II. MALFORMATIONS DU CONDUIT AUDITIF EXTERNE
Le conduit auditif varie notablement chez les divers individus, d’où les difficultés de l’examen.
10 Dilatation du conduit. — Soit de naissance, soit parce qu’une tumeur extirpée l’aura dilaté, le conduit externe peut présenter des dimensions à ce point agrandies que, dans un cas observé par Itard, le doigt auriculaire parvenait à toucher la membrane. L’emploi habituel d’un tampon de ouate est indiqué chez ces individus. Politzer a communiqué un cas où la fosse jugulaireétait très dilatée, avec large déhiscence entre la paroi postérieure et le canal de Fallope. Le nerf facial était libre sur toute la longueur de la déhiscence, seulement recouvert par la paroi veineuse du bulbe.
2“ Rétrécissements. — Trôltsch et Triquetont vu des sténoses congénitales presque complètes, gênant notablement la perception des sons par la voie aérienne; mais ordinairement le rétrécissement est d’origine pathologique (eczémas chroniques, ecchondroses, exostoses). Les parois venant l’une vers l’autre, le conduit affecte la forme d’un canal prismatique et triangulaire.
On en pratique la dilatation avec des tiges métalliques ou laminaires, mais, pour les cas extrêmes, l’usage de la gouge et du maillet s’impose.
Une autre catégorie de rétrécissements affecte la forme d’une fente verticale. Elle peut être innée, mais le plus souvent elle est le résultat de la vieillesse. Trôltsch l’attribue à un relâchement des tissus fibreux qui retiennent la partie postéro-supérieure du conduit membraneux. Cette modification favorise la formation de bouchons cérumineux ; aussi conseille- t-on en pareil cas de porter un petit tube métallique qui tient écartées les parois du conduit. La paroi antérieure, refoulée par le condyle du maxillaire inférieur, vient parfois faire une voussure qui rend impossible l’inspection de la moitié antérieure de la membrane.
11 y a des cas de conduits auditifs doubles, d’un même côté (G. Alexander).
MALFORMATIONS DE l’oREILLE
3® Oblitérations. — L’imperforation du conduit auditif est congénitale ou acquise patholog-iquement.
L’oblitération congénitale peut être constituée par un simple diaphragme tégumentaire qui remplit le méat auditif, ou siège plus profondément dans le conduit. Si, malgré cette difformité, le pavillon a son développement normal, on est autorisé à penser que cet obstacle membraneux constitue toute la malformation. Moos a observé BD sujet qui avait une oblitération osseuse des deux conduits et entendait cependant la parole à une distance de plusieurs mètres. Lorsqu’au contraire le pavillon est atypique, les probabilités sont en faveur d’un vice de développement qui atteint les oreilles moyenne et interne. Hartmann cite un cas où, après avoir décollé un pavillon rabougri, il trouva, à la place du conduit, l’articulation temporo-maxillaire.
L’examen de l’audition renseigne sur l’espèce des cas. L’ouïe est-elle bonne, quoique imparfaite, on admettra que le trouble évolutif a respecté les parties profondes ae l’appareil. Un malade d’Allen Thomson, qui présentait une membrane oblitérante, semblait surtout entendre par le haut de la tête. Il la baissait devant son interlocuteur. Bonnafont a proposé, pour établir le diagnostic, d’enfoncer une fine aiguille à travers la membrane oblitérante ; si, quand elle a pénétré dans la profondeur, le sujet accuse une vive douleur, on en peut conclure que la membrane tympanique existe, cette sensation indiquant qu’elle a été piquée. Line opération n’est indiquée que dans cette dernière hypothèse; encore Duplay conseille-t-il d’attendre que l’enfant ait l’âge de raison pour que le diagnostic puisse être mieux établi. Contre ces membranes oblitérantes, on a employé les caustiques (Boyer, Itard), notamment les caustiques chimiques (nitrate d’argent fondu sur un stylet, potasse), mais ils exposent à la récidive par cicatrisation vicieuse. Il est
flus simple de recourir à l’incision cruciale, suivie de excision des quatre lambeaux. Au-dessous de l’opercule membraneux, on a trouvé un amas gélatineux qu’il importe d’extraire (Rau).
L’oblitération acquise succède à des brûlures, à l’introduction de corps étrangers. Le procédé chirurgical à Gastex. — Mal. du larynx, 2e édit. 33.
lui opposer est le même que pour l’oblitération congénitale.
Dansbun etl’autre cas (congénital ou acquis), l’examen avec le diapason doit établir l’état des oreilles moj'^enne et interne.
Une variété spéciale de malformation du conduit auditif externe consiste dans l’absence de plusieurs de ces parois. Les cellules mastoïdiennes peuvent ainsi, s’ouvrir à l’extérieur. Alderton a montré une pièce de ce genre àlà Société otologique deNew-York(janvierl899).
Gruber a vu le bulbe de la veine jugulaire pénétrant dans le conduit auditif externe.