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MALADIES DE L’OREILLE EXTERNE I. BOUCHONS DE CÉRUMEN

Les parois du conduit auditif sont recouvertes à l’état normal d’une mince couche de cérumen ; des soins de propreté suffisent à l’en débarrasser. Mais lorsque ces soins ne sont pas pris et qu’il y a hypersécrétion sous des influences diverses, le cérumen s’accumule prog-ressivement et finit par former, avec les débris épidermiques du conduit, un véritable corps étranger qui l’obstrue.

Étiologie. — Le bouchon de cérumen se rencontre le plus souvent chez les adultes ; il complique parfois d’autres affections de l’oreille, et survient particulièrement à la suite d’inflammations diverses. On l’observe aussi bien chez les gens attentifs aux soins de propreté que chez ceux qui vivent dans la poussière et la saleté.

L’accumulation du cérumen est due soit à une augmentation de la sécrétion, soit à une disposition du conduit empêchant son élimination. C’est ce qui arrive chez les personnes dont le conduit est rétréci en son milieu, en forme de sablier, de sorte que le cure-oreille ne peut agir profondément.

Certains sujets eczémateux, herpétiques, à sécrétions exagérées, ont également une hypersécrétion de cérumen. On a remarqué également que les diverses altérations chroniques de l’oreille étaient souvent accompagnées de ces dépôts, sans doute parce que les malades, sachant leur oreille perdue, ne s’inquiètent plus de son hygiène.

Anatomie pathologique. — Les bouchons de cérumen peuvent contenir, en proportions variées, les divers éléments qui entrent dans leur composition. Ils sont formés du produit des glandes cérumineuses uni à celui des glandes sébacées, à des débris épidermiques, à des poils. Suivant la prédominance de tel ou tel de ces éléments, le bouchon est très mou, si ce sont les substances grasses qui dominent ; si ce sont les parties solides, il offre une très grande dureté. Dans le premier cas, sa surface apparaît terne, jaunâtre, inégale ; elle est au

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contraire brillante, lisse, de couleur noirâtre, lorsqr, le bouchon est d’une consistance dure. Des amas de cel-

sqiie ; celment

Iules épidermiques peuvent, constituer exclusivement certains bouchons, qui sont blanchâtres et durs. Ce sont •les bouchons épidermiques. On trouve souvent, mélang-és à la masse, de petits corps étrangers venus de l’extérieur. Quelques accumulations de cérumen sortent enveloppées d’une espèce de poche formée par des couches épidermiques détachées de la peau du conduit auditif : bouchons enkystés (Grossard).

Les bouchons de cérumen ne séjournent pas dans le conduit sans y produire des lésions anatomiques pouvant même se propager au tympan et à la caisse. Après leur ablation, on voit souvent le conduit auditif rouge, parfois excorié ; le tympan est vasculaire, épaissi. Il peut y avoir perforation du tympan et infection de la caisse. Dans d’autres cas, le bouchon est cause d’un processus atrophique; le conduit auditif se dilate. ïoynhee a rapporté des cas de dilatation considérable du conduit par résorption de ses parois ; sur une de ses pièces, une masse de cérumen était couchée au milieu des cellules mastoïdiennes, après avoir passé à travers une perforation de la paroi postérieure du conduit.

Symptômes. — La surdité est le symptôme principal pour lequel les malades viennent demander avis.

Cette surdité a des caractères souvent

très spéciaux, qui peuvent mettre d’emblée sur la voie du diagnostic.

Le début est brusque et subit ; le ma-

Fig. 208^ Poire en [^de, devenu sourd tout d’un coup,

Câ-OUtCilOllC pOU.1* lô • é • 1 » * 1

nettoyage du con- une lésion grave de lo-

duitauditif(p.637)\ je“le. Cette marche rapide, presque \ instantanée, doit au contraire rassurer. La surdité est survenue Hans des circonstances variables, tantôt à la suite d’un nettoyage de l’oreille ou après un bain, tantôt c’est au cours d’un mouvement, d’un saut par exemple. Ce brusque début, étrange en apparence, puisque le bouchon se forme peu à peu, s’explique aisé-

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«ent. L’ooïe a persisté tant que l’obstruction du conduit ■'est pas complète et il suffit d’un très petit pertuis pour le passage des ondes sonores. Mais, à un moment donné, sous l’influence du gonflement du cérumen par l’eau ou de son déplacement pendant une secousse, l’obstruction du conduit s’est achevée, et par suite a disparu la lumière qui permettait encore la transmission aérienne des sons. A l’aide du diapason, on pourra s’assurer de l’intéffrité de la perception osseuse et de l’oreille interne. Mais fl n’en est pas toujours ainsi ; l’ouïe peut s’affaiblir progressivement, sa diminution indiquant les progrès lents de l’accumulation cérumineuse.

Le malade peut encore se plaindre de bourdonnef ments qui ont un timbre grave, et ressemblent au bruit I des coquillages. Quelquefois il éprouve du vertige ; j c’est que le céiumen a été refoulé contre le tympan ;

I rarement il ressent une douleur véritable. Des vomissements, des lypothymies peuvent survenir, donner le change et faire croire à une affection cérébrale.

Diagnostic. — Il est facile, en général, par l’examen de l’oreille à l’aide du spéculum qui montre une masse noirâtre ou jaunâtre ; un stylet mousse renseignera sur la consistance, l’adhérence du bouchon.

Quelquefois le conduit est fermé par une lamelle épidermique grisâtre ; le stylet la déplace facilement et montre que le conduit est libre derrière elle.

On ne devi'a pas oublier que les bouchons volumineux et durs peuvent comprimer le tympan et provoquer un ensemble symptomatique pouvant simuler une affection cérébrale : il suffit d’examiner l’oreille pour éviter semblable erreur.

Pronostic. — La guérison est la règle, cependant il ne faut pas se hâter de porter un pronostic favorable et promettre au malade la guérison complète. Avant de s’engager, il faudra s’assurer s’il n’existe aucune maladie soit antérieure, soit concomitante, ainsi qu’il arrive dans le tiers des cas environ (Trôltsch).

En général, pour éviter des déconvenues, on se montrera réservé dans le pronostic, réserve motivée par l’examen des statistiques : Toynbee, sur 163 cas, n’a obtenu la guérison radicale que soixante fois.

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Traitement. — Pour enlever les bouchons de cérumen, l'injection d’eau bouillie chaude est le bon moyen: on doit proscrire Tusage des instruments. Avec le contenu de quelques seringues, on aura raison d’un bouchon mou et peu adhérent. Il faut employer une canule à bout

Fig. 209. — Cuvettes triangulaires émaillées pour recevoir l’injection qui sort du conduit auditif.

olivaire et diriger le jet de liquide entre la paroi du conduit et le bouchon pour que ce dernier, pris à tergo, soit expulsé au dehors. On peut placer sous le pavillon, contre le cou, une cuvette réniformeou triangulaire (fig. 209) ou mettre sur la tête du sujet la gouttière auriculaire (fig. 210).

S’il résiste, il ne faut pas seringuer plus fort; on s’exposerait à blesser le conduit, à refouler le bouchon con-

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