TRAUMATISME8 DE L'OREILLE
sièg'e. Les vaisseaux du tympan ne sont pas en effet réj^^^ulièreinent distribués à toute la membrane : les plus volumineux suivent le manche du marteau en arrière ; les déchirures avoisinant le manche du marteau seront donc les plus hémorragiques.
Si Ton examine le malade peu de temps après Taccident, la membrane se montre avec un aspect caractéristique. D'habitude l'ouverture est ovale, ronde parfois, par suite de Técartemcnt des bords de la plaie, ou bien ceux-ci sont accolés. D'ailleurs la forme, Tétcnduc et le siège des plaies du tj tnpan sont extrêmement variables, en rapport avec la nature de l'agent vulnérant et avec le mécanisme de la déchirure. Les plaies dues à un corps introduit par le conduit auditif peuvent varier depuis une simple piq lire jusqu'à la destruction complète du tvmpan. La fracture du manche du marteau s'observe parfois dans ces sortes de blessures par action directe d'un corps enfoncé dans l'oreille.
Lorsque la déchirure est produite par une pression exagérée agissant sur toute sa surface, soit sur la face interne, soit sur la fuce externe de la membrane, elle a un siège presque constant. Elle occupe la moitié postérieure du tympan : cette région est en effet la moins épaisse. J'ai eu Toccasion d'examiner des tympans déchirés ù la suite d'explosions de dynamite : les déchirures avaient un aspect étoile, comme si la membrane s'était rompue suivant des cercles concentriques ayant pour centre la spatule du manche du marteau, et suivant des rayons aboutissant à ce centre ; ces déchirures, radiées et circulaires, venant se brancher les unes sur les autres, donnaient à la lésion un aspect étoile très particulier. La structure de la couche fibreuse qui constitue la charpente du tympan explique celte disposition de la déchirure. Cette couche fibreuse est en effet composée de deux lames formées l'une de fibres circulaires, l'autre de fibres radiées.
L'ouverture de la membrane, lorsqu'elle est assez large, laisse passer l'air avec un sifflement quand on fait exécuter au malade le Valsalva ou quand on lui donne une douche d'air.
Le plus souvent les symptômes se dissipent en quelques Castex. — Mal. (lu Larynx. 3^ édit. 71
jodrs et le retour à Tétat normal est complet ; il est même difficile, parfois, de retrouver sur le tjmpan la cicatrice de la déchirure. Mais lorsque la solution de continuité est étendue, avec perte de substance, la plaie peut s'infecter, la caisse à son tour s'enflammer et suppurer; cette otite est très souvent le point de départ d*otorrhées chroniques.
La cause qui a déchiré le tympan peut encore, par Tinter* médiaire des osselets, avoir ébranlé le labyrinthe ; dans ces cas, les troubles de l'audition persistent et peuvent être irrémédiables.
Diagnostic. — Il est facile de se rendre compte de la lésion en examinant le tjmpa^i, après avoir eu soin de nettoyer le Conduit auditif et Tavoir débarrassé, par des lava/^es, du sang* qu'il contenait. On voit alors facilement la plaie, souvent fermée par un petit caillot sanguin, et dont les bords sont légèrement ecchymoses.
Par contre, il est difficile de se prononcer tout d'abord sur l'état d'intégrité ou de blessure des organes plus profonds : oreille moyenne, oreille interne, encéphale.
On se basera sur les circonstances de l'accident, la natui'e du traumatisme ; on recherchera si, parmi les symptômes accusés par le malade, il en est qui peuvent faire craindre de telles complications.
Rappelons que la perception du diapason-vertex, avec maximum du côté malade, indique que l'appareil de transmission est touché ; mais si le maximum est du côté sain, on peut préjuger qu'il y a eu commotion du labyrinthe.
Traitement. — Le traitement des plaies du tympan peut se résumer en un mot : empêcher l'infection de la plaie et la laisser se cicatriser. On devra nettoyer le conduit auditif, autant que possible à sec, et n'y pousser une injection, quelque antiseptique qu'elle soit, qu'après avoir essayé d*enlever le sang et les débris cérumineux avec des petits tampons d'ouate sèche. Le conduit nettoyé, on le fermera avec un peu de ouate hydrophile.
II est rare que l'abondance de l'hémorragie nécessite une intervention ; on pourrait arrêter le sang avec une pointe de galvanocautère.
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