‹ Maladies du larynx, du nez, et des oreilles (volume 2)Chapitre 167 sur 282 · I. - BOUCHONS DE CÉRUMEN · texte numérisé non relu

I. - BOUCHONS DE CÉRUMEN

Les parois du conduit auditif sont recouvertes, àl'état normal, d'une mince couche de cérumen ; des soins de propreté suffisent à l*en débarrasser. Mais lorsque ces soins ne sont pas pris et qu'il y a hypersécrétion sous des influences diverses, le cérumen s*accumule pro§|;ressivement et finît par former, avec les débris épidermiques du conduit, un véritable corps étranger qui Tobstrue.

Ëtiologie. — Le bouchon de cérumen se rencontre le plus souvent chez les adultes ; il complique parfois d'autres affections de l'oreille, et survient particulièrement à la suite d'inflammations diverses. On l'observe aussi bien chez les gens attentifs aux soins de propreté que chez ceux qui vivent dans la poussière et la saleté.

L'accumulation du cérumen est due soit à une augmentation de la sécrétion, soit à une disposition du conduit empêchant son élimination. C'est ce qui arrive chez les personnes dont le conduit est rétréci en son milieu, en forme desablier, de sorte que le cure-oreille ne peut agir profondément.

Certains sujets eczémateux, herpétiques, à sécrétions exagérées, ont également une hypersécrétion de cérumen. On a remarqué également que les diverses altérations chroniques de l'oreille étaient souvent accompagnées de ces dépôts, sans doute parce que les malades, sachant leur oreille perdue, ne s*inquiètent plus de son hygiène.

Anatomie pathologigne. — Les bouchons de cérumea peuvent contenir, en proportions variées, les divers éléments qui entrent dans leur composition. Ils sont formés du produit des (s;'landes cérumineuses uni à celui des glandes sébacées, à de3 débris épidermiques, à des poils. Suivant la prédominance de tel ou tel de ces éléments, le bouchon est très mou, si ce soni les substances grasses qui dominent ; si ce sont les parties solides, il offre une très grande dureté. Dans le premier cas, sa surface apparaît terne, jaunâtre, inégale ; elle est au contraire brillante, lisse, de couleur noirâtre, lorsque le bou^ chon est d'une consistance dure. Des amas de cellules épidermiques peuvent constituer exclusivement certains bouchons, qui sont blanchâtres et durs. Ce sont les bouchons épidérmiques. On trouve souvent, mélangés à la masse, de petits corps étrangers venus de Textérieur. Quelques accumulations de cérumen sortent enveloppées d* une espèce de poche formée par des couches épidérmiques détachées de la peau du conduit auditif: bouchons enkystés (Grossard).

Les bouchons de cérumen ne séjournent pas dans le conduit, sans y produire des lésions anatomiques pouvant même se propager au tympan et à la caisse. Après leur ablation, on voit souventle conduit auditif rouge, parfois excorié; le tympan est vasculaire, épaissi. Il peut y avoir perforation du tympan et infection delà caisse. Dans d'autres cas, le bouchon est cause d'un processus atrophique; le conduit auditif se dilate. Toynbee a rapporté des cas de dilatation considérable du conduit par résorption de ses parois ; sur une de ses pièces» une masse de cérumea était couchée au milieu des cellules mastoïdiennes, après avoir passé à travers une perforation do la paroi postérieure du conduit.

Symptômes. — La surdité est le symptôme principal pour lequel les malades viennent demander avis. Cette surdité a des caractères souvent très spéciaux, qui peuvent mettre d*emblée sur la voie du diagnostic. Le début est brusque et subit ; le malade, devenu sourd tout d'un coup, croit avoir une lésion grave de l'oreille. Cette marche rapide, presque instantanée, doit au contraire rassurer. La surdité est survenue dans des circonstances variables, tantôt à la suite d'un net-

ÛiÔ MALADIES DES^ OAEILLÉSt

toyage de l'oreille ou après un bain, tantôt c est au cours d'un titouvemcnty d'un saut par exemple. Ce brusquedébut, étrange en apparence, puisque le bouchon se forme peu à peu, s*cxpUque aisément. L*ouYe a persisté tant que Tobstruction du conduit n'est pas complète et il suffit d'un très petit pertuispour le passag'e des ondes sonores. Mais, & un moment donné, sous l'influence du g'onflement du cérumen par l'eau ou de son déplacement pendant une secousse, l'obstruction s'est acbevcc, et par suite a disparu la lumière qui permettait encore la transmission aérienne des sons. A l'aide du diapason, on pourra s'assurer dcrinléfii'rité de la pcrceprtion osseuse et de l'oreille interne. Mais il n'en est pas toujours ainsi ; TouTe peut s'affaiblir prof>'ressivcment, sa diminution indiquant les prog'rès lents de l'accumulalion cérumineuse.

Le malade peut encore se plaindre de bourdonnements qui ont un timbre grave, et ressemblent au bruit des coquillag-es. Quelquefois il éprouve du verlig-e ; c'est que le cérumen aété refoulé contre le tympan ; rarement il ressent une douleur véritable. Des vomissements, des lipothymies peuvent survenir, donner le chang'e et faire croire h une affection céré* brale.

Diagnostic. — Il est facile, en g-cnéral, parTexamende roreillc à l'aide du spéculum qui montre une masse noirâtre ou jaunâtre; un stylet mousse renseignera sur la consistance» l'adhérence du bouchon.

Quelquefois le conduit est fermé par une lamelle épîdermique grisâtre ; le stylet la déplace facilement et montre que le conduit est libre derrière elle.

Chez les sujets à conduitsauditifs eczémateux, il s'accumule parfois des bouchons blancs formés par des dépôts de cellules épidermiques.

On ne devra pas oublier que les bouchons volumineux et durs peuvent comprimer le tympan et provoquer un ensemble symptomatique pouvant simulor une affection cérébrale : il suffit d'examiner l'oreille pour éviter semblable erreur.

Prûnostic. — La guérison est la règle, cependant il ne faut pas se hâter de porter un pronostic favorable et promettre au malade la guérison complète. Avant de s'engager, il faudra

s*assurer s*il n'existe aucune maladie soit antérieure, soit concomitante, ainsi quMi arrive dans le tiers des cas environ (Trôltsch). •

En général, pour éviter dès déconvenues, on se montrera réservé dans le pronostic, réservé motivée par l'examen des statistiques: Tdynbee, sur 165 cas, n*a obtenu la guérison radicale que soixante fois.

Si Je malade u*était pas prévenu, le spécialiste pourrait être accusé d*aVoir compromis Taudition deToreilleen cause.> J'ai traité deux hommes qui avaient une perforation ancienne, de la membrane tympanique derrière un bpucboAde cérumen. Quand le conduit auditifeut été déblayé, l'air se remit à sortir de la caisse pendant l'épreuve de Valsai va. Mes malades en étaient désappointés et ils prirent le parti de remplacer le bouchon cérumineux par un tampon de ouate à demeure. L'un de ces deux hommes se plaig'nait d'une sensation de vide et môme de moins entendre, sans doute parce que le bouchon faisait office de tympan artificiel.

Fig. 275. — Cuvettes triangulaires émaiilées pour recevoir l'iDJection qui sort du conduit auditif.

Traitement. — Pour enlever les bouchons de cérumen, l'injection d'eau bouillie chaude est le bon moyen : on doit proscrire l'usage des instruments. Avec le contenu de quelques seringues, on aura raison d'un bouchon mou et peu adhérent. Il faut employer une canule à bout olivairo et diriger le jet de' liquide entre la paroi du conduit et le bouchon pour que ce* dernier^ pris à iergOy soit expulsé au dehors. On peut placer sous le pavillon, contre le cou, une cuvette réniforme où triangulaire (fig. 275) ou mettre sur la tête du sujet la gouttière auriculaire (Hg. 276).

S'il résiste, il ne faut pas seriiiguer plus fort ; on s'exposerait & blesser le conduit, à refouler le bouchon contre le tvmpan età déterminer ainsi des symptômes pénibles. 11 faut le ramollir. On. prescrit la solution suivante :

MALADIES DES OREILLES CarboD&te de BouHe , i

oiï«™- : M 1

Lo „.l,Je r.„ n,e.,r.,l,„U fois p.r jour, ,„.l,„es goulK, de c. mé .„se da„, ,o„ oreille. M, .„ b„„, de qu.r.me hS .«T^'e'io'r- ■"' ""' """'" -"" «^O-'-etr ou°roi'r"rd"" "■""' "t' '•'" "" "'"•°'- P'n'i.a.deu,

!f:p!*'~r^'*"'t'^"'e auriculaire pour Fi» 277 p„rp*.n

netloj'BKe du codduil Budiiif,

tot^t" ""''' """'* P" '""""en «» spéculum de l'issue de

On De ■', ""'" " ^' ''*"" ''" '-■"'!'"• °'' "="'• ■•■" l'»""!» «onir. ,. f"" ^'"""^ hydrophile pour gsranlir l'oreille fieur. °°"°° ''" ''"''' " ""'" ''imp'^'ioi des bruiu. exlé- •"dilî.^'j °" f"'""^" V" pénibles. Celle hjpereslhésie

jj e dure rarement plus de vingl-quatre heures, d'injêcr* '"''°" """""""dé »"« malades de faire usa^ •Ut4 '""' '''«■" eh«»de récemmcnl bouillie de temps i ■^'ronî k' P''évcnir la reproduclion du bouchon. Ils se ser.

'""Inell, n ' '"" '' ""'' P°''" P°'"' "■"" °° caoutehoocaveo 's seronl sûrs de ne pas se blesser {Rg. 277).

L'ablation des bouchons do cérumen ne va pas toujours

«ns quelque inconvénient. Chez un homme Agé j'ai vu l'a"

- BochI pour leuir les ci a un liquide aseptique.

Fis. TIS. — SeriDKue slé- TiliBable de CoMid, avec

:■ 280. — Boite en verre pour B seringue dans un liquide i

blation du bouchon aggraver la .surdité. L'injection avait été faite sans violence. J'ai dil pourtant admettre qu'elle avait déterminé une commotion lab^rinthique légère.

Les fi'g^ures 278 & 280 reproduisent les modèles de seringues, d'embouts en caoutchouc ou canules et d'appareils, qui peuvent être utilisés pour le lavage aseptique de Torcille.

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