III. — OBSTRUCTIONS, RÉTRÉCISSEMENTS OBLITÉRATIONS
1° Obstructions du conduit tubaire. — Etiologie. — Elles sont produites le plus souvent par des sécrétions condensées que l’air ne parvient pas à déplacer. Les bouchons muqueux, sécrétés par les glandes mucipares du pavillon, ont été vus par Dauscher, Lœwenberg. Ces mucosités agglutinent aussi les parois à ce point que la lumière de la trompe ne peut s’ouvrir sous l’action des muscles. Cet états’observe chez les enfants, comme d’ailleurs les diverses affections des trompes (Bezold).
. Traitement. — C’est avec la poire de Politzer qu’on vient à bout de ces obstructions. Une forte pression est douloureuse et inutile. Hartmann a pu constater qu’une pression de 70 millimètres de mercure suffisait pour forcer l’obstacle. En cas d'insuccès, on met en place la sonde d’Itard, et, au lieu de refouler l’air, on l’aspire au moyen de la poire préalablement vidée.
2'^ Rétrécissements TyBAiRES. — Ils sont intrinséquesou
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extrinsèques, selon que son calibre est diminué par une lésion intérieure ou par une affection de voisinage. La première est réalisée par des cicatrices survenant après des cathétérismes malheureux ou par l’épaississement des parois dans les salpingites chroniques. Les rétrécissements valvulaires décrits par Bonnafont ne sont pas démontrés. Comme altérations de voisinag'e, mentionnons les tumeurs adénoïdes et l’hypertrophie de l’extrémité postérieure des cornets inférieurs (queues de cornet) qui, dans quelques cas rares, couvrent le pavillon tubaire ou l’aplatissent dans le sens antéro-postérieur.
Dieffenbach a signalé, sous le nom de collapsus de l’orifice tubaire, un état du pavillon que l’on rencontre dans les paralysies et les divisions du voile ne fonctionnant pas régulièrement; les trompes ne s’ouvrent pas et l’insufflation avec la poire de Politzer ne parvient pas à écarter les lèvres du pavillon.
Par contre Bônninghaus a signalé des gonflements transitoires des bourrelets tubaires comme s’ils étaient constitués par du tissu caverneux (1).
Le rétrécissement tubaire a pour symptômes principaux les changements survenus dans la membrane tympanique et le retour de l’audition sous l’action de la doucne d’air. La membrane s’enfonce vers la paroi profonde de la caisse, parce que l’air raréfié dans celle-ci ne permet plus à la membrane de résister à la pression atmosphérique qui agit sur sa surface extérieure ; le manche du marteau est refoulé en haut et en ari'ière, son apophyse externe forme une saillie blanche, très visible dans le quart antéro-supérieur de la membrane. En avant et en arrière de cette petite saillie, se détachent les plis antérieur et postérieur. Le triangle lumineux est ti'ès aminci, parfois même il a disparu. Un peu au-dessous du centre de la membrane, une tache grisâtre s’accuse : c’est la saillie du promontoire sur laquelle la membrane est appliquée. Après que l’insufflation a rempli d’air la caisse, la membrane du tympan se montre boursouflée par places ou plissée par l’extension que lui a fait subir son refoulement en dedans.
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(1) Monats. f. Ohrenh., mars 1897.
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Si, pendant que l’air est envoyé dans la trompe, on examine ce qui se passe du côté de la membrane, on se rend compte de la difficulté qu’éprouve l’air à arriver dans la caisse. C’est d’abord le quart postéro-supérieur de la cloison qui bombe en dehors, puis c’est la partie placée en avant du manche du marteau qui se dilate, et c’est seulement en dernier lieu que la portion sous-ombilicale se porte également en dehors. Plusieurs séances sont nécessaires pour décoller toute l’étendue de la cloison membraneuse.
La résistance qu’oppose la trompe à la ventilation indique le degré de son rétrécissement. On peut être obligé d’avoir recours à des pomjies foulantes pour forcer l’obstacle. Si la résistance est promptement vaincue, on en peut conclure que l’obstacle siégeait au pavillon. Si, au contraire, elle se prolonge, on doit penser qu’il est vers le milieu du conduit.
Le diagnostic est complété par l’introduction de boug-ies qui indiquent le degré du rétrécissement et son siège. D’après Urbantschitsch, l’insufflation peut se faire sans obstacle, et cependant la bougie exploratrice montrer un rétrécissement.
Dans ces explorations, il faut craindre de déchirer la muqueuse souvent ramollie. On prend idée du calibre du rétrécissement par celui de la bougie qui a été emplo3Ée, et de son siège par l’emploi debougies graduées. Moure (de Bordeaux) a présenté au Congrès de rhinologie (Paris, 1896) des mandrins gradués, très utiles pour le bougirage des trompes.
Ces divers rétrécissements de la trompe doivent être traités par la mise en état du rhino-phar\'nx (curettage des tumeurs adénoïdes, résection des queues de cornet) si l’obstacle est périphérique, et par le passage des bougies dilatatrices, si c’est le calibre même du conduit qui est rétréci.
Les salpingotomies n’ont pas donné de bons résultats ; la coarctation se reproduit au bout de quelque temps. En tous cas, il importe de traiter sans retard ces divers rétrécissements, sinon les troubles fonctionnels persisteront, même après qu’on aura rétabli la circulation de l’air (Duplax).
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Duel, Kenefieck prônent l’électrolyse pour rétablir la perméabilité de la trompe d’Eustache. D’après Duel, elle agirait surtout pour faire disparaître les exsudats déposés par l’inflammation. Kenefieck dit que les bougies à électrolyse doivent aller jusqu’à l’orifice tympanique do la trompe. Il emploie, comme électrode négative, un fil d’or à extrémité olivaire qui émerge d’une sonde isolante. Le courant doit varier de 1 à 5 milliampères.
3" Oblitérations COMPLÈTES de l’orifice tubaire. —Elles s’observent à la suite des lésions ulcéreuses de la région, .surtout dans le cas de syphilis, où une portion du cartilage tubaire peut être détruite. Grubert, Dennert, Hartmann ont observé des cas de ce genre. La rhinoscopie postérieure montre l’absence d’orifice tubaire et l’audition est notablemennt diminuée. Les deux trompes peuvent être oblitérées en même temps. Cette altération des trompes ne peut être guérie sur place. Inciser dans la trompe serait illusoire. Mieux vaut alors pratiquer une ouverture dans la membrane du tympan, en réséquant le manche du marteau, pour que la perforation soit permanente. On atténue de la sorte les divers troubles imputables à cette altération.