I. — LÉSIONS TRAUMATIQUES DU PAVILLON
1^ Contusions — Les contusions du pavillon de loreille sont fréquentes à la suite de chutes ou de coups appliqués sur le côté de la tète. Le pavillon, dans ces cas, est pris entre l'agent contondant et le plan osseux résistant de la mastoTde et du temporal.
Ces contusions s*accompaf^ucnt s.ouvent d'ecchjmoses et môme d'hématomes. Le cartilage peut se rompre ; ces ruptures nécessitent une violence assez considérable, ou sont préparées par une altération du cartilage, qui, sous Tinflucncc de l'âge ou d'un état pathologique, a perdu son élasticité et est devenu cassant. Dans ces conditions, un soufflet peut déterminer la rupture.
Traitement. — Ces lésions guérissent d'elles-mêmes; une bande garnie de ouate suffira à immobiliser contre le crâne un cartilage rompu.
2® Plaies,. — a. Plaies par insU^ments piquants, — Elles n*ofFrent en général aucune gravité. Depuis longtemps on perfore le lobule pour y suspendre des boucles d'oreilles et le premier venu est chargé de Topération. Cependant cette piqûre, faite avec un instrument sept iquer, peut être suivie de lymphangite, d'érysipèle. Nous signalerons à ce propos que le port de boucles d*oreilles n'est pas sans inconvénient chez les sujets lymphatiques, scrofuleux ; Tanse delà boucle ulcère et coupe le lobule.
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b. Plaies par instruments coupants. — EHcs présentent plusieurs variétés.
Parfois c'est une simple entaille en plein pavillon, n'intéressant pas le bord libre ; les bords de la plaie ont une tendance naturelle à rester unis : s'il est besoin, un point de suture assurera leur aCTrontement et la plaie g-uériraen quelques jours sous un pansement occlusif.
Dans d'autres circonstances, la solution de continuité, partant du bord libre en un ou deux points, détache un lambeau de forme et d'étendue variables, qui ne tient plus au pavillon que par ce pédicule.
Quelles que soient la forme du lambeau, la petitesse et la fragilité du pédicule, on doit tenter de réunir les parties divisées à l'aide de points de suture, afin d'éviter les difformités du pavillon. Souvent on a eu un succès remarquable et les lambeaux, dont la vitalité paraissait très douteuse, se soudent au pavillon et lui conservent sa forme. Si le lambeau se sphacèle, le pavillon resic avec une perle de substance fort disgracieuse.
Une portion plus ou moins considérable du pavillon peut se trouver entièrement séparée. Malgré le peu de chances de réunion, on devra tenter de remettre en place le morceau détaché, à l'aide de points de suture, en affrontant bien exactement. Cette pratique a parfois réussi etBérenger-Féraud en a rapporté quatre cas authentiques.
c. Plaies contiises^ — Elles sont graves ; elles s'accompagnent souvent de pertes de substance qu'on peut réparer, lorsqu'elles ne sont pas trop considérables, en avivant les bords irréguliers et en les affrontant par la suture.
Nélaton a réuni, après la chute des escarres, les deux moitiés d'une oreille divisée par une balle, et le résultat fut tellement parfait que la difformité était à peine visible.