IL - FRACTURES DE LA CLOISON (FRACTURES INTERNES
Les trois pièces composant la cloison des fosses nasales, lame perpendiculaire de Fethmoïde, vomer et cartilage de la cloison, peuvent être fracturées isolément.
1* Fractures de la lame perpendiculaire de l'ethmoÎde. — On les observe le plus souvent accompagnées de fractures des os propres du nez ; mais elles pourraient aussi, d'après Hamilton (1), exister isolément.
2» Fractures du vomeh. — Elles sont très rares, et comme elles ne s'accompagnent d'aucun déplacement, on les diagnostique difficilement.
3o Fractures du cartilage de la cloison. — Elles reconnaissent toujours pour cause un traumatisme direct; elles sont presque aussi fréquentes que celles des os propres. Cette
(i) Hamilton, Traité pratique des fractures et des luxatious. Paris, 1884.
variété de fractures a surtout été étudiée par Jarjavay et par Mollière.
La fracture du cartilag'e de la cloison peut siéger en deux points différents ; tantôt elle siège à l'union du vomer et du cartilage et s'accompagne d'un déplacement par glissement : c'est la fracture simple de Jarjavay ; tantôt elle siège dans le cartilage lui-même et sans qu'il y ait de déplacement : c'est la fracture de la cloison, sans déplacements (Chevallet) ; la fracture compliquée de Jarjavay est appelée ainsi à cause de l'hématome qui accompagne cette lésion.
Dans la fracture simple» il se fait une disjonction de la symphyse chondro-vomérienne, le cartilage glisse sur une des parois de la cloison osseuse; aussi Mollière considère-t-il cette fracture comme une luxation du cartilage sur le vomer. Cette luxation de la cloison s'accompagne souvent de la rupture des adhérences qui unissent les cartilages latéraux au bord inférieur des os nasaux; il en résulte une déviation latérale de la partie inférieure du nez ; suivant la direction du coup, la pointe du nez se trouve rejetée de côté, entraînée un peu en bas et forme un véritable crochet. Il y a donc une double déformation dans cette fracture : aplatissement du dos du nez, au-dessous des os nasaux dont le bord inférieur fait saillie, et déviation latérale delà pointe du nez. La lésion peut se compliquer d'une périchondrite ou d'un hématome en bissac (Casabianca).
La pression du doigt sur le dos du nez fera constater le défaut de résistance de la cloison; on peut mobiliser largement la pointe du nez et provoquer une crépitation spéciale ressemblant à un craquement (Jarjavay).
L'une des fosses nasales est particulièrement obstruée par le glissement du cartilage, l'examen rhinoscopique permettra de constater la saillie anormale, et, du côté opposé, un stylet introduit le long de la cloison rencontrera parfois la saillie formée par le bord antérieur du vomer. Les autres symptômes, tels quel'épistaxis, n'ont rien de spécial.
La seconde variété de fractures du cartilage (fractures sans déplacements), consiste en simples fissures du cartilage. Elles s'accompagnent d'hématome en bissac, obstruant les
deux fosses nasales : il peut arriver que cet hématome suppure.
Il est souvent difficile de dire si une déviation de la cloison est traumatique ou seulement évolutive par vice de développement ; on s'appuiera sur la forme moins régulière dans la fracture et sur les commémora tifs.
Traitement. — 1^ Fragtuhbs des os propres. — Les frac- (ures simples, sans déplacement, guérissent d'elles-mêmes rapidement.
Les fractures compliquées, avec déformation du nez sont, au contraire, difficiles à bien traiter. 11 faut tout d'abord désinfecter le foyer de la fracture et les plaies tégumentaires, et attendre la diminution du gonflement pour réduire les fragments. Cette expectation cependant ne doit pas dépasser quatre à cinq jours, car la consolidation est très rapide et un retard trop grand pourrait amener des déformations irréparables.
On réduira donc la fracture, sous le chloroforme le plus souvent, et on la maintiendra réduite de préférence avec l'uppareil de Chandelux, qu'on laissera en place quinze jours, chez l'enfant, vingt-cinq jours chez l'adulte. Cet appareil se compose d'une dizaine de doubles de tarlatane ; il est enduit de plâtre et appliqué pendant qu'un aide assure la réduction parfaite de la fracture. La languette supérieure de l'appareil est maintenue par son adhérence aux cheveux, les prolongements frontaux et labiaux sont simplement maintenus par du collodion. Divers autres appareils, prenant appui sur le crâne, se trouvent chez les fabricants. Le mieux sera parfois d'en imaginer un remplissant les conditions voulues.
La réduction peut se faire au moyen d'une pince levier que l'on introduit dans les fosses nasales. C. et F. Martin (de Lyon) ont imaginé un système de pince levier très commode.
Souvent aussi les fractures du nez sont plutôt une variété de luxations que les manœuvres externes suffisent à réduire.
Les compresseurs divers, qu'on introduit dans les narines pour soutenir en arrière les fragments, sont mal supportés ; on leur substitue avec avantage un tamponnement à la gaze iodoformée.
2° FnACTUREs DE LA CL01S0S. — Un double (nmppuiieiiient à la gaze iodorornii-c suffit le plus souvent à arrêter l'épistaxis, et à mointenir les fragments en bonne position, après riîduclion du di'placemonl, s'il existe.
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