I. ■- RHINO'HYDRORRHÉES
Symptômes. — Un premier type est caractérisé par des sen< sationsd*irriiation dans le nez, fourmillements, élernuements^ bientôt suivis d'un flux abondant et prolongé émanant de la pituitaire. 1^ perte quotidienne de liquide peut s'élever à près d'un litre (Bosworlh). Dans un cas de Poulson, Técoulement durait toute la journée, persistait jusqu'à deux heures du matinet cessait quand le malade s'endormait, pour reprendre au réveil. Un de mes malades était souvent réveillé la nuit par un flux subit, qui mouillait ses joues et son cou. A la suite de ces pertes, il souffrait de maux de tète, avait dans les deux fosses nasales une odeur de cuivre et se sentait très affaibli. J*ai noté cette prostration après la crise dans beaucoup de mes observations. Les phénomènes d'irritation du début s'atténuent à mesure que l'écoulement s'établit.
Ije liquide qui s'écoule est transparent, légèrement vis^ queux. Sa densité moyenne est de 1,006. Il contient un peu de matière protéiquc cbagulable par la chaleur, ne réduit pas la liqueur de Fehling. Les matières inorganiques, dans la proportion de 0,8 0/0 environ, sont représentées par du chlorure de sodium, du phosphatée! du carbonate de chaux.
Les rhinoscopies antérieure et postérieure montrent une muqueuse flasque, affaissée, pâle, comme macérée, lavée. Sa sensibilité est très émoussée. On peut la toucher avec le stylet coudé sans provoquer de réflexes. Quand rhydron*hèe dure depuis longtemps, on peut voir, principalement sur le cornet inférieur, de l'hypertrophie poIypoTdc mollasse, sur laquelle la cocaïne reste sans effet vaso-constricteur.
Etiologie. — On n'est pas encore très fixé sur les condition.s étiologiques de cette vbriété. On a pourtant remarqué que les nerveux et les arthritiques, les lymphatiques et lesanémiqûes, les hépatiques et les paludéens y sont plus exposés. L'action du froid et les impressions morales se montrent comme causeil occasionnelles.
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Aiiatomie pathologique. — La pituitairc de ces hyârorrhéiques a été examinée par Ghatellier en 1887, par Brindel et Berbineau en 1898.
Ghatellier a vu la membrane basalc de la pîtuitaire perforée par des canalicules qui viennent s'ouvrir en entonnoir à la face interne du revêtement épithélial. LVxtrémit<S profonde de ces canalicules se continuait avec les lymphatiques dilatés et multipliés des couches superficielles de la muqueuse.
' Brindel à noté la disparition des glandes, dans la moitié des cas. environ. Sur une muqueuse coupée en plein fonctionnement, il a vu la niulUplication considérable des vaisseaux san(;^uins, la dilatation des veinules, quelques extrava» sations sanguines et l'accumulation de cellules roiiges, au voisinage de Tépithélium.
Pathogénie. — Les hypothèses ne manquent pas pour expliquer ces écoulements abondants et prolongés.
1^ Boswurth admet une paralysie du sympathique cervical supérieur ou du trijumeau selon les cas, car il considère que ces deux nerfs ont une action modératrice sur la sécrétion nasale. Une autopsie d'Altaus a montré en effet la coïncidence d'une paralysie du trijumeau avec une hydrorrhée nasale. J. Mackenzie et Sajous se sont ralliés à cette interprétation. Mais l'action que ces auteurs accordent au sympathique et au trijumeau n'est pas confirmée par les sections expérimentales de ces nerfs qui ne s'accompagnent nullement d'hydrorrhée.
Avec Fink, Lermoyez admet qu'il s'agit d'une hj'^persécrétion glandulaire. Elle est le résultat d'une excitation anormale des filets vaso-moteurs sécrétoires et sensilifs contenus dans le nerf maxillaire supérieur. A l'appui de sa théorie, Lermoyez invoque Thydrorrhée nasale expérimentale produite par la muscarine, qui, d'après tous les physiologistes, agit sur le système nerveux glandulaire. On peut objecter que la faible teneur du liquide en mucine ne va guère avec l'idée d'une sécrétion glandulaire et que le microscope montre d'ailleurs la presque disparition des glandes.
Pour Ghatellier, le flux nasal serait une extravasatîon lymphatique par les canalicules perforants de la membrane basale, que ses examens microscopiques lui ont fait voir.
HYDRORRHEE NASALE OU RHINORRHÉE 475
EnHn J. MoHnîé se rallie à Tidëe d'une simple exosmosc séreuse liée à une hypertensign yaçculaire dans la muqueuse nasale. En raison de la continuité de Técoulement, des dilatations veineuses réviélées par le microscope, ce doit être une vaso-dilatation passive, et la cause de cette paralysie des vaso-constricteurs lui paraît devoir être rattachée à des lésions du gang^lion deMeckel ou des nerfs sphéno-palatin et palatin postérieur. Il admet encore comme possible que, dans certains cas, le flux soit simplement explicable par Taltération de la muqueuse même.
Diagnostic. — Cette rhino-hydrorrhée doit être disting'uéc de quelques troubles similaires.
i^ Des flux nasaux d'ordre réflexe, que le point de départ du réflexe soit nasal (poussières, corps étrangers, polypes) ou qu'il soit extra-nasal (impression de froid aux pieds, à la tête chez les chauves). Chez les personnes âgées, ce phénomène constitue « la roupie». Ces écoulements réflexes se font goutte à goutte et n'empèsent pas le mouchoir; ,
2* Des rhinites spasmodiques, à accès paroxystiques tels que l'asthme des foins. Qu'elles soient périodiques ou non, elles se caractérisent par Taccès qui a une durée limitée et par les intervalles de repos qui séparent les crises ;
3" Des hydrorrhées médicamenteuses que produit l'administration de la muscarine, de Tiodure de potassium.
Traitement. — II faut voir d'abord s'il n'existe pas de lésions qui entretiendraient l'hydrorrhée. Trouvc-t-on des hypertrophies polypoTdes myxomateuses, on les attaque avecle galvanocautère. La turbinotomic partielle peut être indiquée, et même, si on se trouvait en présence d'une hypertrophie flasque diffuse, on procéderait à la décortication totale des cornets. « La muqueuse dégénérée n'a droit à aucun ménagement » (Molinié).
Les topiques locaux peuvent être utiles : telles les injections astringentes au sulfate de zinc, à l'acide galliquo, au tanin.
L'emploi combiné de la strychnine et de l'atropine, conseillé par Lermoyez, atténue souvent l'hydrorrhée, parce que l'atropine modère l'hypersécrétion et la strychnine excite les nerfs vaso*constricteurs.
Sulfate d'atropine . . . • • 1/4 de milligramme. Sulfate de strychnine • , . . 2 milligrammes.
Pour un granule. En prendre un par jour, pendant une semaine, puis deux pendant la deuxième semaine.
On a conseillé également les pulvérisations à Tatropine à raison de dix centigrammes de sous-sulfate neutre pour trente grammes d*eau.
Nous avons maintenant l'adrénaline, qui devra être essayée.
Les courants continus ont donné quelques succès.
Enfin puisque, comme nous l'avons vu dans l'étiologie, le tempérament et la constitution jouent un certain rôle, on combattra le nervosisme, l'arthritisme, le Ijrmphatisme, le paludisme, etc., par les moyens appropriés.