AFFECTIONS DU SINUS SPHÉNÛÏDAL
Une fois les états morbides des sinus maxillaire et frontal mieux connus, il fallait explorer plus au fond des fosses na* ^ales. C'est à Emile Berg'er (de Gratz) que revient le mérite d'avoir élucidé cette partie de la patholog-ie nasale. • Ces affections ne se montrent guère isolées. La sinusite en particulier coïncide souvent avec Tinfection des cellules othmoïdales postérieures ou des autres cavités annexes. C'était une première difficulté pour composer leur description. Une deuxième venait de ce que, par son voisinage, le sinus agit sur l'appareil optique, et nombre de malades s'adressaient naturellement aux ophtalmologistes. On n'en est pas moins arrivé à connaître les signes caractéristiques qui mènent au diagnostic.
Considérations anatomiques. — Elles nous rendent compte de la symptomatologie assez particulière des affections du sinus.
Ces sinus apparaissent sitôt après la naissance, mais ils n'acquièrent leur complet développement que vers l'âge de 20 ans (Sieur et Jacob). Ils sont souvent asymétriques. Leur capacité varie suivant les sujets. Quand ils sont développés, ils se creusent des diverticules dans les grandes et les petites ailes du sphénoïde, dans les apophyses clinoïdes antérieures et postérieures, dans les apophyses ptérygoYdes et dans le corps de l'occipital. Une communication peut même s'établir avec le .sinus maxillaii^e (Panas). Une cloison antéro-postérieure sépare les deux sinus.
Leur forme est irrégulièrement cuboïde.
Par leur paroi supérieure, ils répondent à la selle turcique et par conséquent au chiasma des nerfs optiques. Le nerf fait saillie dans la cavité du sinus; la paroi qui Ten sépare, très mince, peut être incomplète, d'où la propagation facile des sinusites. Leur paroi inférieure, seule épaisse, forme en partie la voûte du naso-phar^nx. La paroi latérale externe correspond en haut au sinus caverneux qui contient les nerfs des troisième, quatrième, cinquième et sfxième paires, en bas au nerf maxillaire inférieur... Sur. cette face, Zuckerkandl a vu des déliiscencesqui mettaient en communication le sinus et la fosse cérébrale movenne. La carotide peut se créer une dépression dans le sinus. La paroi postérieure est formée par le corps de l'occipital. Enfin la paroi anttSrieurc est constituée par le cornet de Bertin (cornet sphénofdal de Zuckerkandl). Mince, elle présente Torifice de communication(os(itun)avec les fosses nasales. La situation de cet orifice n'a rien de fixe; généralement il est situé dans la moitié supérieure. Quand il s'ouvre près du plancher, on peut l'apercevoir par la rhinoscopie postérieure. Il est ovalaire et d'un plus grand diamètre vertical, mesure d'ordinaire 4 millimètres. Il se prête en tout cas assez bien à la pénétration du cathéter spécial, comme nous le verrons. En dehors, les faces antérieures répondent aux cellules ethmoïdales postérieures, ce qui nous explique la coexistence fréquente des suppurations dans ces deux annexes. Au reste, d'après Zuckerkandl, Tostium peut manquer et le sinus communique alors avec les cellules ethmoïdales postérieures. Des cloisonnements ne sont pas rares dans cette cavité, complets ou incomplets, verticaux ou horizontaux.
Le sinus peut ne s'être pas creusé. 11 manque dans la cyclopic.
Une coupe transversale, pratiquée au niveau de la gouttière optique montre bien les rapports et les orifices.