‹ Maladies du larynx, du nez, et des oreilles (volume 2)Chapitre 197 sur 282 · I. - ouïe douloureuse · texte numérisé non relu

I. - ouïe douloureuse

Certaines personnes ont Touïe douloureuse et, dans la plupart des cas, affaiblit en même temps. Ce trouble, désigné quelquefois sous le nom dliyperesthésie otique, a été plus heureusement dénommé par Dechambre « ouie doulou* reuse » ; on pourrait encore dire odynacousie. Ce peut être une douleur aiguë ou simplement une sensation de pression, de coups de marteau sur les membranes tjmpaniques.

Chez quelques sujets, le phénomène se produit seulement avec des sons majeurs ou mineurs, ou avec des bruits particuliers. Lorsqu'une scie s'enfonce dans une pierre, elle produit un grincement qui agace les dents. C'est un exemple révélant les connexions nerveuses ; ici le contre-coup se fait sentir dans la sphère du trijumeau.

Quelquefois, ce phénomène se produit en sens inverse. Un homme, qui portait une cicatrice sur la joue droite, s'est plaint

tout d'abord qu*unc légère irritation de cette cicatrice déter-* minait une sorte de grincement dans son oreille.

Quelles sont les causes connues de cette ouïe douloureuse? D*abord le nervosisme du sujet, car, ainsi que le fait remar* quer Hartmann, on peut l'envisager souvent comme un phénomène cérébral, quand il s'associe à Thyperesthésie des autres sens : odorat, vision, etc. On rencontre assez souvent cette odynacousie dans le décours des otites moyennes suppurécs. Pendant quelque temps, le sujet se plaint d'éprouver une douleur lorsqu'il est soumis à des bruits intenses, mais peu à peu cet inconvénient disparaît. L'emploi du chloroforme ou de Téther peut amener ce trouble auditif. Gellé a communiqué, en i897, à la Société de Biologie, l'observation d'un malade devenu éthéromane à cause de douleurs viscérales. La lecture ou la conversation déterminaient dans ses oreilles des paroxysmes douloureux ; vinrent à la suite des insomnies et des hallucinations auditives. Des méningites circonscrites figurent dans l'étiologie de l'ouïe douloureuse, de même que les fatigues de l'oreille déterminées par des bruits violents et répétés. Mais c'est surtout dans la paralysie faciale qu'on rencontre le phénomène, encore qu'il n'y soit pas très fréquent.

C'est H. Landouzy, qui, dès 1850, appelait l'attention sur Vexaltation de l'ouïe^ dans la paralysie faciale.

Voici comment on peut interpréter le phénomène :

La paralysie du nerf facial entraîne celle du muscle de l'étrier, qui est l'antagoniste du muscle du marteau, rien n'empêche ainsi ce dernier de tendre à l'excès la membrane tympanique. Alors la platine de l'étrier est très enfoncée dans la fenêtre ovale. Si un bruit intense se produit, la secousse sera forte sur la fenêtre et chaque fois se produira comme une commotion labyrinthique. En même temps, l'ouïe sera affaiblie, parce que la platine sera moins mobile dans la fenêtre ovale.

D'autres explications ont été données. Urbantschitsch admet que l'ouïe douloureuse serait due plutôt à la contracture du muscle de l'étrier ; mais, comme Vobjecte Gellé, celte interprétation ne répond pas à l'observation des faits.

puisque Todynacousie appartient au début et non à la période de contracture de la paralysie faciale. J'objecterai pour ma part que, s'il y avait contracture du petit muscle, la pression exagérée de Tétrier serait au contraire évitée.

Il ne faut pas confondre ce trouble avec ce que l'on désîi^ne sous le nom d^hyperesthésie acoustique de Brcfiner^ qui n'est pas autre chose que l'excitation du nerf par un courant g-alvanique faible.

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