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ANOMALIES DE L’AUDITION

Parfois l’audition se produit dans des conditions anormales. Il y a intérêt à étudier ces cas.

Nous examinerons .successivement :

L’ouïe douloureuse,

L’hyperacousie,

L’autophonie,

La pai'acousie.

Les polyacousies.

1. OÜIE DOULOUREUSE, — Certaines personnes ont l’ouïe douloureuse et, dans la plupart les cas, affaiblit en Hiême temps. Ce trouble, désigné quelquefois sous le nom à’hypéresthésie otique, a été plus heureusement dénommé par Dechambre « ouïe douloureuse»-, on pourrait encore dire odynacousie. Ce peut être une douleur aiguë ou simplement une sensation de pression, de coups de marteau sur les memb)“anes tympaniques.

Chez quelques sujets le phénomène se produit seulement avec des sons majeurs ou mineurs, ou avec des bruits particuliers. Lorsqu’une scie s’enfonce dans une

g i erre, elle produit un grincement qui agace les dents.

’est un exemple révélant les connexions nerveuses; ici le contre-coup se fait sentir dans la sphère du trijumeau.

Quelquefois, ce phénomène se produit en sens inverse. Un homme qui portait une cicatrice sur la joue droite, s’est plaint tout d’abord qu’une légère irritation de cette cicatrice déterminait une sorte de grincement dans son oreille.

Quelles sont les causes connues de cette ouïe douloureuse? D’abord le nervosisme du sujet, car, ainsi quele fait remarquer Hartmann, on peut l’envisager souvent comme un phénomène cérébral, quand il s’associe à l’hyperesthésie des autres sens: odorat, vision, etc. On rencontre assez souvent cette odynacousie dans le décours des otites moyennes suppurées. Pendant quelque temps,

A^'OMALIES BE l’aUDITION

le sujet se plaint d’éprouver une douleur lorsqu’il est soumis à des bruits intenses, mais peu à peu cet inconvénient disparaît. L’emploi du chloroforme ou de l’éther peut amener ce trouble auditif. M. Gellé a communiqué, en 1897, à la Société de Biologie, l’observation d’un malade devenu éthéromane à cause de douleurs viscérales. La lecture ou la conversation déterminaient dans ses oreilles des paroxysmes douloureux ; vinrent à la suite des insomnies et des hallucinations auditives. Des méningites circonscrites figurent dans l’étiologie de l’ouïe douloureuse, de même que les fatigues de l’oreille déterminées par des bruits violents et répétés. Mais c’est surtout dans la paralysie faciale qu’on rencontre le phénomène, encore qu’il n’y soit pas très fréquent.

C’est H. Landouzy, qui, dès 1850, appelait l’attention sur V exaltation de t'ouïe, dans la paralysie faciale.

Voici comment on peut interpréter le phénomène :

La paralysie du nerf facial entraîne celle du muscle de l’étrier, qui est l’antagoniste du muscle du marteau, rien n’empêche ainsi ce dernier de tendre à l’excès la membrane tympanique. Alors la platine de l’étrier est très enfoncée dans la fenêtre ovale. Si un bruit intense se produit, la secousse sera forte sur la fenêtre et chaque fois se produira comme une commotion labyrinthique. En même temps, l’ouïe sera affaiblie, parce que la platine sera moins mobile dans la fenêtre ovale.

D’autres explications ont été données. Urbantschitsch admet que l’ouïe douloureuse serait due plutôt à la contracture du muscle de l’étrier; mais, comme l’objecte M. Gellé, cette interprétation ne répond pas à l’observation des faits, puisque l’odynacousie appartient au début et non à la période de contracture de la paralysie faciale. J’objecterai pour ma part que, s’il y avait contracture du petit muscle, la pression exagérée de l’étrier serait au contraire évitée.

Il ne faut pas confondre ce trouble avec ce que l’on désigne sous le nom à'hypéresthésie acoustique de Brenner, qui n’est pas autre chose que l’excitation du nerf par un courant fii-alvanique faible.

IL HYPERAGOUSIE — U hyperacousie est cette acuité anormale de l’ouïe que l’on rencontre chez les nerveux.

MALADIES DES OREILLES

hystériques ou neurasthéniques. Elle peut exister pour toutes les notes ou seulement pour les sons graves; pour les sons aig-us, elle peut s’expliquer par une' tension exag-érée du muscle du marteau. Chez des nerveux, l’impression sonore peut persister pendant une heure et même plus: c’est l’obsession ; il est même des cas où le dernier mot d’une phrase est entendu deux fois.

III, AUTOPHONIE — Vautophonie ou tympanophonie est la sensation d’une résonnance excessive de sa propre voix dans une ou deux oreilles. Si on ausculte l’oreille en cause avec un tube d’auscultation on peut contrôler cette résonnance intense.

Ces sujets entendent de façon désagréable l’entrée ou la sortie de l’air à travers leur nez et leur bouche; la prononciation de la lettre R leur est surtout gênante. Hartmann a consigné l’observation d’une artiste lyrique, qui était très troublée en scène parce qu’elle entendait trop sa propre voix.

C’est en général un symptôme delà dilatation tubaire. Brunner l’a observé au début d’un catarrhe tubo-tympanique, sans doute parce que le gonflement des parois empêchait leur accolement. J’ai noté le phénomène chez une jeune femme qui, avec la douche d’àir par la poire de Politzer, éprouvait un choc très douloureux dans ses oreilles moyennes. Ce trouble se voit encore à la suite des rhinites atrophiques parce que le processus de dilatation s’étend à la trompe. Quelquefois si le sujet se met dans le décubitus dorsal ou sternal, le phénomène cesse, peut-être parce qu’il se fait alors un accolement des lèvres du pavillon de la trompe.

Traitement. — Zaufal (de Prague) recommande le massage du pavillon de la trompe avec l’index porté derrière le voile du palais. Hartmann dit s’être bien trouvé de l’occlusion hermétique du conduit auditif avec de la ouate. Il y a encore la galvano-cautérisation au niveau des lèvres du pavillon tubaire; puis l’ensemble des moyens qui peuvent combattre l’émaciation du sujet.

Ces moyens thérapeutiques ne peuvent pas prétendre à un succès bien certain.

IV. PARACOUSIE DE WILLIS. — La paralysie de Willis, ou surdité paradoxale, consiste dans ce fait sin-

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