VI. — SURDITÉ EN RAPPORT AVEC LÉTAT GÉNÉRAL
- Les diverses étapes de la vie sexuelle ont, chez la femme, une répercussion marquée sur la fonction auditive, soit qu'elles provoquent l'apparition des otopathies, soit qu'elles les ag-g-ravenl. Ainsi peut ag'ir la puberté qui réveille des otorrhées taries. La surdité augmente à chaque période menstruelle et certaines femmes ne sont réellement sourdes qu'à ces moments. C'est surtout la grossesse qui exerce une influence pernicieuse: chez une femme atteinte de sclérose tympanique, la surdité augmentera après chaque grossesse. Enfin la ménopause rend les bruits d'oreille plus obsédants et la surdité plus intense.
U éri/sipèle peut être cause de surdité, qu'il aille de la peau vers l'oreille ou du pharynx vers la peau, en traversant l'oreille (Gollin de Vaugirard).
La coqueluclié figure dans quelques observations de cophoses infantiles.
La surdité à la suite des oreillons a été notée plus souvent (Meure, Lemoine et Lannois). Dans la plupart des cas, elle se produit en même temps que le gonflement parotidien, et c'est la perception crânienne qui disparaît la première. L'oreille moyenne ne montre pas de lésions, mais le traitement n'a guère de prise sur ces surdités ourliennes. On admet en général qu'elles sont de siège labyrinthique, bien que les nécropsies manquent, mats on tient compte, pour cette interprétation, des troubles simultanés, vertige, titubations, signaUs parMoos, Toynbee et d'autres otologistes.
Toynbée signale la dysécée qui accompagne les àffeclions hépatiques, mais sans fournir d'observations à l'appui. * Les hronchopneumomes ti pneumonies exposent aux surdités. Gellé dit avoir ouvert un abcès mastoïdien chez un jeune enfant, au cinquième jour d'une pneumonie. Il résulte des recherches deWreden, Bàréty et Renaut, que, chez beaucoup de nouveau-nés, l'otite moyenne complique des affections graves des organes respiratoires. Nous savons aujourd'hui que la tympanite suppurée n'est parfois qu'une pneumococcie de la caisse. Si le petit pneumonique est pris de délire avec vertige, il y a lieu de soupçonner la complication otique.
\J impaludisme détermine des surdités intermittentes (VVolf, Voltolini, Urbantschitsch), qui peuvent compliquer l'accès ou être l'unique manifestation. Elles guérissent par le sulfate de quinine.
La syphilis peut abolir l'ouïe, qu'elle soit acquise où héréditaire. Quand elle est acquise, elle frappe rapidement et gravement les oreilles moyenne et interne, surtout si le sujet est porteur de quelque otopathie précédente. Congénitale, elle se manifeste surtout chez les filles et vers l'âge de la puberté, coïncidant avec les deux autres termes de la triade d'Hutchinson. Le mercure et l'iodure améliorent exceptionnellement ces surdités syphilitiques.
La tuberculose compte h son actif un grand nombre de surdités, sous forme d'otorrhées taries le plus ordinairement.
On a signalé la surdité partielle ou totale dans la deuxième période de la pellagre (Th. Roussel).
Uarthritisme figure très souvent dans l'étiologiedes pertes de l'ouïe. L*otite rhumatismale aiguë n'est pas grave, mais il en va tout autrement des processus chroniques. Ce sont eux surtout qui sont reponsables des scléroses tympaniques et labyrinthiques. La tympanite goutteuse se recoimatt à son début brusque, très douloureux, chez des sujets qui portent des tophus au pavillon de l'oreille ou des exostoses dans le conduit auditif. Douleurs^ surdité et vertige cessent dès que la fluxion s'est portée de Foreille sur une jointure.
La surdité a été .signalée dans l'albuminurie par Schwartz
et étudiée par le P' Dîeulàfoy. Elle v est asseâs fréquente et précoce. Doumerg'ue note son intermittence.
ha. glycosurie fait suppurer les oreilles. 11 s^Sigii ordinaire» ment de panotite. La suppuration n*est pourtant pas fatale.
Dans le tabès et la sclérose en plaques on voit aussi se produire un affaiblissement de l'ouïe avec des bourdonnements.
Le voisinag^c des orig'ines dans le bulbe explique suffisamment ces coïncidences.