SYPHILIS DU NEZ
I. - SYPHILIS PRIMAIRE. — CHANCRE DU NEZ Étiologie. — Il existe dans la science une vingtaine de cas de chancres du. nez. Le premier cas observé remonte à 1844 : il est de Mac Carthy.,
En 1893, nous avons observé à notre clinique un très beau cas de chancre du nez, dont l’histoire a été publiée
Sar le D'^ Thibierge (1). P. Gollinet vient de publier eux nouveaux cas (2). . La statistique du Fournier, en 1892, donne, sur un total de 794 chancres extragénitaux, 13 cas seulement de chancres du nez.
La muqueuse pituitaire semble, en effet, tant par, ses fonctions que par sa situation, peu prédisposée à la contagion. Et pourtant les excoriations de toute nature (traumatismes, acnés, vésicules d’eczéma) sont susceptibles de donner prise au virus de la syphilis : elles servent de porte d’entrée, au moins en ce qui concerne le revêtement cutané externe de l’organe. Quant aux chancres de la muqueuse proprement dite, cette porte d’entrée, d’après certains auteurs, ne serait pas nécessaire ; toute muqueuse, même saine, étant apte à l’inoculation syphilitique. Cette inoculation peut se faire directement ; contact direct de l’organe avec un point virulent quelconque, génital ou nuccal (baiser). Le plus souvent, pourtant, cette inoculation est indirecte et se fait par l’intermédiaire des doigts, linges et divers. objets, comme une tabatière, par exemple (cas de Hicguet). Signalons enfin la possibilité d’une inoculation par suite d’exploration nasale avec des instruments malpropres ou le cathétérisme de la trompe d’Eustache à l’aide de .sondes d’Itard infectées.
(1) Thibierge, Gazette hebdomadaire du 28 avril 1894.
(2) P. Gollinet, Deux cas de chancre syphilitique des fosses nasales {Bulletin de Laryngologie, 1901, page 175).
MALADIES DU NEZ
Symptômes. — Le chancre du nez revêt deux formes bien différentes, suivant qu’il sièg'e dans l’intérieur des fosses nasales, ou qu’il est extérieur. Ce dernier peut apparaître en n’importe quel point du tég-ument (pointe du nez, sillon naso-labial, aile du nez). On peut à la rig-ueur faire entrer dans la même description le chancre du vestibule, qui, par suite du gonflement énorme que
Srend l’ulcération, ne tarde pas à devenir extérieur. Le ébut n’est généralement pas observé par le médecin. Le malade raconte qu’il a d’abord remarqué un petit mal auquel il n’a seulement pas pris garde; il a cru à un vulgaire bouton d’acné. Peu à peu ce bouton, loin de dispai'aître, n’a fait que croître, et c’est seulement lorsqu’il a atteint un développement considérable que le malade, inquiet, s’est décidé à consulter.
A la période d’état, c’est-à-dire vers le huitième ou le neuvième jour de son apparition, on note le plus souvent un gonflement énorme de la région environnante ; ce gonflement s’accompagne d’une rougeur intense, en sorte qu’à première vue on peut penser, comme le fait remarquer Thibier^e, à un érysipèle au début. Dans presque tous les cas de chancres externes, les observateurs ont noté cette tuméfaction et cette rougeur considérables.
L’ulcération qui siège au sommet de cette tuméfaction présente tous les caractères de l'ulcération chancreuse : contours irréguliers, bords à peine tranchés, fond recouvert de mucosités grisâtres, base fortement indurée (fig. 130). Les ganglions sous-maxillaires sont toujours fortement engorgés ; parfois même on a noté l’engorgement des ganglions préauriculaires et parotidiens (Marfan, Thibierge). Les ganglions tributaires de la muqueuse pituitaire, au-devant de l’axis et de chaque côté de la corne de l’os hyoïde, peuvent être pris également. Chapuis (de Lyon) a noté l’engorgement des ganglions péribyoïdiens. Le même auteur insiste sur la douleur de ces adénopathies. Il l’attribue aux infections secondaires, dont le meilleur indice est assurément cette rougeur érysipélateuse qui accompagne si fréquemment le. chancre syphilitique.
A côté de ces signes objectifs, il faut noter les signes