MEDECINE LEGALE ET EXPERTISES
Lie troisième blessé eut ia même déchi rare à gauche et une ecchymose. U demeura sourd cinq jours, avec des sifflements.
M">« Vérv resta à moitié sourde pendant trois semaines.
Sa fille, ^Lgéc de treize ans, nVut rien. Deux mois après, tout était rentré dans Tordre.
En résumé :
i^ Les lésions ont été en proportion de la proximité de Texplosion ;
2^ U nV a pas eu d'otorragîe ;
3^ La rupture du tympan a eu lieu surtout en arrière ;
Â^ Il n\ a pas eu de lésions j^aves de Toreille interne.
Ces conclusions m^ont servi à déterminer les lésions su*bies dans plusieurs accidents du travail, où la dynamite avait été employée.
Exceptionnellement une plaie contuse dans la région, ou le décollement du pavillon, appellent Tattention sur une lésion possible de Toreille. Plus souvent, une certaine quantité de sang^ ou de liquide clair coulant du conduit auditif donne à penser que le rocher a été fracturé. Mais d'ordinaire la lésion de Toreille passe inaperçue, parce que la commotion cérébrale dissimule les autres troubles. Le blessé est transporté dans la pharmacie la plus proche ; de là dans un hôpital, et c*est seulement quand il sort du coma traumatique que les troubles de Taudition se laissent voir. S*il v a eu fracture du crâne, Thomme passe plusieurs mois à ThôpitaL il est ensuite envoyé dans un hospice de convalescence. Alors commencent les discussions avec le patron ou la Compag-nie d'assurances, et c*est ainsi que le médecin-expert peut n'être commis à l'examiner que dix, douze, quinze mois et même plus après l'accident.
Ce blessé qui sera soumis à voire expertise se présente avec les apparences d'un homme amoindri dans ses forces physiques. Son audition n'est pas la seule fonction compromise. Il marche lourdement, appuyé sur une canne et sans tourner la tôte, parce qu'il est sujet à des vertig'es qui sont plus forts le matin au lever. Il vous dit encore qu'une de ses oreilles ou les deux laissent suinter un liquide purulent, qu'il a des maux
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de tète, des bourdonnements de genre varié, bruit de souffle isochrone au pouls, roulements de voitures, tintements métalliques, sons de cloches, etc., dont la continuité lui donne des nausées et l'exaspère, car ces bruits finissent par se localiser dans le cerveau. Les vertig^cs surtout incommodent le blessé et ils s'exagèrent, s'il penche la tète en avant ou regarde en haut, à droite^ à gauche. La surdité unilatérale l'empêche de percevoir de quel côté viennent les bruits, et cette para'cousie de lieu n'est pas un des moindres troubles survenus dans son état. Elle lui sertf particulièrement nuisible pour la reprise de son travail habituel. Chez quelques-uns il y a hyperacousie, douloureuse ou non. Le claquement d'un fouet, la corne d*un tramway leur est pénible, au point de les pousser au vertige. Quelques-uns de ces blessés parlent bas sans s'en rendre compte, soit que leur voix retentisse péniblement dans leur oreille moyenne, soit que l'altération du labyrinthe ne leur permette plus d'apprécier le degré de sonorité qu'il conviendrait d'employer ; la dépression générale y est aussi quelque chose. Et puis c'est la perte des forces constatée au dynamomètre, des tremblements, des sueurs froides, des troubles de la circulation aux extrémités, des pertes de mémoire, etc. La lésion de l'oreille, prise isolément, n'est évidemment pas la cause de ces troubles variés, mais c'est avec cette complexité de symptômes que se présente généralement le blessé soumis à l'examen médico-légal de l'auristc.
On peut s'étonner que le trauma n'agisse, en règle très générale, que sur une oreille. Il en serait autrement sans doute si le heurt portait sur le plan médian, mais cette condition ne se réalise presque jamais.
Examen physique. — Passons à Texamen physique du blessé.
L'étude des deux membranes tympan iques embarrasse souvent plus qu'elle ne renseigne. Sans doute, vous verrez parfois une perforation baignée de pus, mais c'est l'interprétation qui est difficile. S'agit-il d'une lésion consécutive à l'accident, comme l'intéressé vous le dira, ou antérieure.
Que la membrane soit scléreuse, enfoncée, ce sera l'indice d'une sclérose antérieure et non de l'accident, outre qu'on