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EXAMEN DE LA BOUCHE ET DU PHARYNX

sans recourir encore à l’abaisse-langue, on examine sur . le dos et les bords s’il n’y aurait pas des traces de syphilis, afin de prendre en ce cas les instruments spécifiques que , tout spécialiste doit avoir en réserve et reconnaissables à un manche particulier ou à un signe quelconque. Pour le “rassurer, vous lui dites qu’il paraît très facile à examiner, que vous n’avez aucun mal à lui faire et vous lui demandez de laisser sa langue au repos dans sa bouche, comme dans le bâillement. Au besoin, on aurait recours à des pulvérisations de cocaïne (solution aqueuse à 1 p. 10). Deux personnes ne peuvent pas bien voir ensemble un pharynx; celle qui est devant cache la vue à l’autre, et celle-ci intercepte la lumière du jour pour la première.

Pour éviter que le malade ait des nausées, l’abaisselangue n’ira pas au delà de la moitié antérieure de la langue et si, maigre cette précaution, la langue se montre rétive, on procédera par examens très courts, mais répétés.

Pour voir le fond de la houciie, il faut peser avec l’abaisse-langue sur la base de cet organe, en l’attirant en avant. Le malade éprouve alors une nausée qui lui fait largement ouvrir l’arrière-bouche. Se méfier alors, pour ne pas recevoir sur sa poitrine ou ses jambes un vomissement de contenu stomacal, ou sur son visage des éclaboussures de salive syphilisée. Le médecin se tiendra prêt à faire un mouvement de côté, s’il prévoyait ces sortes d’accidents. 11 en est averti par des éructations de plus en plus fortes. On a imaginé des masques préservateurs dont l’emploi n’est pas pratique. Il suffit quelquefois de faire prononcer au malade un A en timbre sombré, qui abaisse la langue, pour bien vmr son pharynx.

IV. EXAMEN DES DIVERSES PARTIES. — Alors" en examinant méthodiquement de l’entrée vers le fond, on voit :

1° Les dents, altérées quelquefois par rhéz’édo-syphilis (cuspidées, crénelées). Divers lisérés peuvent se montrer à leur sertissure ; liséré gris bleuâtre des saturnins, liséré verdâtre des intoxications par le cuivre ou des abus d’acide borique (liséré boracique de Lemoine) ;

2° La langue peut présenter la syphilis secondaire sur

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ses bords ou tertiaire sur sa face supérieui'e (fissures,, nodosités). Des zonas s’y montrent aussi. Chez quelques névropathes ou neurasthéniques, il existe en un point précis une douleur de type variable (ulcération imaginaire) ;

30 A la face interne des joues, on cherchera la syphilis, la leucoplasie, les varices lymphatiques (du Castel, Tenneson) ;

4" La voûte palaiine est très ogivale chez les adénoïdiens. Parfois elle présente une exostose antéropostérieure {torus palatinus) qui serait un signe de dégénérescence comparable au rachitisme (Nacke). Les perforations syphilitiques ou tuberculeuses n’y sont point rares et, quand elles siègent sur les côtés, elles peuvent n’être que le mal perforant buccal signalé par le

Fournier et Hudelo. Si la voix est nasonnée, on peut constater de la brièveté palatine, la longueur antéropostérieure normale étant de 61 millimètres ;

5® Le voile du palais est pâle chez les tuberculeux. Ses paralysies ne se voient pas toujours à première vue, mais on les reconnaît facilement en demandant au sujet d’émettre un son aigu qui ne soulève que la moitié indemne. Les neurasthéniques peuvent présenter la parésie intermittente du voile (Garel) ; on y voit encore des cicatrisations vicieuses, des ankylosés staphyliennes. Chez les fumeurs, le voile du palais se montre d’une rougeur sombre et comme granité ;

6® La luette peut être bifide, procidente, porter de petits papillomes ou présenter à son extrémité des épaississements épithéliaux qui font croire à la syphilis secondaire (pseudo-plaque muqueuse).

7® Les pÛiers du voile sont plus ou moins maigres selon l’état de la santé générale. Ils sont un siège de prédilection pour la syphilis secondaire et présentent quelquefois des perforations congénitales (Tœplitz). Raoult (de Nancy) et Finck ont fait connaître un cas rare de perforation congénitale, l’une médiane, triangulaire, sur le ra-

E hé, les deuxautres fissuraires, sur les piliers postérieurs, a déglutition et la phonation n’étaient que peu gênées (1).

(1) Communication à la Soc. fr. de laryngologie [Archives inter, de /arÿWflr., juillet-août 1898, p. 393).

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