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SYPHILIS LARY'NGÉE SECONDAIRE

frottements (bord libre de l’épig-lotte et des cordes vocales). Elles sont grisâtres, diphtéroïdes, entourées d’une coloration rouge carmin. L’aspect rugueux de ces ulcérations secondaires les a fait comparer à ces petites croûtes que laissent les macarons sur le papier qui les attache. Dans la moitié des cas (relevés de Mendel), il s’agit de cordite spécifique, c’est-à-dire que les cordes présentent, dans une certaine étendue de leur bord libre, une ulcération allongée d’avant en arrière, symétriquement creusée sur les deux cordes qui sont d’ailleurs colorées en rouge sombre, ou seulement tachetées de rouge, comme je l’ai observé sur une malade (fig. 44).

3® Plus rarement, on voit, un peu partout, mais principalement sur les cordes, des papules érosives très analogues à celles de la peau.

4° Des infiltrations œdémateuses sont signalées chez les malades, qui augmentent encore l’irritation de leur larynx en fumant ou en parlant beaucoup. C’est souvent Fig. 44. — Plaques muqueuà la face inférieure des cor- ses des cordes vocales, des, dans la région sous-glot- *

tique, que ces oedèmes sont observés (Krishaber et Mauriac). Ce peuvent être des oedèmes aigus asphyxiants.

5® On trouvera parfois la paralysie d’une corde en adduction. Il s’agit en ce cas d’une compression sur le nerf récurrent par quelque ganglion tuméfié. Mauriac nous a fait connaître en effet l’adénopathie trachéo-bronchique de la période secondaire de la syphilis (1). Dans un cas cependant, Robinson a vu qu’il s’agissait d’une périchondrite du cartilage cricoïde paralysant le muscle crico-aryténoïdien postérieur dont l’action est d’écarter la corde vocale de la ligne médiane (2).

(1) Boyer (Jean), Etude sur quelques cas d’adénopathie trachéo-bronchique dans la syphilis (Thèse de Paris, 1897).

(2) Robinson, Société laryngologique de Londres, 11 mai

6“ On peut enfin considérer comme altérations de transition, intermédiaires aux deuxième et troisième périodes, dans les formes sévères de l’infection, l’hyperplasie g-énérale de la muqueuse {syphilôme laryngien) qui ne cédera pas au traitement.

Diagnostic. — Le diagnostic doit être fait avec les ulcérations lenticulaires aphteuses, avec celles de l’herpès, précédées d’éruption vésiculeuse qu’on retrouve au voile du palais ou sur les lèvres, avec celles de l’influenza coexistant avec d’autres semblables sur le pharynx, mais surtout avec la tuberculose. La similitude est grande, lorsque celle-ci ulcère le bord libre des cordes dans une partie de leur étendue, mais on a, pour éviter l’erreur, la coloration carminée des cordes, les plaques muqueuses de l’épiglotte et des piliers antérieurs, la roséole, etc. L’œdème syphilitique ne sera pas confondu avec celui des brightiques (Maire Améro).

Pronostic. — Le pronostic est grave en ce qui concerne la fonction vocale. Elle peut rester compromise, bien qu’au laryngoscope l’organe semble être redevenu normal. C’est qu’il se fait dans l’épaisseur des cordes des infiltrats qui gêneront le jeu délicat des fibres musculaires. Lavoix parlante échappera peut-être à sa perte, mais non la voix chantante, qui a besoin pour son fonctionnement d’une entière souplesse des cordes.

Les récidives sont fréquentes (Whistler), surtout si le malade n’est pas docile aux règles du traitement.

Traitement. — Le traitement consiste d’abord dans l’administration du mercure (voie stomacale, cutanée ou hypodermique) :

Calomel à la vapeur ..... 1 gramme.

Huile de vaseline stérilisée. . . 10 grammes.

Une demi-seringue de Pravaz par semaine environ.

Puis on cautérisera les plaques, deux ou trois fois par semaine, avec la solution de chlorure de zinc de 1 p. 40 à 1 p. 20. Le malade ménagera beaucoup sa voix et devra ne pas fumer.

SYPHILIS LARYNGEE TERTIAIRE

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