II. — LARYNGITES CHRONIQUES
Causes. — L’herpéto-axthritisme figure souvent comihe;' condition prédisposante dans lé développement, d’une' laryngite chronique ; de même le sexe masculin.
LARYNGITES CHRONIQUES
Comme causes déterminantes, nous citerons : l’extension dès pharyngites chroniques, les professions qui exposent aux variations atmosphériques (charretiers, marchands en plein vent), l’obstruction habituelle des fosses nasales qui oblige à inspirer par la bouche un air froid et chargé de poussières. L’abus de l’alcool et du tabac amène le même résultat. On en peut dire autant des professions qui obligent à vivre au milieu des poussières (employés d’usine, des grands magasins).
Anatomie pathologique. — Un certain nombre de variétés doivent être distinguées à ce point de vue.
a) Type simple. — Il se caractérise par de l’hypérémie, des varicosités sur la muqueuse, des fissures dans l’espace interaryténoïdien qui paraît fripé, ridé. Les cordes sont devenues cylindriques, de prismatiques triangulaires qu’elles étaient; leur bord libre est irrégulier, porte des bosselures. Elles sont recouvertes d’épithélium pavimenteux (chordites).
, Cet épithélium pavimenteux proliférant peut s’étendre sur les deux faces des cordes (Habermann).
b) Type hypertrophique (pachydermie laryngée de Virchow). — Toute la muqueuse est rouge et épaissie, surtout dans la région interaryténoïdienne. Les apophyses vocales sont épaissies (Rethi) et souvent on y voit une hypertrophie cupuliforme. Cette cupule est l’effet de la pression de l’apophyse opposée (Fraenkel). A titre exceptionnel, on pourra trouver des ulcérations principalement sur les apophyses vocales.
c) Type sous-glottique. — La tuméfaction s'est cir¬
conscrite au-dessous des cordes dans cette région très infiltrable. On voit dans Faire glottique deux bourrelets sous-jacents aux cordes. . .
d) Type atrophique (laryngite sèche). — L’ensemble de l’endolarynx est atrophié, la muqueuse grisâtre se couvre de croûtes difficiles à détacher. Cet état complique souvent la pharyngite sèche et Fozène nasal.
Il y a lieu de mentionner encore :
d“ Des cas de pemphigus laryngien observé par Irsai sur l’épiglotte principalement. Des lésions analogues à la vulve et aux mains assurèrent le diagnostic.
LARYNGITES
2® La laryngite œdémateuse du mal de Bright (1) qui peut apparaître primitivement dans le cours de néphrites latentes. Cette complication est d’autant plus redoutable qu’elle s’accompagne souvent d’œdème pulmonaire.
3° La laryngite diabétique qui enroue promptement le larynx en cas de phonation et se caractérise par l’aspect sec et cuivré de la muqueuse. Les hémorragies sous-muqueuses ont été signalées.
Symptômes. — La voix est voilée, surtout le matin, quand elle n’est pas encore mise en train, et le soir quand elle est fatiguée. Elle perd ses finesses pour le chant. La toux est habituelle et fait expectorer des crachats grisâtres perlés. Au laryngoscope : rougeur diffuse, i aspect chassieux des cordes, atonicité musculaire qui se révèle par un espace ellipsoïde entre les cordes, dans l’effort phonétique. Quelques-uns de ces malades sont hypocondriaques, surtout lorsque, par leur profession, ils ont lieu d’être affectés de perdre leurs moyens vocaux. I
Diagnostic. — La tuberculose et la syphilis du larynx | ont des caractères assez marqués, comme on peut voir 1 plus loin, pour n’être pas confondues avec la laryngite chronique simple. Deux écueils surtout sont à éviter. On ne dira pas : laryngite chronique lorsqu’il s’agit de catarrhe bronchique qui fait tousser le malade et affai- i blit sa voix sans que l’organe phonateur soit en cause. J’ai rencontré cette difficulté surtout chez les femmes j âgées. Se méfier aussi de la sénilité vocale sans laryngite, car lui appliquer le traitement de celle-ci serait I accélérer encore la chute de la fonction. Il faut ne pas ' méconnaître un petit polype caché dans la glotte et simulant une simple laryngite chronique.
Pronostic. — Grave, surtout pour la voix. Ces malades sont exposés aux polypes du larynx qu’il faut chercher, de parti pris, dans les recoins de leur cavité laryngienne. Botey a noté que la laryngite atrophique s’ammlorerait au cours de la giossesse, sans doute par la congestion temporaire du larynx.
(1) Améro, Œdème de la glotte comme symptôme préventif du mal de Bright. Thèse de Paris, 1893.
LARYNGITES CHRONIQUES
Traitement. — Sans oublier de traiter l’état g-énéral diathésique du sujet, on aura recours aux attouchements de la muqueuse soit avec le chlorure de zinc (1 p. 20), soit avec l’acide lactique (20 p. 20) deux fois par semaine. Les électrisations périlaryng-ées sont utiles pour rendre aux muscles phonateurs leur tonicité.
Contre les formes hypertrophiques, Tissier a proposé le curettage suivi de badigeonnages au naphtol campnré.
Comme complément à ces divers traitements, une saison à Challes, au Mont-Dore, à Cauterets sont d’une incontestable utilité.
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Castex. — Mal. du Larynx. 2e éd.