‹ Maladies du larynx, du nez, et des oreilles (volume 2)Chapitre 28 sur 282 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

KTCOSIS D0 PHARYNX

Le mycosis du pharynx, ou piiaryngo-mycûse, est une aSectioD earaclérisée par des productions parasitaires qni, ■oos forme de piquants blancs et durs, hérissent les parois da pharynx principalement dans les cryptes des amygdales palatines et- linguales.

Le pT Fraenkel (de Berlin) a le premier, en 1872, appelé l'attention sur cette afFeclion particulière et si^alé le leptothrix buccalis dans ces formations blanchâtres. Divers auteurs s'en sont occupés après lui.

Anttomie pathologique. — Le parasite, qui est souvent en forme de clou, se montre ordinairement sur les amygdales palatines ; mais, avec les miroirs pour larynx et cavum, on peut en apercevoir sur l'amygdale linguale «t sur celle de Luschka, k la voûte du cavnm. J'ai eu l'occasion de voi sornn aryténolde.

Si ces productions sont rapprochées les unes des autres, «Iles affectent la forme de touffes ou de houpeltes blanchâtres (%• <9)-

Le clou mycosique s'implante dans une crypte ou dans une cavité glandulaire. Au fond de ces réceptacles les tissus lympboTde ou glandulaire ont disparu et sont remplacés par une gangue sclércuse dans laquelle les vaisseaux se montrent

r deux clous mycosiqucs

atrophiés. Au-dessus de cette couche scléreuse, le microscope montre un entassement de lamelles épithélialcs cornées et c'est parmi ces lamelles qu'apparaissent les spores et les filaments de leptothrix. Ces détails histolog-iques sembleraient indiquer, d*après Garel (de Lyon), que Taltérationdes cryptes est le fait primitif et la mycose le résultat secondaire. Histo* logiquement le clou mycosique est formé de filaments incurvés, quelquefois en paraboles (Cornil), et souvent subdivisés enracines, à leur attache profonde, d*où la difficulté de les arracher« Ces filaments de leptothrix sont d'ailleurs une algue qui existe normalement dans la bouche, maïs qui se développe en abondance dans certaines conditions favo^ râbles. A un stade plus avancé ces gerbes s*incrustent de calcaire d*où leur vient cet aspect caractéristique.

D*autres parasites ont été signalés dans les formations mycosiqucs, ce sont : le hacillus fasciciUatus (Sadebeck, 1882), Voidium albicans, les nigrities linguœ, le mycosis sarciné, Vaspergillus fumigatuSf enfin des actynomycètes,

Etiologie. — On est peu. renseigné sur la cause réelle.

On sait que la mycose apparaît principalement de 10 à 25 ans (Chavas) et plus souvent chez la femme que chez Thomme.

Son développement est favorisé par un état pathologique local du pharynx : pharyngite chronique, catarrhe naso -pharyngien, hypertrophie des amygdales, carie dentaire, acidité delà salive que Charles Robin considérait comme indispensable au développement du leptothrix. Ces maladies locales ne s'observent pourtant pas toujours avant Tapparition du pharyngé- mycosis.

On a invoqué encore Tinfluence de conditions générales : influence du froid humide, affaiblissement de la santé par une dyspepsie. Une femme, citée par Colin, ne présentait de mycosis que dans le cours d'une grossesse.

L'affection ne semble pas contagieuse. Hemenway a transplanté dans son i)harvnx des excroissances mycosiques sans réussir l'inoculation.

Sy^mptômes. — Los manifestations de la maladie sont peu marquées, à ce point qu'elle est souvent découverte par le médecin qui explore l'arrière-bouche.

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L« itaaiade accuse' une sensation va^ue de géae, de piqd-

res, de chatouîHement ou de sécheresse, particulièrement

marquée peildant la déglutition. Parfois il a l'haleine fétide

(Gautbier], ou éprouve de l'asthme rétlexe (Heménway).

Prenez un abaisse-langue et vous verrez sur les amjrgcUles do petils piquants faisant saillie, d'un blanc jaunâtre (Rg. 20). Généralement ils existent aussi en (ifrand nombre sur l'amjgdale linguale, visibles avec le miroir la-' ryngoscopiqne. Ils se groupent quelquefois en touiTes. Comme ils sont très «dhéi rentt au fond des cryptes, leur ^radication détermine an potit suintement de sang. On les voit se reproduire dans les deux ou trois jours qui suivent. Ils peuvent sié« gersur la paroi postérieure du pharjnx (fîg. 21).

Dlagawtic. — Il n'csl point

difficile de reconnaître cette „. „ „ . ,

, „ , FiB-. 20. — Mycosis des amyg-

•ffection car elle est très ca- " jai^g palatines,

ractérisée. Avec quelle autre pourrait-on la confondre?

L'amygdalite lacunaire f Mais celle-ci s'accompagne d'une luméfaction de l'arajgdale, est douloureuse et les points jeundtres ne font pas saillie.

Les concre'tiofis calcaires de l'amygdale? Elles sont très peu nombreusesetfacilesÀ enlever, ce qui permet de tes contrôler.

Le mutuel ? Il est particulier eux jeunes enfanLs, envahit plutAt les bords de la langue et coïncide' avec un élal cachectique dii sujet.

L'aiigme herpêlîquef Mais elle iiiège surtout au'voiléi du palais. Ses vésicules ont une aréole ^uge caractéris-; tique. 1 1'

La tttbercjKtote mtliaiTre flcWa lésion n'est pàs'daiTs Itii cryples, et l'état général éclairé le diagnostic.

Cb«zun jeune gnrçori qiii prêscolnit les'signcs objcclifsd'une phar^ngo-mycose, l'examen bactérîiïlo^ique dA k

M HALADIEt DU PHARYNX

r&bligeànce du D'" Cornet (du'Val-de-Grâce), a montré qu'il s'afi^ïsaait d'une amjg^dalile à pneuino-bacilles.

4 Les frottis sur lames de l'exsudatontéti traités les uns par uue coloralion simple k la thionine phéniquto, les autres par le procédé de Gram, avec reColoralïoD à là fuchsine dtluée. À l'ësamen microscopique, onconstate, au milieu de débris cellulaires et de isrlobulés de pus, la présence de bacilles assez courts, isolés ou associés deux par deux, entouras d'une cap*

Fig. 31 — Mycosis de la ipârol postérieure du pbaTynx (d après Simionescul

«, >oile du palais — fin pilien — ad amygdales. — p basL de la langue

suie bien visible. Ces bacilles, associés fa de rares cocci, consti(uentdans les préparations les geniies prédomînaDts, ils ne prennent pas le Gram.

n Les ensemencements sur sérum coag^ulé, suivant la technique utilisée pour le diagnostic de la diphtérie, font apparahrc, en 24 heures, des colonies abondantes, blanchâtres et visqueuses, conslituéts par des diplobacillcs encapsulés ne prenant pas le Gram.

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• Les faits précédents joints aux caractères des cultures ultérieurement pratiquées, et notamment à la propriété que possède le microbe de faire fermenter les sucres, permettent d'affirmer qu'il s'agit d'une amygdalite à pneumobacilles de Friedlander. »

H. Waisham (i) a trouvé, dans les amygdales, des nodules cartilagineux et osseux qu'il croit d'ofigine fœtale, dépendant du deuxième arc branchial, mais Taspectde ces nodules ne prête à aucune confusion avec le mjcosis.

Pronostic. — II est sans gravité. Il y a même des cas de guérison spontanée. La facilité des récidives est la seule condition fAcheuse, au point que certains malades en deviennent hypocondriaques.

IVaitement. — Il faut d'abord prescrire des pulvérisations antiseptiques, au menthol ou à l'acide phéniquc, renouvelées matin et soir.

On peut toucher les amygdales avec une solution de chlorure de zinc ou de perchlorure de fer. La fumée de tabac a été préconisée sans succès certain.

Le procédé de choix consiste dans l'éradication des clous mycosiques avec une pince courbe à mors fins et dai^s la gal« vanocautérisation des cryptes évacuées. En quelques séances la guérison est souvent assurée.

Si Taffectton est diffuse et récidivante, il est plus simple d'enlever les amygdales.

On ne négligera pas l'amélioration de l'état général et de la dyspepsie surtout.

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(i) H. Walbbam, The Lancet, 43 août 4898.

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