‹ Maladies du larynx, du nez, et des oreilles (volume 2)Chapitre 151 sur 282 · I. — LÉSIONS TRAUMATIQUES · texte numérisé non relu

I. — LÉSIONS TRAUMATIQUES

E. Berger signale les conséquences possibles des fractures, qui sont d'ailleurs presque toujours indirectes, quant à leur

AFFECTIONS DU SINUS SPHÉNOIDAL 75t

mécanisme. Les fragments peuvent blesser la carotide interne et le sinus caverneux. 11 en résulte cette variété d'auévrjsmc artério-veineux, décrite par Delens (1870). Une fissure s'étendant au canal du nerf optique comprimera ou déchirera le nerf et Tamaurose en sera la conséquence. Le trijumeau (deuxième et troisième branches) et d*autres nerfs cérébraux peuvent être atteints de même. Une fissure de la paroi supc* rîeure se traduit par un écoulement continu de liquide céphalorrachidien.

IL ^ SINUSITES

Leur évolution les fait diviser en aigttë et chronique et la nature du liquide sécrété les subdivise en cat arrh aie ei purulente.

L Sinusite aiguë* — Elle est habituellement la complication d'un coryza aigu (Schaeffer).

Symptômes. — Le malade accuse des douleurs gravativcs^ propagées au vertex ou à l'occiput, avec raideur du cou, une tension pénible dans l'orbite, voire môme des troubles oculaires variés, larmoiement, blépharospasme, amblyopie. Le voisinage du ganglion sphéno-palatin peut délerminçr une névralgie du nerf sous-orbitairc qui en impose pour une sinusite maxillaire (l\oux). Quelques symptômes généraux se montrent, qui n'existaient pas avec le corvza simple : abattement, vertiges (Schaeffer).

La rhinoscopie antérieure fait voir du gonflement et de la rougeur dans la partie profonde et supérieure des fosses nasales. La fente olfactive est fermée par Taccolement au septum du cornet moyen tuméfié. Entre ces deux parties, unsccretum jaunâtre se reproduit après le nettoyage à la ouate. Un bourrelet muqueux, produit par la projection en bas du sinus sphénoYdal, peut se montrer dans la fente olfactive (Schaeffer).

L'exploration au stylet coudé provoque une douleur promptement irradiée au cou, au vertex et aux yeux. La rhinoscopie postérieure montre du pus sur l'extrémité postérieure des cornets ou sur la voûte du naso-pharynx.

Traitement. — La sinusite aigu6 se traite par des moyens

simples, hormis le cas d'indications particulières qu'il sera plus naturel d'envisager avec les sinusites chroniques.

Des pulvérisations intranasales chaudes et antiseptiques (boriquéesy phéniquées, naphtolées^ mentholées, etc.) ou des injections des mêmes liquides combinées avec la révuUioa aux membres inférieurs (bains de pieds sinapisés)ou la dérivation intestinale, suffiront souvent. Max SchaefiPcr recommande de pousser à la sécrétion nasale par l'administration des iodurcs. La douche d'air contribue k évacuer le nez et soulage le malade.

II. Sinusite chronique. — On la voit succéder à la forme aiguë ou à Tozène, compliquer diverses maladies infectieuses (grippe, rouj^cole, scarlatine, fièvre typhoïde, morve, diphtérie, syphilis, etc.).

Elle existe parfois derrière les polypes muqueux, que ceux-ci soient cause ou effet de l'infection sinusienne. Elle pourra compliquer l'extirpation septique de ces polypes (Ruault).

Symptômes. — Le malade se plaint d'avoir dans l'arrièregorge, et quelquefois par les narines, un écoulement de pus qui l'oblige à renifler fortement ou à faire de petites expi^ rations nasales brusques. Ce sont souvent des croûtes épaisses mais sans mauvaise odeur. Bientôt c'est un tic désagréable. Cet écoulement est surtout abondant le matin, ou quand le malade penche la tête en avant. 11 sent une mauvaise odeur de poisson pourri, d'oignons, de corne brâlée. Les douleurs ont la même localisation que dans la forme aiguë, mais elles sont plus sourdes.

Des (roubles otiques se montrent souvent, comme dans les autres sinusites : battements, sifflements.

Aux troubles oculaires mentionnés déjà pour la forme aiguë (larmoiement, blépharospasmcs), viennent s'ajouter des névrites et périnévrites optiques, des scotomes (Ruault). Une dame que j'ai soignée me dit, avant môme que je l'eusse questionnée sur ses yeux : a J'ai des élancements douloureux dans les yeux. Je vois des points brillants, si bien qu'au début je secouais ma robe, croyant y avoir des étincelles : tous les objets me semblent irisés. Par momentsje vois double»

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