I.— TRAUMATISMES
Ils consistent presque exclusivement en piqûres et en ruptures.
Ëtiologie. — Les piqûres résultent de Tintroduction de cureoreilles ou d'éping^les dans le conduit, pour son nettojag'e.
Les ruptures sont plus fréquemment observées. On les rencontre après les tentatives maladroites pour extraire un corps étranger, si on Ta refoulé vers la profondeur, jusque dans la caisse, comme il arrive parfois.
La rupture peut être la conséquence d*un soufflet appliqué violemment sur le pavillon et refoulant brusquement l*air dans le conduit. Ce g-enre de déchirure se rencontre surtout dans Toreille g-auche, puisque c'est habituellement la main droite qui envoie le soufflet.
Les détonations d'artillerie, Texplosion de la foudre (Clarck) agissent de môme, comme les quintes de coqueluche qui refoulent brusquement Tair du naso-pharjnx dans la caisse.
Les contusions violentes du crâne, qu'elles soient ou non compliquées de fractures, déterminent souvent la rupture de la membrane.
Symptômes. — Le malade ressent une vive douleur dans Toreille. Il a bien Timpression d'une sorte d'éclatement, et, pour peu qu'il soit de tempérament nerveux, il tombe en syncope.
Peu après se montre un écoulement de sang (otorragie)
Il est de faible importance, à moins que Tartère de la mcm-> brane et ses deux veines satellites qui descendent derrière le manche du marteau ne soient ouvertes. Le sujet n'entend plus, mais cette surdité n'est que temporaire.
Si Ton examine alors avec un spéculum de Toynbee, on trouvera des déchirures de sièg'e et de forme variés. On cherchera surtout dans le quadrant postéro-supérieur où elles sont plus habituelles, parce que la membrane y est moins résistante. On les trouvera linéaires, étoilées, triang'ulaires. La membrane se composant dans sa couche moyenne de fibres conjonctives circulaires et radiées, on s'explique que les déchirures soient souvent une combinaison de lignes circulaires ou radiées. C'est la forme que j'ai constatée sur les oreilles des victimes qu'ont faites à Paris les attentats par la dynamite (i). Les lèvres de la plaie sont infiltrées de sang et cette infiltration peut se propager à toute la membrane qui apparatt noirâtre. Urbantschitsch a vu que les ébranlements de l'oreille peuventdéterminer de simples bulles sanguines entre les couches de la membrane, sans rupture du revêtement épidermique externe.
Diagnostic. — Il est à établir entre une simple rupture de la membrane, la fracture du rocher, et l'enfoncement de la paroi antérieure du conduit externe.
Si, en cas d'otorrag-ic prolongée, les signes caractéristiques de la fracture du rocher (écoulement de liquide céphalo-rachidien, paralysie du facial) font défaut, si d'ailleurs on voit sur la membrane les déchirures que je viens de décrire, on peut s'arrêter au diagnostic de rupture simple.
La fracture du conduit auditif, produite par le heurt du condyle du maxillaire, se reconnaît à Tabsence d'ecchymoses sur la membrane et à la coïncidence d'une petite plaie ou contusion sur les téguments du menton qui ont touché le sol dans l'accident (Morvan, Voltolini).
Pronostic. — Il doit être réservé, en raison des troubles
(1) Castex, La médecine légale dans les affections de Toreill?, du nez, du larynx (Ann.d'hyg.pub. et de méd. lég,, 1897, 3* série, t. XXXVIII, p. 28).
profonds qui peuvent coexister (dislocation de la chaîne des osselets, comiAotion labj'rinthiquc, etc.).
Traitement. — On remplit le conduit de gaze iodoformée pour prévenir la suppuration. On recommande en outre au malade de ne pas chanter etde se moucher doucement. Grâce ùces précautions, la rupture se cicatrise sans complications.