‹ Maladies du larynx, du nez, et des oreilles (volume 2)Chapitre 33 sur 282 · VI. Laryngoscopie chez Ventant. — Chez Venfant, la · texte numérisé non relu

VI. Laryngoscopie chez Ventant. — Chez Venfant, la

laryngoscopie comporte des difficultés particulières. Elles ont été bien étudiées par le D"^ Escat (de Toulouse) (1). Quelques enfants sont assez dociles pour qu'avec de la patience et en s'y

(1) Esc\T, Arch. infern. de laryng,, septembre-octobre 1896.

EXAMEN DU LARYHX

preoaol k plusieurs fois, on puisse voir leur larj'nx, mais trop souvent ils refusent d'ouvrir la bouche, mordent, crachent k la fi^re du médecin ou se débattent vivement. L'obstacle est parfois d'ailleurs indépemlaDt de leur indocilité. Ils ne sauront pas ou ne pourront pas sortir la lang^ue parce que le frein en est trop court; la paroi spinale du pharyn.v est plus oblique chez eux; le diamètre vertical de l'oro-pharjnx est court, la luette se dissimule derrière la base de la langue ; li-ur épii^lotte est aplatie de droite à gauche.

Fîg. 33. — Aspect du larjnx peudi

ipi ration pro ronde.

AC, commissuro antérieure de I& gtulte. — LGEP, repli glosso-épt- Rkiltique latéral. — PEP, r«pli pharyngo-épiglottiquc. — AEF, repli UT-rpiglotliqoe. — SSE. face sntéro-postHrieuro de l'épiglotte. — ISE, face inférieure de l'iipigtolle. — CE. Iiord libre de l'épiglotte. — VB, ttandes vcntriculaires ou fausses cordes vocales. — VM.venIricales de Morgsgni. — CW, cartilages ilc Wri3l>crg. — CS, corpuscules de Santurini. — lAF. ropli inteinryiénoldien. — VC, cordes vocales. — ce, carlilago cricolile. — T, trachée. — RB, bronche droite. — LB, broDcbir gauche. — IIF, fossello hyoïdienne (Lennoi Browne).

Escat utilise pour l'examen ilcs enfants un abaisse-lanfi^ue la rvni{OSGo pique deux fois coudé et à fourche (fig. 31). Les dents de la fourche se placent dans les sinus piriformes. Cet instrument est dilatateur du lar^ngo-pharj-nx, déprosseur et protracteur de la lanf^ue. S'il le faut, on met d'abord un ouvre-bouche ; puis un miroir laryngien carré qui refoule de force le voile et la paroi postérieure du pharynx. L'enfant indocile c>t roulé dans un drap. Dans un premier temps, l'a-

baisse-langue est porté, par la main gauche, contre la paroi pharjnji^ienne postérieure ; dans un deuxième, il s'appuie sur les sinus piriformea, et dans un troisième attire la langue et le larynx en avant. Le miroir tenu de la main droite est introduit en même temps que l'a baisse-langue. On est souvent obligé d'attendre assez longtemps que l'enfant fasse une inspiration. Quelques enfants ne supportent pas cet examen, se mettant à vomir presque aussilAl.

VU. Image ïatryngoscopîque. — On se rend bien compte que les parties antérieures du sujet se voient en haut de l'image, demtmo que les parties postérieures, les aryténofdos, par exemple, se voient dans le bas. La corde vocale droite du malade est à gauche dans l'image et sa corde gauche est « droite. Il est donc convenu, si l'on parie de la corde droite ou de la corde gauche, que c'est la corde du malaise, abstraction faite de la place sinus pinioniiL-. qu'elle occupe sur le mi-

L'imagea des parties périphériques et des parties centrales (fiiT. 33et 34).

Da»i les yarlies périphériques, on aperçoit : sur le haut du miroir, la base de la langue avec l'accumulation plus ou moins épaisse de tissu Ivmphoïdo qui constiluela quatrième amijgdale ou am;/gdalc linguale. Entre elle et l'épiglotle, trois replis ijlosso-épiglolliques, médian et latéraux. Ces ripli.s limitent deux dépti'ssions (fossetlet glosso-épiglolliques, valleciilai où les corps étrangers peuvent séjourner. L't'piglotte :i géiiL-ralcmenl In forme d'un chapeau de gendarme, mais il y a des variétés assez nombreuses qui viennent gi'nor

LE, épJKlotte, — PC, ■rieure. — TEF, ciim lure. — El, bando venlrk-iilaire.

■ VP, apophyse vocale. — Cil,

Texamen de la cavité laryng^ienne. Il s*cn trouve qui, très aplaties dans le sens transversal, ont quelque peu la forme d^une oreille de lapin. D'autres sont asymétriques et leur partie la plus large vient précisément se placer au-dessus de la commissure antérieure de la glotte, ne permettant de voir que la région aryténoïdienne. Ou bien la face antérieure de l'opercule n*est pas excavée et toute la moitié antérieure de la i^lolte reste cachée. Au-dessous de Tépiglotte, se voit une petite saillie qui répond à son insertion (tubercule épiglottique ou de Czermak). Sur les côtés de l'image, sont les replis pharvogo-épiglottiques, et en bas les replis aryténo-épiglottiques. On peut y distinguer de chaque côté, en procédant de dedans en dehors, les cartilages de Santorini etdeWrisberg. Le petit cartilage de Luschka est invisible.

Les sinus piriformes sont ces dépressions que l'on aperçoit au-dessous des replis aryténo-épiglottiques. Les corps étranr gers peuvent s'v arrêter : les tumeurs malignes de la région ▼ débutent souvent.

Le$ parties centrales sont : les cordes vocales supérieures (fausses cordes, bandes ventriculaires), bien reconnaissables à leur coloration rouge. Au-dessous, Torifice allongé des ventricules de Morgagni. En dedans, les vraies cordes vocales, nacrées à Tétat naturel, toujours un peu congestionnées chez les professionnels de la voix. On distingue bien leurs portions ligamenteuse et cartilagineuse que délimite une petite saillie {apophyse vocale). La commissure antérieure des cordes est bien souvent cachée sous Tépiglotte, tandis que la commissure postérieure se montre plissée, ridée, par les mouvements réitérés de la région interarjténoTdienne. Lorsque les cordes vocales sont dans une situation intermédiaire à l'adduction et à l'abduction, on dit qu'elles sont eo position cadavérique (Ziemssen). Entre les cordes vocales, se montrent les premiers anneaux de la trachée.

Pour voir plus profondément dans le conduit, on a recours

à la trarhéoscopie, dont la technique diffère un peu de la

lar^-ngoscopie. Nous l'exposerons plus loin. Rosenberg et

Mermod ( d'Yverdon) ont utilisé des miroirs ondolarj^ngés

Cjiirex. ^ Mal. du Larynx. 3* édil. 8

pourvoir dans les ventricules de Morg'ag'ni ou dans la région sous-glottique.

VIII. Autres procédés d'exploration. — Bien inférieurs au précédent sont les autres moyens d*exploratioa du larynx. Il faut pourtant les mentionner, car ils peuvent devenir utiles dans un cas donné.

i^ Exploration extérieure. — Elle permet de constater la tuméfaction des cartilag-es, en cas de périchondrite. L'élargissement du corps thyroïde est très manifeste dans les cancers, même endolaryngés. Gerhardt (i) surtout a appelé l'at* tention sur les données de la palpation. Il aurait même senti les mouvements des cordes, en enfonçant la pulpe de l'index par-dessus le bord supérieur du cartilage thyroïde. Par la palpation, on perçoit parfois un frémissement dans certains rétrécissements du larynx. Si les vibrations vocales sont mal perçues sur une des lames de cartilage thyroïde, on peut soupçonner une paralysie récurrentielle.

2® Toucher digital. — 11 est tout au plus admissible pour les affections de Tépiglotte, ou si Ton soupçonne chez un enfant un corps étranger, un papillome émergeant du vestibule laryngien.

3" Sonde laryngienne. — Elle permet d'explorer la sensibilité, de constater la dénudation des cartilages.

4o Auscultalion. — L'auscultation avec le stéthoscope a pu faire entendre le grelottement de polypes ou de corps étrangers.

5* Eclairage par transparence — L'éclairage par transparence, au moyen d'une lampe électrique appliquée sur un des côtés, est préconisé par Freudenthal (2). 11 ferait distinguer les tumeurs liquides d'avec les tumeurs solides. Si, durant cet éclairage, le larynx émet une note de poitrine» une raie noire se produit dans la transparence rougeâtre. Elle est duc à la glotte dont les lèvres sont épaissies et rapprochées. La voix de tôte se produit-elle, celte ligne noire disparaît parce que les cordes sont moins épaisses et moins au contact l'une de l'autre. C'est pourquoi lesauteurs anglais,

{{) Geriiaudt, Soc, de lanjngologie de Berlin, i8 jan. 1895. (2; Fueudentual, New York Med, liée, 17 mai <890.

EXAMEN DU LKRVNX

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