EXAMEN DE L OREILLE EXTERNE
(S. Dnplaj). Ne pas oublier que la membrane est inclinée en bas et en dehors, de manière à faire avec la paroi supérieure du conduit auditif externe un angle d environ 140o. C’est donc surtout en haut qu’on est exposé à la blesser.
Quelques autres instruments sont utiles pour l’exploration du conduit. On les aura sous la main, baignant dans une solution antiseptique (oxycyanure d’hydrargyre à 1 : 2000.)
Ce sont :
Une petite poire à injection,
Une pince coudée.
Un cure-oreille coudé.
Un porte-ouate coudé à pas de vis,
Un stylet coudé.
L’introduction du stylet coudé est douloureuse. Elle sera donc faite délicatement, le malade ayant la tête bien appuyée.
Membrane du tympan. — Quand leToynbee est mis en place et le faisceau lumineux envoyé dans son axe, on aperçoit la membrane du tympan (fig. 189 et 190).
Elle se montre, à l’état normal, nacrée ou gris perle (Rau), translucide, mais non transparente. Le détail le plus apparent, celui que les débutants doivent chercher à reconnaître dès l’abord, est le relief du manche du marteau. Il occupe la moitié supérieure de la membrane, et descend obliquement en arrière et en dedans. Son extrémité supérieure porte une petite saillie blanchâtre, comparable à une petite pustule [apophyse externe, courte apophyse du marteau), tandis que son extrémité inférieure s’élargit et s’aplatit pour lui donner la forme de spatide. Autour de la spatule se voit la tache jaune que Politzerexplique par un dépôt de cellules cartilagineuses. Le centre cfe la membrane porte le nom d’ombilic (umbo). Le sommet du triangle lumineux décrit par Wilde, et dû à la forme en entonnoir de la membrane, se place au niveau de l’ombilic, tandis que sa base s’approche plus ou moins de la périphérie ou cercle tympanal. La forme du triangle lumineux varie considérablement suivant les sujets, à ce point qu’on n’est pas autorisé à lui attribuer une sig'nification précise. On peut dire pourtant, en thèse
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g’énérale, que plus il est étroit et plus la membrane déprimée vers la caisse.
Fig. 189. — Membrane du tympan et osselets (Schéma).
1. Ligament tympano-malléolaire antérieur; — 2, courte apophyse; — 3, pli supérieur; — 4, artère du manche du marteau ;— S, ligament tympaaomalléolaire postérieur ; — 6, rameau de l’arbre auriculaire profond ; — 7, poche antérieure de ïrdltsch ; — 8, poche postérieure de Trôltsch ; — 9, branche inférieure de l’enclume ; — iO. étrier ; — H, tendon du muscle de l’étrier;
— 12, corde du tympan ; — 18, anastomose de l’artère du manche du marteau avec le cercle vasculaire périphérique ; — 14, fenêtre ronde; —13, golfe de la veine jugulaire ; — 16, triangle lumineux ; — 17, cellules tympaniques ;
— 18, pli postérieur; — 19, ombilic; — 20, ligament postérieur de l’enclume ; — 21, ligament supérieur de l’enclume ; — 22, ligament supérieur du marteau ; — 23, pli externe de l’enclume (ligne d’origine) ; —24, pli externe du marteau ; — 23, ligament externe du marteau ; — 26, ligament antérieur du marteau ; — 27, cercle vasculaire périphérique ; — 28, toit de la caisse;
— 29, aditus ad antrum .
De l’apophyse externe ou courte apophyse du manche partent, en haut de la membrane, deux replis, Tuapit
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antérieur, l’autre pli postérieur, qui circonscrivent, avec la circonférence de la membrane, un petit triangle, curviligne {membrane de Shrapnell, membrana fiaccida). Dans cette partie de la membrane, la couche movenne conjonctive fait défaut, d’où sa flaccidité. Tout le reste de la membrane constitue la membrane tendue (membrana tensa). C’est au niveau de la membrane de Shrapnell que se montrent les perforations ^
dans les suppurations e
de l’attique (1). A tra- \ J /
vers des membranes particulièrement translucides, on peut aper- $ cevoir en haut une ligne grisâtre arcifor- j
me, la corde du tym- ' pan; en arrière du h —
manche, la longue branche descendante de l’enclume, parfois
même l’étrier. La mem- ,, ,
brane est inclinée à “ Membrane
140“ sur l’axe du con- ympan.
duit (de Troltsch). Elle rpoAyse?
forme avec la paroi in- membrane de Shrapaell ; — d, pli antéfi^rîpiirp flp rPlnî-m 1p rieur; — e, pli postérieur; triangle
leiicuxo ut? ütjiui L/i it? lumineux; — enclume ; — promon^
sinus hypo-tympani- toire.
eus où les corps étrangers peuvent se dérober à la vue. Pour la facilité des descriptions, on est convenu de diviser la membrane tympanique en quatre quarts de cercle séparés par une ligne horizontale et une ligne verticale : quarts antérosupérieur, antéro-inférieur, postéro-supérieur, postéroinférieur.
Chez l’enfant, la membrane est plus inclinée et moins translucide que chez l’adulte. Chez le vieillard, elle est grise et sans éclat.
(1) Raoult, Des perforations de h lell {Thèse de Paris, 1893).
imbrane de Shrap-
MALADIES DES OREILLES
La membrane tympanique offre certaines particularités sémiologiques, qu’il y a lieu de signaler déjà.
1° Son enfoncement. — L’enfoncement vers la paroi
f»rofonde du tympan est plus ou moins marqué, selon es adhérences ou le degré de rétraction du muscle tenseur de la membrane (1). Cette enfonçure est surtout indiquée par la position qu’a prise le manche du marteau. Plus son extrémité inférieure ou spatule se porte en haut et en arrière, plus la membrane serapprochedelaparoi profonde de la caisse. Dans le degré maximum de cette rétraction, on voit le manche du marteau, presque horizontalement placé, se présenter en raccourci, tandis que son apophyse externe proémine comme si elle avait traversé la membrane. Il arrive encore que la zone périphérique de la membrane résiste à l’enfonçure ; une Drisure circulaire, sur laquelle Politzer a appelé l’attention, se produit en ce cas.
2° Ses altérations. — Celle qu’on constate le plus souvent est la transformation scléreuse qui se reconnaît à son opacité et à sa coloration d’un blanc grisâtre. Elle coïncide habituellement avec la rétraction en dedans et en arrière du manche du marteau. Plus rarement s’observent les altérations graisseuse ou calcaire, qui se révèlent par une tache jaune ou blanche, en forme de croissant dont la concavité regarde le centre de la membrane, ou par un semis rappelant les cultures bactériologiques sur l’agar-agar. Ces diverses transformations n’indiquent pas forcément l’invalidité de l’oreille. Elles peuvent se concilier avec une ouïe relativement bonne, si la caisse et le labyrinthe sont à peu près intacts. D’après Politzer, sur 100 personnes entendant normalement, 25 seulement auraient une membrane tympanique de type normal.
3“ Sa coloration. — Normalement la membrane est de couleur gris perle, mais elle devient d’un vert bouteille quand un épanchement séreux s’est accumulé au-dessous d’elle, ou d’un jaune pâle, si du pus s’y est
(1) Me conformant au langage usuel en otologie, je désignerai sous le simple nom de membrane la membrane du tympan.