‹ Maladies du larynx, du nez, et des oreilles (volume 2)Chapitre 18 sur 282 · V. — PARALYSIES DU VOILE Dn PALAIS · texte numérisé non relu

V. — PARALYSIES DU VOILE Dn PALAIS

On doit comprendre, sous ce titre, rensemble des modifî* cations apportées .i la plionalion, h la dég-lulillon et à la respiration par la paralysie des muscles du voile, quelle qu'en

Cette paralysie affecte généralement tous les muscles et, dans ce cas, est dite totale ; mois elle peut <^tre limitée h quelques muscles (p. partielle), localisée à une moitié du voile (p. unilatérale), ou être associée â diverses autres paralysies (p. complitjuée). La paralysie peut aussi porter sur la seasibililé du voile.

Nous preadroos la paralysie totale, consécutive à la diphtérie, comme type de description, mais nous étudierons k pan les différentes variétés de paralysies du voile.

Etiologie. — La paralysie consécutive 6 la diphtérie est de beaucoup la plus fréquente. Parmi les manifestations diphtériques, Vangine doit être particulièrement incriminL^c, car il existe habituellement un rapport entre le sïè^c de la fausse membrane et la localisation des phénomènes paralytiques ultérieurs. Mais ce n'est pus une règle absolue, et Gayton rapporte le cas d'une paralysie du voile succéJiint h une diphtérie vulvaire. Ces paralysies sont plus fréquentes chez i'.idulte (Landouzy) ; Sevestre et Martin donnent une proportion de 10 0/0 chez l'enfiinl, tandis que Roj^er, h l'hdpilal d'.\ubcrvilliers, obtient 10 0.0, Elles constituent l'npanuçe des diptbérics (graves (le bacille long' est le plus souvent constaté', mais sont plus souvent observées dans les formes liéniçucs, pnrce que, dans les dipbtéries graves, la moit survient avant que la paralysie ait eu le temps d'opparatlre. Les angines simples, érythémateuse, herpétique, pourraient aussi la déterminer. Bourges, Carrière, Keschner ont signalé des cas où l'examen bactériologique n'a révélé que du streptocoque: mais In rulture n'est pas un moyen d'invi'sli galion infutilible. el il convient de faire des réserves sur la nature jiuremcnt slrcploioeci(]ue de ces h piinilysies an^incuses ». Pathogéoie et anatomie pathologique. — Ce n'est pas

rinflammatioD delà gorge, mais bien la toxine sécrétée pai le bacille de Klebs-Lôffler qui détermine la paralysie du voile. Déjà la clinique avait montré Tapparition de la paralysie à la suite de fausses lïiembrancs siégeant sur la peau ou en d'autres endroits ; Roux et Yersin ont réussi à reproduire chez les animaux, par des injections de toxine diphtérique, des paralysies analogues à celles qui sont observées chez rhomme. Gombault a montré qu'il s agit d'une névrite segmentaire périaxilc, ne portant que sur un ou plusieur.*! segments interannulaires, quelquefois sur une partie seulement du segment, avec des intervalles de fibres absolument saines. C'est une névrite périphérique, caractérisée par des altérations diffuses, légères et facilement réparables (Philippe et Babonneix).

Symptômes.— Un enfant, atteint d'une angine diphtérique plus ou moins grave, a été traité par des injections, quelquefois tardives et insuffisantes, de sérum de Roux. Les fausses membranes ont disparu ; dans quelques cas, elles ont été si légères qu'on n'y a pas attaché d'importance. La convalescence survient rapidement, lorsque 15 ou 20 jours après la guérison l'enfant, prenant quelques gorgées de liquide, ic avale de travers », phénomène qui attire l'attention du ccMé du voile du palais. L'apparition de cette paralysie est dite précoce quand elle apparaît du o^'au ii^ jour, tardive quand elle survient du 30* au 35® jour.

Elle se manifeste par des troubles de la déglutition, de la phonation et de la respiration, ainsi que par des modifications dans l'étal physique et dynamique du voile.

Les liquides, et surtout les liquides chauds, sont en partie rejetés par les fosses nasales, où ils déterminent un chatouillement désagréable. L'expulsion se fait tantôt goutte à goutte, tantôt en fusée. Aussi le malade boit-il par petites gorgées et en renversant la l^te en arrière pour faciliter la déglutition. En général ce reflux est peu abondant et n'apporte d'obstacle à l'alimentation qu'en cas d'extension de la paralysie au larynx. Ces accidents sont beaucoup moins marqués avec les aliments de consistance pâteuse, surtout s'ils forment un certain volume. Encore moins le malade peut-il se garga-

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