CHAPITRE V
TUBERCULOSE DU LARYNX
Cette affection est une des plus fréquentes que nous ayons à soigner dans notre spécialité, puisque les relevés de Morell-Mackenzie ont établi que sur 100 malades tuberculeux des poumons, 33j soit le tiers, présentaient une localisation au larynx. Dans un relevé que je viens de faire à une clinique, je trouve 58 p. 100 de tuberculoses laryngées sur l’ensemble des laryngopathies.
On peut distinguer une forme aiguë, parfois même miliaire d’après les constatations d’Isambert, et une forme chronique, la plus habituelle. A un point de vue différent, il y a lieu d’admettre les formes primitive, secondaire, tardive. La première, très discutée autrefois, n’est plus niable depuis que la pratique du laryngoscope nous en a montré la fréquence assez grande. La forme secondaire apparaît dans le cours d’une tuberculose pulmonaire ou autl'e. On entend par tardive celle qui intervient dans les dernières semaines de l’existence d’un phtisique et accélère sa fin.
Étiologie. — Comme conditions prédisposantes, on note : l’âge, l’affection étant surtout fréquente entre vin^t et quarante ans. Il n’est pas cependant sans exemple de la rencontrer chez l’enfant ou chez le vieillard ; d’après les statistiques inédites de Parrot, sur 219 enfants tunerculeux, 19 avaient des ulcérations laryngées. Heinze, sur 4,376 cas de tuberculose laryngée, n’aurait trouvé que 3 enfants. Dans l’enfance, elle évolue lentement; dans la vieillesse, au contraire, elle marche vite en compliquant souvent une laryngopathie antécédente.
Le sexe a quelque influence, puisque l’ensemble des statistiques montre la maladie plus fréquente chez l’homme que chez la femme, dans la proportion de 3 à 2. Les affections chroniques de l’utérus figurent assez souvent dans les conditions prédisposantes.
Parmi les causes déterminantes, il faut surtout citer :