‹ Maladies du larynx, du nez, et des oreilles (volume 2)Chapitre 226 sur 282 · DU TYMPAN · texte numérisé non relu

DU TYMPAN

Les plaies et déchirures de la membrane du tympan sont assez fréquentes et peuvent, dans certains chs, amener des complications sérieuses.

Etiologie. — Les blessures du tympan sont produites par action directe ou indirecte.

1^ Blessures par action omECTE. — > Dans les blessures par action directe, le corps vulnérant peut agir soit de dehors en dedans, soit de dedans en dehors.

a. Blessures de dehors en dedans, — Les lésions par action directe, de dehors en dedans sont de beaucoup les plus fréquentes et Tagent vulnérant peut être un corps solide, liquide ou gazeux.

Le tympan est souvent perforé par un instrument piquant ou pointu : cure-oreille, épingle à cheveux, vrille, aiguille à tricoter, stylets introduits dans le conduit auditif externe, soit pour le nettoyer, soit pour en extraire un corps étranger. Dans d'autres cas, un faux mouvement, une chute, font pénétrer avec violence le corps vulnérant et déchirent le tympan.

Un liquide pénétrant avec force dans l'oreille peut faire éclater le tympan : on a observé cet accident chez les baigneurs qui se jettent à l'eau d'un lieu élevé. Une simple injection, poussée avec force, pourrait amener ce résultat, mais il est probable que de telles ruptures sont préparées par une maladie antérieure de la membrane.

L'air extérieur violemment comprimé dans le conduit détermine parfois des déchirures étendues du tympan.

Parmi les causes les plus fréquentes de ce genre, on cite les soufflets, les coups de poing appliqués sur l'oreille.

- Hadiograpliic d'une balle de i (J'nprés Grossard).

TRAUMATISMES DE L'OREILLE 1110

Lescoups de feu, et surtout les coups de canon font rompre la membrane par suite de Tébraulement violent de Tair dans le conduit auditif. On observe assez souvent de semblables perforations chez les artilleurs.

Mac Naughton Jones a' rapporté l'observation d'un officier qui, frappé par la foudre, eut le corps couvert de brûlures. Son audition ayant diminué, Texamen otoscopique fut pratiqué et on constata deux perforations de la membrane tympanique, une au quadrant postéro-supérieur, l'autre sous l'ombilic.

' C'est là un des rares cas qu'on ait mentionnés de perforation tympanique par fulguration (1).

b. Blessures de dedans en dehors, — Beaucoup plus rarement, le tympan est rompu par action dircclc,de dedans en dehors, et dans ces cas la rupture est presque toujours duc à une augmentation de pression dans lair contenu dans la caisse. Elle survient à la suite d'une insufflation artificielle trop violente, à Taide des procédés do Valsalva, de Politzer, ou, à Taide du cathétérisme. Cet accident est fort rare; il était fréquent lorsqu'on employait des pompes à air comprimé pour donner la douche d'air. Le tympan peut encore se rompre pendant un effort violent, pendant les accès do Iqux ; plus spécialement dans la toux de la coqueluche, de l'asthme, dans Téternuement. Il faut qu'un tympan ne soit pas normal pour être brisé par ce mécanisme, ou bien une pression extrêmement forte est nécessaire.

La diminution brusque de la pression à la surface externe du tympan, comme par exemple dans les ascensions en ballon, peut amener la rupture delà membrane. L'air contenu dans la caisse se dilate, refoule le tympan en dehors et se rompt si l'équilibre n'a pas le temps de se rétablir par la trompe d'Eustache.

Bien exceptionnellement les injections liquides faites prir la trompe et pénétrant dans la caisse déchirent la menihrano. Un épanchement bruscpie de sanû;* dans la caisse peut pro-

(1) Mac NALGiirON Jones, Thr Journal of Idrynfjolngy, vhinolujij and otology, juillet 190i.

il20 MALADIES DES OREILLES.

voquer la rupture ; ce serait la cause des ruptures du tympan que i*on a sig'nalées chez les pendus ou chez les individus étrang'lés.

2o Blessures par action inoiuecte. —Les déchirures indirectes de la membrane tjmpanique succèdent à des violences exercées sur les parois crâniennes, h une distance plus ou moins g-rande de Toreille. Ces déchirures sont fréquentes dans les fractures de la base du crâne et s'observent toutes les fois que i*os tympanal, dans lequel s*encadre le tympan, est intéressé.

Le tympan peut même être déchiré sans qu'il y ait fracture du rocher, et le P^'Duplay a recueilli un assez g-rand nombre d'observations de semblables déchirures ; il en donne Tcxplication suivante : < Les rapports de la membrane du tympan avec les parois osseuses du crâne, rapports tels que cette membrane fortement tendue et encadrée dans l'os tvmpanai semble faire suite aux parois crâniennes, expliquent jusqu'à un certain point comment des vibrations imprimées au crâne par une violente percussion et insuffisantes pour déterminer la rupture des fibres osseuses peuvent cependant suffire à déchirer lesfibres plus délicates du tympan. »

Symptômes. — Au moment où la membrane se déchire, le sujet a une sensation d'éclatement; souvent il entend une violente détonation. Il y a parfois syncope. La douleur, extrêmement vive au début, se calme bientôt, à moins de complications inflammatoires.

L'audition est diminuée, selon l'étendue des lésions et suivant que l'oreille interne a été ou non intéressée; le plus souvent il y a des bruits subjectifs. Ces lésions de l'oreille interne expliquent les vertig'es, les vomissements qui surviennent parfois à la suite de traumatismes de l'oreille ayant déchiré le tympan.

L'hémorrag-ic par le conduit auditif externe est la régie. Cette hémorragie est plus ou moins abondante, tantôt à peine appréciable, tantôt au contraire très considérable et nullement en rapport avec une lésion presque insignifiante. Ces variations dans l'abondance de l'écoulement de sang tiennent en partie à l'étendue de la déchirure, mais surtout à son

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