CHAPITRE XIV OLFACTOMÉTRIE — TROUBLES DE L'ODORAT
Un coup d'œil d*âbord sur l'appareil olfactif.
Les recherches des frères Ramon y Cajal, de Golgî, venant après celles de Schûltze, nous ont renseignés sur les dispositions principales dans les deux parties périphérique et centrale.
Portion périphérique. — Dans le locus luteus de Told, qui occupe la partie haute de la fosse nasale, sont disposées les cellules olfactives entre les cellules épithéliales de soutien. Les premières sont formées par un neurone d'où se détachent les poils olfactifs qui s'agitent à la surface de la muqueuse.
Portion centrale. — Elle se compose du bulbe olfactif, des bandelettes et des racines olfactives. On suppose que celles-ci aboutissent à l'extrémité antérieure du lobe temporal où se trouveraient des neurones centraux. On n'a pu localiserencore d'une façon précise les centres corticaux de l'odorat.
Cependant, les quelques données que nous possédons sur l'odorat concordent avec les résultats fournis par l'anatomie comparée et permettent de conclure, avec beaucoup de probabilité, que le centre de l'olfaction de l'homme doit être cherché dans la circonvolution de l'hippocampe et dans Tuncu$(Onodi).
I. Olfactométrie. — Pour déterminer les troubles survenus dans l'odorat il faut recourir à l'olfactomctrie, méthode nouvelle due principalement à Zvsraardemaker et qui a pour but de mesurer le degré de l'olfaction.
Zwaardemaker a réparti l'ensemble des odeurs connues en neuf groupes typiques qu'on peut présenter successivement
à la muqueuse nasale si on veut faire un examen complet. Ces catég^ories au nombre de 9 sont :
1* Odeurs éthérées (éther) ;
2*» Odeurs aromatiques (camphre);
3^ Odeurs balsamiques (vanille) ;
4® Odeurs ambrosiaques (musc);
5** Odeurs alliacées (caoutchouc vulcanisé) ;
6* Odeurs empyreumatiques (phénol) ;
7" Odeurs capryliques (fromag^e) ;
8* Odeurs repoussantes (ozène) ;
9*» Odeurs nauséeuses (cadavres).
L*unité de mesure du pouvoir colorant est Volfactie qui équivaut à peu près à la quantité d'odeur dégag^ée dans Toifactomètre de Zwaardemaker par un tube de caoutchouc de 7 millimètres de lon/o^'ueur.
Olfactomètre de Reuter. — Appareil. — L'appareil le plus simple et le plus pratique est Tolfactomètre de Reuter (f^g^ 194).
11 se compose de quatre cylindres creux d'une long'ueur de iO centimètres chaque et faits de corps odorants :
Le premier (n*^ 1) est en caoutchouc vulcanisé et représente un pouvoir odorant de lOolfacties.
Le deuxième, en g'omme ammoniaque et gutta-percha, représente 250 olfacties.
Le troisième, en assa fœtida et résine de Dammar, est de 1000 olfacties.
Le quatrième enBn, composé comme le deuxième, mais avec addition d'ichtyol, est de 5000 olfacties.
Ces cylindres sont enfermés dans quatre graines métalliques et fixés sur un socle commun.
Technique. — Pour procéder à un examen, on prend successivement chaque tube, on met un embout de verre dans l'orifice de leur couvercle et on les présente les uns après les autres aux deux narines droite et g-auche en commençant par le n^ i et suivant Tordre numérique. Pour une olfactométrie plus précise, on introduit dans les cylindres un tube de verre {gradué qu*on peut enfoncer plus ou moins pour laisser agir une partie plus ou moins petite du cylindre odorant.
OLFACTOMÉTRIE - TROUBLES DE L'ODORAT 63S Pour que l'appareil fonclionne bien, il faut que les cylindres 3 et i soient humectés do temps en temps h leur surface interne avec un peu d'eau. Le sujet respirera réf^ulièrement et on laissera s'écouler quelques instants entre chaque épreuve olfactive pour éviter lépuisement de l'oilorat (ou Wtitiocopose).
Fig. 194. — Oirsclomètre de Reutcr.
Olfactomdtre de Zwaardemaker. — Zwaardemakcr a inventé un autre olfaclomètre qui permet de faire des explorations plus importantes, mais qui est moins utile pour la pratique courante.
Appaheil. — lise compose de deux iuLes glissant l'un dans l'autre: un tube interne en verre gradué et ouvert à ses deux extrémités. L'une de ces extrémités se recourbe pour pouvoir être mise dans la narine; un tube externe odorant
sujet accuse une
et formé soit de caoutchouc, de benjoin, de réglisse, de cèdre, de cuir de Russie, soit d'une porcelaine poreuse imprégnée d'une solution odorifère, eau de laurier-cerise, huile d'amandes amères. Un écran laisse passer la partie recourbée du tube de verre. Une vis permet de faire glisser le tube odorant sur le tube de verre fixe et de découvrir ainsi plus ou moins de surface odorifère (fig. 195).
Technique. — Le sujet met une de ses narines au-dessus du lube de verre recourbé et on fait reculer le tube odorant, dès >alion ; on lit sur ce tube gradué l'écart des deux tubes et le chiffre sert à calculer la puissance olfactive qui varie du reste pour chacune des catégories distinguées par Zwaardemaker.
Supposons, par exemple, qu'on présente à l'olfactomélrie avec un tube externe de caoutchouc el, qu'au moment où le sujet sent l'odeur, on lise un écarlement de 35 millimètres. Comme i'olfactie du caoutchouc est, nous l'avons dit plus haut, de 7 millimètres, on en conclut qu'il faut 3 fois plus de tubes de caautchouc(ou 35 millimètres) pour influencer la muqueuse examinée el que par suite sa puissance olfactive est 5 fois plus pettle que la puissance normale.
Le sens de l'odorat peut présenter des troubles qui ont bien leur importance, puisque ce sont les malades eux-mêmes qui viennent nous demander de les guérir. Les principaux Ivpes do celle altération sont: Vltiiposmîe, Vbyperosmie et la ]iarosmie.
II. HypoBBiie- — SymptAmes- — Elle est hablluellement complète. Aussi est-elle plus connue sous le nom d'anosmic. La disparition de l'odorat peut être unilatérale, ou bilatérale;
- Oiraclomèlrc