‹ Maladies du larynx, du nez et des oreillesChapitre 175 sur 229 · V. — SUPPURATIONS DE L’ATTIQUE · texte numérisé non relu

V. — SUPPURATIONS DE L’ATTIQUE

L’attique, ainsi dénommé par Sexton, est cette partie haute de l’oreille moyenne qui est limitée sur la membrane tympanique par la portion supérieure, dite membrane de Shrapnell. La marche particulière des

suppurations de e’attioue

suppurations dans cette petite rég-ion et les méthodes chirurgicales qui leur sont appliquées, rendent nécessaire une étude distincte.

Résumé anatomique. — La caisse ou oreille moyenne se partage en deux parties : l’une inférieure, limitée à l’extérieur par la membrane tympanique proprement dite (membrana tensa), porte le nom à' atrium ; l’autre, située au-dessus, est limitée par la membrane de Shrapnell {membrana flaccida) qui doit cette flaccidité à l’absence de couche moyenne conjonctive dans son épaisseur ; c’est l’attique, encore désigné sous les noms de coupole, recessus épitympanicus, sus-cavité. Un orifice qui mesure environ 1 millimètre carré (Cbatellier) met en communication l’attique et l’atrium.

N’envisageons ici que l’attique. Il se partage en deux parties distinctes :

1° Une partie interne, la plus profondément placée; c’est elle qui communique en bas avec l'atrium, en avant avec la trompe d’Eustache, et en arrière avec l’antre mastoïdien au moyen d’un orifice (aditus ad antrum) de forme triangulaire, à sommet inférieur et mesurant environ 6 millimètres de hauteur ,

2“ Une partie externe, superficielle, où des replis muqueux incomplets forment des cavités mal closes et superposées dans l’ordre suivant, en allant de haut en bas : cavités de Trôltsch, au nombre de deux, l’une en dehors, l’autre en dedans ; cavité de Kretschmann et cavité de Prussak. Ainsi l’attique est circonscrite parla membrane de Shrapnell, le mur de la logette ou mar-

felle qui le surmonte, le tegmen tympani et le tendon U muscle tenseur du tympan (fig. 237).

Pathologie. — La suppuration de l’attique figure dans le nombre des otorrhées pour une proportion de 3 p. 100.

Elle est surtout fréquente dans l’enfance où on la voit succéder aux diverses infections naso-pharyngiennes, aux végétations adénoïdes.

Cliniquement, elle se présente sous deux formes : aiguë et chronique.

La forme aiguë s’annonce par des douleurs intenses, accompagnées de vertiges. On dirait d’une méningite ;

SUPPURATIONS DE l'aTTIOUE

Au cours de ces crises, se montrent des céphalalg’ies, des vertiges, de la fatigue intellecluelle et physique.

Pour pratiquer un examen, il est indispensable de débarrasser le conduit des débris épidermiques qui Tencombrent. Après cocaïnisation, un stylet coudé reconnaît la carie des parois ou des osselets. Èlle occupe de préférence l’enclume (Ludewig) (1). Ces points de carie entraînent presque fatalement un écoulement fétide et une pullulation de polypes, parfois le développement d’un cholestéatome.

Au nombre des complications qui sont le plus à redouter en cas d’atticite,je mentionnerai les mastoïdites, car presque toujours l’infection de l’antre mastoïdien coïncide avec celle de l’attique, les caries du rocher, la phlébite des sinus, enfin les abcès cérébi'aux dans le lobe temporal.

Traitement. — J’indique la série des moyens à utiliser, en commençant par les plus simples.

Si la perforation est assez large, on peut d’abord pratiquer des injections dans \e. recessus epitympanicus, au moyen de la petite canule intratympanique coudée d’Hartmann.

Fig. 238. — Protecteur de Stacke.

Delstancbe a présenté à la cinquième réunion annuelle des otolaryngologistesbelges, en 1894, un petit appareil à injection de l’attique qui fournit une série de jets saccadés, très favorables à l’évacuation de cette petite cavité.

L’injection la plus recommandable est la solution de

(1) Ludewig, De la carie de l’enclume et de son extraction {Archiv fur Ohrenh., Bd. XXDC und XXX).

Maladies des odeilles

sublimé à 1 p. 2000. Ces lavages peuvent être faits per tubam, s’il y a indication particulière. On détruira les

granulations avec le galvanocautère et on instillera dans l’oreille, tous les matins ettousles soirs, cinq ou six gouttes de glycérine phéniquée à 1 p. 10.

L’évacuation est-elle insuffisante ? On pratique la paracentèse derrière le manche du marteau, à partir de la perforation et en descendant.

Gomperz insiste sur les bons résultats de la méthode conservatrice ; on obtient environ 50 p. 100 de guérisons.

Si pourtant la suppuration est intarissable, on procède à l’ablation du marteau et de l’enclume, suivantlesprocédésdeSchwartze

Fig. 239.— Pince pour abattre le mur de ou de Kessel.

la logette (E. Gellé). En dernier

ressort, on recourt à l’opération de Stacke. Elle consiste à dkacher le pavillon par une incision qui le circonscrit en haut et

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en arrière et se prolonge sur la moitié postérieure du conduit auditif membraneux. On approche ainsi de la membrane tympanique. Avec un petit bistouri spécial (tympanotome), on dessine une incision en U, autour du manche du marteau. Puis, y insinuant une petite anse froide, on entraîne l’osselet par un mouvement de traction en bas et en dehors, on abat le mur de la lo- »ette avec une petite gouge, après avoir placé au delà le protecteur de Stacke (fig. 238), qui prévient les échappées dangereuses.

On peut encore recourir, pour cet abatage, à la pince spéciale qu’a fait construire Gellé (fig. 239).

Le mur tombé, on est dans l’attique, d’où il est possible d’extraire l’enclume et où l’on peutcuretter les parois. Inévitablement on lèse la corde du tympan. C’est sans gravité.

On peut rendre l’opération plus complète en ouvrant, après l’attique, l’antre mastoïdien et l’aditus qui les fait communiquer.

Sur une première série de 33 cas, Stacke avait obtenu 19 guérisons.

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