V. — EXTUBATION
Vers le ti’oisième jour, si les fausses membranes du pharynx ont disparu et si le sérum antidiphtéritique a eu le temps de produire son effet, on doit retii'er le tube.
On peut y procéder par énucléation ou extraction.
a) Enucléation. — Elle a été bien réglée par Bayeux.
L’enfant étant assis sur le bord de son lit, ou sur les genoux d’un aide, la main gauche de l’opérateur met sa tête en extension forcée pour faire saillir le larynx, son pouce droit vient s’appliquer par sa pulpe sous le cricoïde en pressant perpendiculairement à la colonne vertébrale (fig. 63). Le tube est ainsi expulsé du larynx comme un noyau hors du fruit. A cet instant la main gauche
INTUBATION OU TUBAGE
Sorte la tête en flexion forcée et on demande à l’enfant e cracher. Chez les petits enfants qui ne savent pas cracher, le pouce droit maintenu sous le cricoïde comprime rœsophage jusqu’à ce que l’index gauche de l’opérateur ait pu amener le tube hors de la bouche.
Fig. 63. — Premier temps de l’énucléation.
Escat recommande de commencer en plaçant le pouce droit sur la fossette sus-sternale et de remonter de bas en haut ; on est plus sûr ainsi de heurter l’extrémité inférieure du tube et de l’expulser.
b) Extraction. — Elle est indiquée si l’expulsion n’a pas réussi, chose rare. L’enfant est remis dans la position du tubage avec l’ouvre-bouche. L’index gauche est envoyé en explorateur. La main droite introduit l’extracteur qui aidé par l’index gauche cherche le tube. Dès qu’elle a perçu le contact métallique, elle trouve assez facilement la lumière du tube, dégage l’extracteur, presse sur son levier pour le fixer et tire
verticaleiuent d’abord, horizontalement ensuite, quand le tube a abandonné le larynx.
Après l’ extubation, le médecin doit rester auprès de l’opéré, durant une demi-heure environ pour parer aux accidents qui pourraient intervenir. Ce sont :
a) L’œdème laryng-ien, qui souvent est l’indice d’ulcérations. On retube alors avec un calibre inférieur. Les ulcérations de decubitus sont rarement profondes. On les a trouvées surtout à la base de l’épiglotte, sur les cartilages cricoïde et aryténoïde, sur la partie antérieure de la trachée. i
h) Le spasme glottique pouvant se compliquer de convulsions généralisées. On remet le tube et on donne ; du bromure, de la codéine.
c) La paralysie des dilatateurs de la glotte. On remet le tube, mais s’il ne peut rester en place, mieux est de recourir à la trachéotomie.
d) L’existence de fausses membranes sous-glottiques, qui indique encore le retubage.
On ne saurait dire, d’une façon générale, quand le tubage peut prendre fin. C’est une question de tâtonnements.