II. — COMPLICA TIONS DANS LES PAROIS OSSEUSES
i"" Atrophie osseuse. — On l'observe surtout dans les cas de cholestéatome. Caisse, antre, cellules mastoïdiennes sont dilatés et leurs parois sont très amincies.
2» Hypertrophie osseuse. — La prolong-ation des otorrhées peut entraîner une condensation osseuse de Tapophvse mastoïde. Cette hyperplasie est douloureuse, parce qu'elle enserre les ramuscules nerveux ; des névralgies faciales peuvent en être la conséquence. Dans ces cas, le volume de la mastoïde n'est pas augmenté ; l'altération n'existe que dans l'épaisseur.
La trépanation mastoïdienne est alors indiquée. Elle agit, sans doute, en levant l'étranglement de petites branches nerveuses. On s'abstient de mettre un drain qui a été souvent mal supporté. Il peut être utile de refaire plusieurs fois cette ouverture de l'apophyse.
3<> Carie du rocher. — Elle expose le malade à de grands dangers, soit du côté de la voûte de la caisse {tegmeii tympani)^ mince cloison qui la sépare de la cavité cérébrale, soit du côté de la veine jugulaire (thromboses^ hémorragies foudroyantes), soit aussi du côté des diverses artères dont l'ulcération peut être suivie d'hémorragie mortelle (artère
carotide, ménîn/^ée mo^^enne, stylo-mastoïdienne). Quant au labyrinthe, il résiste assez bien à renvahissement. La sup« puration se fait jour, le plus souvent, à la surface de Tapophyse mastoïde, mais on doit aussi surveiller Textrémité supérieure du muscle sterno-cléido-mastoïdien ; le pus s*y présente, et si une incision ne vient le détourner au dehors, il fuse tout le long* du cou dans le médiastin.
Le pus peut fuser au loin, sans même que la membrane du tympan soit perforée. Emilio de Rossi cite un cas où le pus, après avoir forcé la paroi osseuse du sinus latéral et formé un foyer sous-dural, sortait ensuite par le trou déchiré postérieur, pour fuser le long' du paquet vasculo-nerveux du cou.
La carie du rocher se traduit symptomatiquement par les séquestres que le stylet reconnaît, par la fétidité du pus et par Télimination de petites esquilles. On peut même trouver dans ces rejets une portion du labyrinthe, le limaçon par exemple, La paralysie faciale est presque de règle. Un torticolis se déclare quelquefois. D'après Radsach, il indiquerait la participation de l'apophyse mastoïde à la suppuration.
L'ouverture de l'apophyse et l'évidement pétro-mastoïdien s'imposent en pareille circonstance. Chapu ta réséqué les deux tiers externes du rocher, respectant la carotide, mais intéressant forcément le facial.