II. — MYRÏNGITES
La mvringitc se montre rarement à Tétat d'isolement. Elle coïncide le plus souvent avec les états inflammatoires de la cavité tjmpanique ou du conduit auditif externe.'Si nous Tisolons dans cette description, c'est pour mieux mettre en relief «es caractères propres.
Il y a deux formes de la myring'ite : la forme aiguë et la forme chronique.
i» Myringite aiguë. - Ëtiologie. •- Elle se rencontre surtout après les changements brusques de température exté» rieure, à la suite d'un bain de mer par exemple.
Symptômes. — Le malade ressent des douleurs vives dans roreille. Il s'y joint ordinairement des pulsations, des bourdonnements, parfois même de la fièvre. Le spéculum mis en place montre une membrane hypérémiée par places, ou opaque en d'autres. Le relief du manche du marteau est effacé. La suppuration se fait parfois entre les diverses couches de la membrane (abcès interlamellaircs) et s'évacue par de petites perforations qui n'intéressent pas toute l'épaisseur, mais qui laissent après elles de petites taches blanchâtres, taies comparables à celles de la cornée. Quelques veinules de la couche muqueuse vont se perdre dans les sinus de la dure-mère (Poirier), d'où quelque danger d'infection veineuse ayant la membrane pourpoint de départ.
On a signalé des cas de zonas tympaniques. Bonnier en a vu un coïncider avec un zona ophtalmique.
Traitement. — Contre Tinflammation aiguë de la membrane tympanique, il faut agir par des injections antiseptiques , et chaudes. L'application d'une ou deux sangsues devant le
^ tragus reste un bon moyen de calmer les douleurs. Si l'infil-
tratioo purulente s'est produite, la paracentèse est indiquée. De toute manière^ les recommandations faites pour les ruptures (ne pas crier, ne pas se moucher fort) sont encore applicables.
2o Myringite chronique- — Les formes chroniques sont représentées par divers états diathésiques (scrofulose, syphilis, herpétisme).
Symptômes. — La membrane est alors roug'e et (^risc par places ; elle a dans son ensemble l'aspect sale. Elle peut être exulcérée, ou villeuse, ou même tomenteuse. Ses parois sécrètent une humeur d'odeur fétide. En cas de syphilis héréditaire, Pomcroy (de New-York) a vu des éruptions papulotuberculeuses sur la membrane, et Baratouxy a observé des petites gommes opalescentes qui disparaissent sans laisserde perforation.
Traitement. — Il faut instituer un traitement g-énéral qui vise la cause dialhésique. Il agit très efficacement. On sera surpris de voir s'éclaircir en quelques jours l'ouïe d'un enfant strumcux, porteur de myringite, après un court traitement spécial. Les lavages seront faits à l'eau bouillie chaude ou à l'eau naphtolée (0 gr. 20 p. 1000). Quelques attouchements sont un adjuvant utile. On peut les pratiquer à la teinture d'iode, mais la solution de chlorure de zinc à i p. 30 nous parait préférable, car elle est moins douloureuse et ne tache pas le linge. .
m. — DÉGÉNÉRESCENCES
Nous désignons sous ce nom les altérations variées du tissu de la membrane. La plus fréquemment observée est la dégénérescence fibreuse. Au fond du conduit, se montre une sorte d'écran grisâtre, opaque. S'est-il fait entre les divers plans une infiltration adipeuse, l'aspect est jaunâtre. Chez les arthritiques, des plaques calcaires se forment qui affectent le plus souvent la figure de croissants dont la concavité est tournée vers la spatule du marteau. On a trouvé dans ces dépôts calcaires quelques commencements d'organisation
osseuse. Les ostéoplastes j figuraient, mais non les caoaux
de Havers(J. Habermann) (fig. 288).
Ces altérations ne compromettent pas, autant qu'on l'avait cru d'abord, la fonction auditive. Une membrane peut être scléreuse, calcaire même par places; si la chatne des osselets et les cavités tebyrinthiques sont relativement indemnes, l'ouïe sera satisfaisante.