CHAPITRE VII
ÉPISTAXIS
L*épistaxis est fréquente parce que la forme et la situation du nez Texposent aux traumatismes et parce que sa muqueuse est très vasculaire.
Divisions et Etiologie. — On distingue des épistaxis traumaiiques et spontanées ou symptomatiques. Les premières s'observent dans les contusions sur le nez, les fractures de la base du crâne, des os propres du nez, de la cloison. Les deuxièmes, qui offrent plus d'intérêt pour le spécialiste, doivent être réparties en deux catégories, selon qu'elles sont de cause locale ou de cause générale.
Causes locales, — Comme causes locales^ il y a les diverses rhinites aiguës (coryzas simples, de la rougeole, de la fièvre typhoïde, etc.), les ulcérations tuberculeuses ; les tumeurs malignes qui saignent abondamment, si on vient à les piquer avec un stylet; il y a des polypes hémorragiques de la cloison, observés par Heymann, Alexander. J'en ai opéré un, Masip en a signalé un sur la paroi externe du vestibule. Mounier a observé un cas d'épistaxis provenant de la troisième amygdale à la suite d'une leçon de chant. Joal appelle latlcntion sur les épistaxis par les odeurs; elles résultent de troubles vaso-moteurs par excitation du trijumeau.
Le plus souvent les épistaxis sont explicables par Touverture de petites varicosités qu on observe fréquemment à la partie antéro-inférieure du septum (tache vasculaire de la cloison). Sur un ensemble de 250 épistaxis, Baumgarten a
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relevé 219 fois des lésions sur la cloison. Il s*ag-it de petites érosions, d'exulcérations eczémateuses. C'est ordinairement la branche interne de l'artère sphéno-palatine qui donne ce sang*.
Causes générales. — Souvent on ne trouve pas de lésion locale ; la muqueuse a saigné en nappe sous l'influence d'une cause g'énérale. Les plus habituelles sont :
a) U hémophilie. Chez quelques-uns de ces sujets, les épistaxis à répétition trouvent leur explication dans l'existence d'angiomes muqueux et cutanés, sig^nalés par Rendu et Chauffard (i).
h) La dysménorrhée. Qu'elle tienne à la ménopause ou à une affection utéro-ovarienne, il en résulte assez souvent des épistaxis supplémentaires, encore appelées vicariantes (Susani).
c) La fièvre typhoïde, qui s'annonce, dans la moitié des cas. par de l'épistaxis ; les fièvres éruptives à forme hémorragique, la leucocythémie, la dengue (MuUer), qui donne lieu à des hémorragies nasales graves, la diphtérie nasale, le scorbut, le purpura. J'ai soigné un jeune garçon de 14 ans pour des épistaxis incoercibles, qui présentait en même temps du purpura sur toute la surface du corps.
d) L'alcoolisme, qui agit en altérant les parois vasculaires. Le paludisme, dontles épistaxis se reproduisent tous les jours à la même heure, mais qui sont efficacement combattues par Padministration de la quinine, excepté dans les pays chauds où sévit la forme pernicieuse.
e) Les maladies de V appareil digestif. Elles expriment un nombre important d'hémorragies nasales. Telles les diverses gastropalhies, les affections du foie (cirrhose alrophiquc, etc.). On a noté que, dans ces cas-là, le sang sortait presque toujours par la narine droite. Dreyfuss a souvent trouvé, chez les hépatiques, des congestions de la muqueuse nasale et du larvnx avec de nombreuses taches hémorragiques (2).
f) Les maladies des reins. Principalement la néphrite inters-
(!) Société médicale des hôpitaux de Paris ^ 1896. (t) Mûnch. med. Woch,, 1890, p. 1033.