détail de leurs caractères propres, au chapitre qui leur est consacré.

r>® Déviations delà cloison, éperons, vices de conformation. Ils se reconnaîtront à l'aide du spéculum. Ils constituent d'ailleurs une cause prédisposante de la rhinite hypertro-

RHtNITES 441

phique, et souvent il j aura lieu de faire plutôt un diag>nostic complémentaire qu'un diagnostic différentiel.

7» Obstructions du pharyx nasal^ et en particulier végétations adénoïdes. Dans ce cas, le toucher pharyngien et la rhinoscopie postérieure permettront d'attribuer l'obstruction nasale à sa vraie cause.

On a vu des malades atteints d'anesthésie de la muqueuse nasale, croire à une obstruction de leurs narines parce qu'ils ne sentaient pas l'air passer (i).

2® Diagnostic positif. — Quand on saura être bien en présence d'une rhinite hypertrophique, il faudra encore déterminer, par l'épreuve de la cocaïne, si la maladie est déjà arrivée ou non au stade hyperplasique.

Enfin, il est souvent difficile de rapporter à leur vraie cause nasale les névroses réflexes si variées dont peuvent être atteints les sujets porteurs de rhinite hypertrophique.

Pronostic. — La rhinite hypertrophique n'offre pas de danger pour la vie ; toutefois le pronostic en est sérieux, à cause de sa ténacité, et à cause des ennuis nombreux qu'elle peut susciter aux malades.

Traitement. — i* TRAnrEMENT prophylactique. — Il consiste à éviter toutes les causes de rhinite chronique. Aux adultes, on interdira le tabac, l'alcool, le séjour dans une atmosphère pleine de poussière. Les enfants scrofulcux seront envoyés sur le bord de la mer ou dans une station chlorurée sodîque.

2* Traitement curatif. — Il doit viser deux indications : nettoyer le nez, et rétablir la perméabilité nasale.

a. Nettoyage du nez. — Il se pratiquera au moyen d*injectionSy faites avec de l'eau boriquée ou naphtolée chaude sous pression très faible.

b. Perméabilité nasale. — Elle peut se rétablir, momentanément au moins, par la cocaïne, en solution ou en poudre. Mais l'usage prolongé de la cocaïne peut amener des accidents.

Aussi devra-t-on presque toujours recourir aux cautérisations.

(i) M. DundasGrant, Soc, laryng. de Londres, 5 décembre 1902.

4i3 MALADIES DU MEZ

Lf! mcntliol cl l'aDtipvnnc afiFaisscnt aussi lu muqueuse.

AuscRusiiqiics chimiques (nitrate d'argent, acide chioinique, cUlorurc de zinc), dont il est impossible délimiter cxnclcmenl l'action, on prtïfùrcra legalvanocautèrc (fig. 156 cl 157). Il a l'avantnge de produire une cautérisation cncrffique, dont on peut mesurer l'étendue.

Fi^. 136.

de Gsiiïo, t

S'ogit-il, pnr exemple, do cantéiiscr un cornet inFWeur? On^ di'poRo d'nliord, poniliinl cinq minutes, un petit tampon de ouate hvdropliilc imprég'n^c de In solution de cocaïne à 1 p. 10, puis on applique le cautère à plat à cinq ou six reprises, jusqu'il ce qnelc cornet soit bien réduit.

RHINITES <"

L'instrument de choix pour les applications de ouale dans les fosses nasales est la pince coudée àe Lubet-Barbon (fiff. i58).

Fig. 158.— Piace

Un moj'en d'insensibiliserla muqueuse nasale est do recourir aux pulvérisateurs spéciaux {6g. 159).

On peut aussi employer le serre-nu-uil galvunocaustiquc.

SI la disposition cslielle qu'on puisse engager facilement dans 1 anse la porUon hypertrophiée.

L anse froide est h rejeter à cause de l'héinorraffie considérable ù laquelle elle peutdonner lieu.

Les queues de cornet devront souvent être eautiSrisées ou

Fig. 159. -

enlevées par la voie pharyngée. Pour l'éclairage des cavités nasales, comme pour les cautérisations k faire au domicile lies malades nous pouvons recommander deux accumulateurs du type ci-contre {fig. 160).

La question île la rcsection du cornet inférieur (lurbinotomie) provoquait, le 12 mai 1897, une intéressante discussion à la Société lary-ngologique de Londres. Il en résulte r que

RHIMITE8 US

l'on peut opérer k la pioce coupante ou à l'anse rouge ; que l'ablatioa totale du cornet est beaucoup plus dangereuse que celle de sa télé ou de sa queue seulement. Les inconvénients sont les risques d'hémorra^^ie secondaire, la formation rebelle de croates dans la fosse nasale, les phar^ngo-laryngitos sèches (Semon). En géni-rai, l'opération n'est pas grave, puisque Wingrave a pu produire 200 cas sans complications.

Fig. I(t0. — AceumulBieurs pour les cautérisations

Cl pour rëclairagc.

i. Accumulateur (catitùros ut anses). — 2, Accumulotcur lumiùrv

(IDampërei 8 vollf^i.

Lermoyez et Mahu ont proposé, au XIII* congrès international (Paris 1900) un nouveau moyen de traitement de diverses affections nasales et nutammcnl des rhînîtcs par les applications d'air chaud, lis font passer dans les fosses nrsales des courants d'air sec surchaulTii 6 une tcmpéralurc de 80" i» 100*. L'air est d'abord comprimé à ISO almospliëres dans tics lobes d'acier, il s'échaufTe ensuite dans un serpentin miîlolliqoe et arrive k destination par un tube métallique doublé d'amianle. A ce tube se vissent des canules de diverses formes suivant l'application qu'on se propose.

^n mnv-. "*^°^ ^® séances de deux minutes sont nécessaire»

hypertro K* ^ ^^^'^'^ spécialement utile contre les rhinites

nasales ^^*.^^^®' coryzas aigus, asthme des foins, hjdrorrhée»

bons ré^ 1 ^^^^* troubles nerveux. Elle a également donné de

- tvmn ^^ ^^*® ^^^^ *^* otalgies et dans les catarrhes tubo-

Orr^^^*^^^^^^'^"?^^ ^" bourdonnements, avec cemmeat émis Thypothése que le corjza vulgaire

tion \^\ ^^sal salé ne serait autre chose qu'une émonc-

^^^^^^ ®t qu'il existerait peut-être un coryza albumi*

que dont l'élément prédominant serait l'œdème de la pîtuitaire.

quel a guéri radicalement par le régime déchloruré oi'yza tenace chez un albuminurique; en même temps, ^oute sous l'influence du même régime, l'albumine ^Dait de! gramme à 50 centigrammes.

Q a conseillé également comme traitement du coryza la ,^ sèche dont le régime hypochloruré ne serait qu'une vananle et Merkien a obtenu de très bons résultats par ce traitement.

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