II. — PARASITES DES FOSSES NASALES
Nature des parasites. — Ces parasites sont en petit nombre»
Nous signalerons les oxyures (Hartmann), les scolopendres (Maréchal, Lessona), capables de vivre dans les fosses nasales.
Mais les vrais parasites des cavités du nez et de la face ap* partiennent à la tribu des Muscidés ; ce sont les larves des Callifora vomitoria, Lticiliahominivorax, SarcopUila Wohlfarti, Sarcophaga georgina, qui peuvent s'installer et se développer dans les fosses nasales.
La Callifora vomitoriaf ou mouche bleue de la viande» est l'espèce qui détermine le plus souvent en France des accidents de ce genre ; elle a l'habitude de déposer ses œufs sur les chairs corrompues et les cadavres ; par exception, elle s'attaque à l'individu vivant.
La Lucilia hominivorax de Coquercl cause, dans les pajs tropicaux, les Indes, la Guyane, les Antilles, de grands ravages^ surtout au moment de la ponte, c'est-à-dire dans les mois les plus chauds de l'année; la gravité de Tafféction est extrême, la mort survient en général dans un temps très court (huit ou quinze jours).
Deux autres espèces de mouches, la Sarcophila Wohlfartiy dans le Mohilcw, la Sarcophaga georgina^ aux Antilles» donnent lieu à des accidents tout aussi sérieux, mais moins fréquents.
Parmi les parasites des fosses nasales, le P' R. Blanchard a signalé la présence fréquente de Myriapodes appartenant surtout au groupe des Chilopodes (Lithohius et Geophilus).
Ces animaux agiles, coureurs, nocturnes, pénètrent aisément dans les fosses nasales de pei*sonnes endormies. Se nourrissant volontiers de substances animales, ils trouvent
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dans les narines des mucosités et des détritus épîthéliaux dont ils se nourrissent (1).
Modes d'introduction du parasite. — Ce n'est pas la mouche elle-même qui s'introduit dans les narines, mais les <Bufs que celle-ci pond à l'entrée des narines et qui, sous Tinflnence des mouvements insj)iratoires, sont entraînés dans les fosses nasales et les sinus frontaux ; là, ils trouvent une chaleur humide propre à leur cclosion et s'y développent. Ce sont surtout les larves de ces insectes qui causent les accir dents.
Conditions prédisposantes. — Il est toutefois un certain nombre de circonstances qui favorisent Téclosion de ces larves ou du moins la ponte des œufs à l'entrée des narines et leur transport par le courant inspiratoirc.
La malpropreté, la mauvaise hyg-iène, le fait de s'endormir en plein air, surtout la nuit, facilitent la ponte de ces insectes. Les larves d'insectes ont une prédilection marquée pour les nez malades, ozéneux (Seifert) ; le cheminement des œufs est aidé, chez les nègres, par la dilatation des narines et l'aplatissement du nez.
Symptômes. — La sjmptomatologic du. développement des larves d'insectes dans les fosses nasales est mal connue et bon nombre d'observations sont môme peu dignes de confiance.
Nous prendrons comme type les accidents occasionnés par la Lacilia hominivorax ; ce sont les plus fréquents.
i^ Période de début. — Les symptômes sont insidieux. Rien ne révèle le parasite ; ni gône respiratoire, ni douleur, ni écoulement; k peine quelques douleurs frontales et un cha* touillement désagréable, qui, chez certains sujets excitables, peut déterminer de véritables accidents nerveux. Lcgrand du Saulle a observé, chez une fille de neuf ans, des attaques crhystéro-épilepsio parfaitement caractérisées, qui ne cessèrent qu'après l'évacuation par le nez de larves vivantes (Duplay).
2<> Période d'état. — Tout d'un coup, en raison du déve-
(i) R. Blancuard, Pseudo-parasitisme des myriapodes chez l'homme. Architet de parasUologie, VI, 1902, no 245, p. 2.
lopperaenl rapide des larves, les douleurs frontales s'exag^érent, deviennent sourdes, profondes et .gravatives, siég^eant de préférence au -niveau des sinus ; la douleur diffuse bientôt à toute la tête. En même temps surviennent dés épistaxis, fréquentes et abondantes, et un suintement nasal d'abord sérosanffuinolent, puis sanieux, fétide. L'obstruction nasale est le plus souvent complète, la voix est nasonnée, la respiration se fait parla bouche. Les paupières s'œdé m atient, présentent ^ine teinte.érysipélateuse,roiige violacé; ce gonflement gagne progressivement le nez, puis toute la face. Les accidenls généraux sont encore à peu près nuls ; la température est peu «levée, le pouls normal.
Marche. — Durée- — Terminaisons. — Ces accidents se terminent de façons difl^érentes.
Tantôt, la guérison survient spontanément ou plus souvent hâtée par une thérapeutique énergique, au bout de trois ou quatre jours, après que le malade a expulsé par le nez un nombre plus ou moins considérable de vers. Des lambeaux de muqueuse nasale ou pharyngée sont souvent éliminés dans la suite avec des séquestres, des fragments de cornets ou de cartilages.
Tantôt, au contraire, rafFcctiou suit une marche progrès-sive; les phénomènes généraux augmentent d'intensité et bientôt apparaissent tous les signes d'un érjsipèle gangreneux de la face et d'un phlegmon de Torbite. La mort est le plus souvent la terminaison de ces accidents ; elle survient avec tout le cortège svmptomatique d'une méningo-encéphalite par propagation.
Traitement. — Un traitement énergique et précoce peut seul arrêter de semblables ravages.
Au début, les injections intranasales répétées, soit de solutions antiseptiques : chlorurées, albumineuses, mercurielles ^sublimé à 1 ou 2 p. 1000, ou phéniquées (huile phéniquée, Kimball) ; soit d'infusions de plantes narcotico -acres : tabac {dans les Indes), les insufflations de poudres diverses (Veratrum sahadilla^ au Pérou) sont surtout préconisées, associées è. un traitement tonique. Les inhalations de chloroforme, en immobiiisantles parasites, facilitent beaucoup leur expulsion*
Plus tard, si le mal n'est pas enrayé par ces moyens, une Intervention chirurgicale (trépanation des sinus frontaux ou maxillaires) permettra seule d'atteindre le parasite jusque dans ses derniers retranchements, de prévenir les difformités •et les destructions nécrosiques qu'il entraîne et de sauver le malade d'accidents graves imminents.
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