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EXAMEN DE L’OREILLE EXTERNE

C’est sur le conduit auditif que doivent porter les premières investigations. Un examen sommaire est possible, en tirant en haut et en arrière le pavillon de l’oreille pour redresser le conduit et en regardant directement avec la lumière du jour.

Examen au spéculum. — La plupart des auristes pratiquent l’exploration à l’aide du réflecteur frontal et avec le spéculum de Toynbee plus ou moins modifié (fi^. 187). C’est un auriste français, Deleau, qui eut le premier l’idée d’utiliser un spéculum conique. On le tait en caoutchouc durci, mais il faut le préférer en métal,

four la plus facile désinfection. Le spéculum en argent a avantage d’éclairer plus vivement le fond du conduit, quand on y fait pénétrer un faisceau lumineux émanant d’une lampe à gaz ou d’une lampe électrique. On s’éclaire parfaitement avec la lumière solaire lorsqu’elle se présente. Il est, en ce cas, nécessaire de recourir à un miroir réflecteur plan. Mais l’important est de bien diriger le faisceau lumineux dans l’axe du conduit. « Un praticien exercé, a écrit Schwartze, n’a besoin que d’un minimum de lumière. » Le spéculum cylindro-conique doit réaliser plusieurs conditions pour servir utilement à l’examen; il doit être long de 4 à 5 centimètres, et présenter une coupe aplatie d’avant en arrière, au niveau de son bec. C’est dire qu’il doit être plutôt ovalo-conique. Cette forme se heurte moins aux diverses saillies, en s’enfon- CisiEi. — Mal. du Larynx. 2- éd. 33.

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çant dans le conduit. Il faut encore, détail important que la bordure du bec de l’instrument soit légèremeat inclinée vers son axe; à cette condition, le spécnka n’érafle pas la peau du conduit et a plus de chances d» glisser entre les couches de cérumen qui se sont déposées sur les parois du conduit et qu’il refoulerait devant lui, faute d’avoir sa petite circonférence renversée en dedans. Nos collègues anglais emploientactuellementdesspéculums à pavillon très large, O ce qui permet de les tenir pins j

aisément entre le pouce et llndex. La forme de l’oreille externe variant beaucoup suivant les personnes, il est utile de posséder divers modèles de spéculums : larges et étroits, ovalaires et cylindriques, courts et longs.

L’instrument doit être maintenu dans le conduit avec le pouce et l’index gauches qui s’appliquent sur sabaseévasée.

Le médius et l’annulaire de la même main peuvent en même Fig. 187. — Spéculum temps saisir le pavillon de l’ode Toynbee. reille et le tirer en haut et en ar¬

rière, pour redresser le conduit.

La main droite embrasse alors légèrement la nuque du malade, ou s’appuie sur sa tempe pour donner à la tête cette attitude inclinée en avant et vers le côté opposé qui facilite au regard la vue de la membrane tympanique, ou encore pour lui donner les diverses inclinaisons requises, afin que les différentes parties de la membrane soient successivement explorées.

Quelques auristes interposent une lentille biconvexe, tenue de la main droite, entre leur œil et le spéculum, pour agrandir l’image. Pour annihiler la teinte jaune rouge que la lumière artificielle donne à la membrane tympanique, on peut avoir recours à des lunettes lé^iïment bleutées. On construit des réflecteurs à manche et

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des réflecteurs à bandeau. Ceux-ci, portés par la tête et laissant libres les deux mains, sont g-énéralement péférés. Urbantscbitsch a justement fait remarquer que les hypermétropes ne peuvent voir nettement avec le réflecteur à distance focale fixe sans y adapter une lentille biconvexe. Il sera plus simple qu’ils portent des lanettes appropriées.

II existe un modèle de réflecteur frontal supporté par un arc métallique antéro-postérieur à ressort (fig. 15, p. 51) ; il serre moins la tête que le ruban horizontalement placé.

L’examen de l’oreille externe peut se faire aussi avec le spéculum de Brunton (fig-. 188). Il est moins pratique

que celui de Toynbee, mais, comme il renferme une lentille grossissante, il amplifie l’image de la membrane et sert utilement au diagnostic; il ne permet pas l’introduction d’instruments (stylets ou pinces) dans le conduit, pendant que le regard exploi'e. Ainsi s’explique la préférence accordée au spéculum de Toynbee par l’ensemble des auristes. Pour utiliser le Brunton sans faire mal au malade, il faut d’abord l’introduire suivant une direction oblique en haut et en avant, tout en guettant sur le visage du patient le moindre indice de douleur. Dans

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un deuxième temps, on éclaire l’instrument en toiirEant son entonnoir vers le foyer lumineux utilisé (lampes diverses). Dans un troisième et dernier temps, on applique l’œil sur l’oculaire pour l'examen Au mojen d’une vis de rappel, cet oculaire peut avancer ou reculer pour s’adapter aux différentes visions. E. Menière a fait disposer sur le bec une fente longitudinale qui permet d’introduire divers instruments manœuvrant sous le contrôle de la vue. Je mentionnerai enfin Vauriscope de démolis tration deHinton et Vauriscope spécial de Siegle pour voir soi-même sa propre membrane.

En introduisant le spéculum, il faut avoir présentes à l’esprit la pi'ofondeur du conduit auditif et ses diverses inflexions. En moyenne, d’après leP'' Tillaux, la profondeur de l’oreille externe est de 2 centimètres et demi (23 millimètres). Deux reliefs seulement sont importants à connaître, afin de les éviter. Le premier, situé à l’entrée et en arrière, formé parlamoitié postérieure de la conque, peut assez aisément être refoulé, en appuyant dessus avec le spéculum ; le deuxième, plus profondémentplacé et sur la paroi antérieure du conduit, porte le nom de bourrelet. Tant que le bec du spéculum ne l’a pas contourné, le regard n’embrasse pas l’ensemble de la membrane tym panique. L’axe horizontal du conduit dessine en somme un Z.

Une autre difficulté pour l’examen peut tenir à ce que les parois du conduit externe sont faiblement fixées au squelette, de sorte que le spéculum deToynbee, en pénétrant, les accole l’une contre l’autre au lieu de les écarter. En ce cas on aura recours à un spéculum nasi de Duplay dont lesbranches sont minces et effilées. Fabrice de Hilden examinait toujours le conduit auditif au moyen d’un petit dilatateur à deux branches. Les personnes â^ées qui ont perdu la souplesse de la colonne cervicale se prêtent plus difficilement aux attitudes voulues pour un examen facile.'

Il est bon de chauffer un peu le spéculum avant de l’introduire. Le contact du métal froid est très désagréable pour quelques malades.

L’introduction du spéculum doit être prudente chez l’enfant, dont le conduit auditif est relativement court

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