‹ Maladies du systáeme nerveuxChapitre 13 sur 73 · Petitclerc, loc. cit. p. 17 et · texte numérisé non relu

Petitclerc, loc. cit. p. 17 et

Nous avons parlé jusqu'ici clés phénomènes du genou, du pied, etc., comme de phénomènes réflexes; c'est que cette interprétation a été adoptée par la grande majorité des physiologistes et des médecins l. Cependant elle n'a point entraîné l'assentiment unanime, et des recherches expérimentales ont été entreprises pour en examiner la valeur.

Il est très facile, comme l'ont vu divers expérimentateurs de produire une contraction des muscles extenseurs de la jambe sur la cuisse, sur différents mammifères, en percutant le tendon de ces muscles, au-dessus du tibia. Chez le chat, chez le chien, chez le lapin, on donne lieu ainsi à des mouvements brusques et assez étendus d'extension de la jambe sur la cuisse, mouvements qui ont absolument les mêmes caractères que les contractions musculaires provoquées chez Fhomme par le choc du tendon rotulien. J'ai montré ces faits à plusieurs reprises dans mes leçons expérimentales. Rien n'est donc plus aisé que d'instituer, sur ces animaux, des expériences propres à étudier le mécanisme de ces phénomènes.

Un premier point a pu être établi de la façon la plus nette par l'expérimentation. On avait déjà vu sur l'homme que les excitations de la peau, au niveau du tendon rotulien, soit par la pression, soit par la piqûre, soit par l'électricité, ne déterminent pas la contraction caractéristique des extenseurs de la jambe sur la cuisse. On peut constater le même résultat négatif sur les animaux; mais, sur eux, on peut faire une contreépreuve très instructive. Si l'on incise la peau sur le tendon des extenseurs de la jambe sur la cuisse, et si l'on écarte les deux lèvres de l'incision pour bien mettre à nu ce tendon, on peut agir sur lui directement. Or, à l'instar de plusieurs physiologistes, j'ai pu, sur des chiens, piquer, gratter, pincer, brûler, galvaniser ou faradiser énergiquement ce tendon, sans faire entrer les muscles extenseurs en contraction. Si, au contraire, à l'aide du doigt, ou d'un corps résistant quelconque, je frappais le tendon mis à nu, je provoquais aussitôt une brusque contraction de ces muscles.

Ces expériences démontrent nettement, d'une part, qu'il ne s'agit pas d'un phénomène réflexe cutané ; d'autre part, que le

1. M. Joflïoy, dès 1875, chercha à démontrer, conformément à l'opinion de M. Erb, que ces phénomènes sont d'ordre réflexe. De la trépidation épileptoïde du membre inférieur dans certaines maladies nerveuses (Mém. de la Société de Biologie, 1875, p. Gl).

choc est le seul moyen d'excitation qui puisse ainsi provoquer le mouvement connu sous le nom de phénomène du genou. M. Westphal avait déjà hien établi ces faits dès le début des études scientifiques sur le phénomène en question.

Il est intéressant de noter ici, que dans l'ordre des faits pathologiques, on peut constater l'indépendance des réflexes cutanés et des phénomènes désignés sous le nom de réflexes tendineux.

M. Charcot a signalé cette indépendance avec une grande netteté, en montrant que ces deux sortes de phénomènes, bien que variant en général, dans le même sens, peuvent cependant se modifier dans des sens différents. On sait que, chez les ataxiques, la sensibilité de la peau des membres inférieurs peut offrir le degré normal, et que certains modes d'excitation du tégument cutané de la jambe ou de la cuisse (le contact des corps froids par exemple) peuvent provoquer de violents mouvements réflexes du membre correspondant, alors que le choc même très violent, du tendon rotulien, ne produit aucune contraction du triceps crural. 11 n'est pas un médecin qui n'ait été à même de faire souvent cette observation. M. Charcot a même vu dans un cas d'ataxie au début, le choc d'une plaque hypéresthésiée de la peau de la cuisse provoquer une énergique rétraction réflexe (en flexion) de la jambe, tandis que les percussions les plus fortes du tendon rotulien demeuraient sans effet.

D'autre part, M. Charcot a constaté dans des cas d'hémianesthésie hystérique avec hémiparésie, que, bien que la sensibilité cutanée fût abolie dans le côté affecté, le phénomène du genou et la trépidation réflexe se manifestaient d'une façon très nette.

Enfin*, il cite les cas d'hémiplégie ancienne produite par un foyer encéphalique, dans lesquels il y a exagération des réflexes cutanés et des réflexes tendineux : ceux-ci sont toutefois plus exagérés que les autres.

M. Charcot pense que l'on pourrait admettre, à titre d'hypothèse provisoire, que les arcs diaslaltiques cutanés sont différents des arcs diaslaltiques tendineux, nonseulement dans leur partie centripète, mais aussi dans leur trajet au travers de la substance grise. Les cellules esthésodiques auxquelles se rendent les fibres sensitives provenant des tendons seraient différentes de celles qui reçoivent les fibres sensitives cutanées et

ces deux catégories de cellules pourraient être affectées séparément, indépendamment et même dans des sens inverses '. Assurément, c'est là une hypothèse logique. Suivant toutes probabilités, les fibres sensitives des tendons se rendent à d'autres éléments de la substance grise médullaire que celles de la peau et l'on peut supposer que certains de ces éléments, ceux avec lesquels se mettent en rapport les fibres sensitives des tendons sont modifiés, dans tel cas morbide, tandis que les éléments qui reçoivent les impressions provenant de la peau restent intacts ou sont moins modifiés ou sont même modifiés différemment; l'inverse peut aussi avoir lieu. S'il en est ainsi, on conçoit bien les divergences que peuvent présenter la sensibilité et les réflexes cutanés, d'une part, la sensibilité et les réflexes tendineux, d'autre part. Mais il est une donnée dont il faut tenir compte et sur laquelle nous ne sommes pas, quanta présent, suffisamment éclairés : c'estl'état des fibres nerveuses elles-mêmes. Nous savons maintenant, par les recherches de MM. Westphal, Pierret et surtout par celles de M. Dejerine que, dans l'ataxie locomotrice progressive, les nerfs sensitifs cutanés peuvent offrir dans une période avancée de la maladie, des altérations périphériques, qui portent parfois sur un assez grand nombre des fibres de ces nerfs pour abolir l'impressionnabilité de la peau dans les régions auxquelles elles se distribuent. Or, il se pourrait que les fibres nerveuses sensitives des tendons fussent plus souvent atteintes que celles de la peau et qu'elles le fussent dès les premières phases de la maladie? Si l'on constatait une altération totale de ces fibres au début de l'ataxie, on aurait évidemment découvert la véritable cause de l'abolition si précoce, dans cette affection, des phénomènes désignés sous le nom de réflexes tendineux.

Pour ce qui concerne la persistance ou même l'exagération de ces phénomènes dans des cas où la sensibilité cutanée est abolie (certains cas d'hémianesthésie hystérique avec hémiparésie), il faut se rappeler que, dans l'hystérie, on observe des faits bien plus singuliers : c'est ainsi qu'on voit des modes particuliers de la sensibilité cutanée disparaître alors que d'autres modes semblent intacts, (Gendrin, Beau, Briquet, Landry, etc.). Kien de plus connu, par exemple, que les cas dans lesquels la

1. J.-M. Charcot. Leçons sur /es localisations dans les maladies du cerveau et de la moelle épinière. Paris, 1878-1880, p. 335 et suiv.

sensibilité tactile pure subsiste, tandis que la sensibilité à la douleur est paralysée. La plupart des physiologistes admettent aujourd'hui pourtant que ce sont les mêmes éléments nerveux (fibres conductrices, cellules de la substance grise médullaire) qui servent à la sensibilité tactile et à la sensibilité douloureuse. Le mode d'impression est seul différent et les éléments nerveux, particulièrement ceux de la substance grise de la moelle, peuvent être modifiés par des influences morbides de telle sorte qu'ils demeurent impassibles pour les impressions douloureuses, tandis qu'ils sont mis en activité parles impressions tactiles. 11 n'y a aucune difficulté théorique de ce genre lorsqu'il s'agit d'expliquer comment la percussion des tendons peut provoquer des réflexes exagérés, chez des hystériques dont la sensibilité cutanée est abolie. Ici, ce ne sont plus les mêmes éléments des centres nerveux qui sont en cause, car les fibres centripètes des tendons ne vont pas aux mêmes éléments de la substance grise que les fibres sensitives delà peau. Rien ne s'oppose donc à ce qu'on admette que les modifications déterminées dans les centres nerveux par l'hystérie puissent porter sur les éléments de la moelle auxquels se rendent les fibres cutanées et épargner les éléments médullaires qui reçoivent les fibres sensitives ou centripètes, émanées des tendons.

M. Westphal avait considéré le phénomène du genou comme le résultat d'une excitation transmise aux muscles par le tendon percuté. M. Erb, au contraire, fit de ce phénomène une action musculaire réflexe, provoquée par l'excitation des fibres nerveuses des tendons. C'est l'opinion de M. Erb qui compte le plus de partisans ou plutôt qui est universellement adoptée aujourd'hui ; les dissidents sont très peu nombreux.

La condition première d'un acte réflexe existe-t-elle dans les cas dont nous parlons ? Le tissu qui doit servir de point de départ à l'excitation centripète est-il sensible ? Est-il tout au moins impressionnable et les excitations qu'il subit peuventelles, par suite, provoquer des phénomènes réflexes? Les tendons reçoivent incontestablement des fibres nerveuses. Les recherches de M. Sappey ont mis hors de doute ce fait qui d'ailleurs n'était guère contesté. Mais l'expérimentation et l'observation clinique peuvent seules prononcer dans une question de ce genre ; en effet, lorsqu'il ne s'agit ni de glandes, ni de muscles, les fibres nerveuses constatées dans un tissu normal peuvent être soit des éléments conducteurs d'impressions, soit des éléments

vaso-moteurs ou autres. Ou ne peut savoir si certaines de ces fibres sont sensibles que si Ton constate que le tissu devient le siè^e de douleurs sous l'influence d'irritations morbides, ou si les excitations expérimentales y sont douloureuses. Or, si nous examinons les tendons au moyen de l'expérimentation, nous constatons qu'à l'état normal ce sont des organes peu sensibles. Que l'on mette à découvert le tendon d'Achille sur un chien : on pourra piquer, pincer, écraser, brûler ce tendon sans provoquer le plus souvent la moindre expression de douleur. Ce résultat ne prouve pourtant point d'une façon formelle l'absence de fibres nerveuses sensitives dans les tendons ; il montre seulement que si ces fibres existent, elles ne confèrent aux tendons qu'une sensibilité très obtuse. Mais il est un moyen expérimental d'exalter la sensibilité des tissus, c'est d'y exciter une vive irritation inflammatoire. C'est ce moyen que Flourens a mis en usage dans des expériences bien connues. Il faisait mettre a nu le tendon d'Achille sur des chiens ; puis, après qu'on s'était assuré, en piquant ou grattant le tendon, qu'il était ou paraissait insensible, il faisait appliquer à sa surface une petite quantité de pommade épispastique fortement chargée de poudre decantharides. Le lendemain, ce tendon avait acquis une sensibilité telle, que si on le pressait un peu entre les mors d'une pince anatomique, l'animal s'agitait violemment en poussant des cris plaintifs ; la douleur ainsi produite semblait parfois, à en juger par la violence et la durée de ces cris, être aussi ai<më que si l'on avait pincé une des branches ou le tronc même du nerf sciatique. Nous avons répété plusieurs fois cette expérience, M. Philipeaux et moi, devant les auditeurs de M. Flourens, dans les leçons expérimentales de ce célèbre physiologiste, alors que nous étions ses aides ; les résultats étaient toujours des plus décisifs.

Ces expériences ne faisaient d'ailleurs que démontrer avec précision ce que la clinique avait présumé depuis longtemps. N'a-t-on pas admis, dès qu'on a connu les tendons, qu'ils peuvent être le point de départ des douleurs les plus vives, dans la goutte, dans le rhumatisme subaigu ordinaire, dans le rhumatisme blennorrhagique, etc. Mais la localisation rigoureuse du point de départ de ces douleurs dans les tendons euxmêmes n'a pu être affirmée sans réserves que lorsque l'expérimentation a eu prouvé que les tendons peuvent devenir extrêmement sensibles sous l'influence de l'irritation inflammatoire.

Les tendons sont donc doués de sensibilité douloureuse lorsqu'ils sont le siège d'une irritation morbide ; ils contiennent donc des fibres nerveuses sensitives. Ces fibres sont-elles réellement insensibles, absolument insensibles, à l'état normal? Je ne le crois pas. Les moyens habituels de recherche de la sensibilité ne provoquent pas de signes de douleur, tels que cris, agitation; cela est certain, mais si l'on explore la sensibilité des tendons, en examinant l'influence des excitations qu'on leur fait subir sur la pression du sang dans les artères, ou sur la grandeur des pupilles, on reconnaît que ces organes ne sont pas insensibles1. D'autre part, les fibres nerveuses des tendons peuvent manifester leur sensibilité ou leur excito-motricité sous l'influence d'un mode particulier d'exploration, c'est-à-dire sous l'influence des chocs.

Les chocs portant sur le tendon rotulien déterminent une sensation particulière : cette sensation est plus ou moins obtuse, il est vrai, mais il y aurait une exagération extrême à en nier l'existence. Si l'on fait l'expérience sur soi-même, on peut se convaincre facilement. Que l'on frappe, avec le bord cubital de la main le tendon rotulien d'une jambe croisée sur l'autre et fléchie en résolution, on éprouvera, si le choc est un peu fort, une sensation de douleur sourde qui, après plusieurs chocs frappés coup sur coup, finira par être assez désagréable 2. Cette douleur est toute spéciale, c'est-à-dire différente comme forme de celle que l'on détermine en frappant de même d'autres points du membre ; les chocs qui suffisent à la produire ne provoquent aucune souffrance lorsqu'ils portent sur les parties voisines ; on sent bien qu'elle a un siège un peu profond, qu'elle n'a pas la peau pour point de départ ; en un mot, on ne peut pas douter qu'elle ne prenne naissance dans le tendon frappé.

D'ailleurs la percussion du tendon rotulien donne lieu à

1. J'ai fait plusieurs expériences de ce genre sur des chien3 curarisés et soumis à la respiration artificielle. On mettait le tendon rotulien à nu en enlevant avec soin tout le tissu connectif qui le recouvre. Chaque fois que l'on frappait le tendon, dans ces conditions, avec un inslrument mousse, on voyait les pupilles s'agrandir et revenir presque aussitôt à leurs dimensions premières. Il en était de même lorsqu'on faradisait le tendon. Si l'on renouvelait ces excitations, après avoir mis une des carotides de l'animal en communication avec un hémodynamomètre, on constatait une augmentation passagère de la tension sanguine inlra-artérielle après chaque faradisation ou chaque pression du tendon entre les mors d'une pince anatomique.

2. Cette sensation devient beaucoup plus vive dans certains cas d'affection médullaire où l'on constate, entre autres symptômes, une exagération du réflexe patellaire. Chaque coup frappé sur le tendon rotulien détermine, en même temps qu'un brusque mouvement d'extension de la jambe sur la cuisse, une impression pénible et soudaine d'agacement douloureux qui fait sursauter le malade.

une réaction motrice, à un mouvement brusque d'extension de la jambe fléchie et il est bien difficile de ne pas considérer ce mouvement comme un acte réflexe et par conséquent de ne pas admettre dans ce tendon l'existence de fibres centripètes, excito-motrices.

Cependant M. Westphal a cru pouvoir attribuer le mouvement déterminé par la percussion du tendon rotulien à un ébranlement ou à un tiraillement produit dans les muscles extenseurs par ce choc.

Comment cet ébranlement ou ce tiraillement donnerait-il lieu à une contraction musculaire? Peut-on supposer que la contraction du triceps fémoral pourrait résulter d'une excitation ainsi produite directement dans les faisceaux propres de ce muscle? S'agirait-il par conséquent d'une sorte de contraction iclio-musculaire? Mais nous savons que les contractions de ce genre, du moins celles qui se manifestent sous l'influence des chocs portant sur les muscles, ont des caractères spéciaux. Je ne parle pas de la forme de la contraction produite par un choc portant sur un muscle. C'est une excitation locale que l'on détermine ainsi ; il se fait un soulèvement de la partie musculaire frappée, une sorte de colline plus ou moins large, plus ou moins saillante et plus ou moins durable et, en général, il n'y a aucun mouvement de rapprochement entre les points d'insertion du muscle ; en d'autres termes, s'il s'agit de muscles insérés sur les os des membres, il n'y a pas de mouvement de ces os. C'est là ce qui s'observe dans l'état de santé. On peut, il est vrai, constater des contractions totales des muscles frappés, dans certaines conditions spéciales, un certain temps, par exemple, après la mort violente (Expériences sur les décapités, ou après la mort rapide produite soit par le choléra, soit par la fièvre jaune, etc). Mais peut-on s'autoriser de tels exemples pour admettre la possibilité de contractions d'un muscle tel que le triceps fémoral, produites, directement, pendant la vie, sous l'influence d'un tiraillement causé par le choc du tendon rotulien ? 11 faut noter que la contraction, dans les cas que l'on alléguerait comme exemples, offre des caractères 'spéciaux, différents de ceux de la contraction que l'on voudrait expliquer ainsi ; elle est plus ou moins lente, progressive, de forme tonique, etc. ; elle n'a pas habituellement la soudaineté de la contraction suscitée par le choc du tendon. D'ailleurs, on admettrait sans doute, dans ce mode d'explica-

tion, que le tiraillement du muscle est déterminé par la brusque tlexion de la jambe sur la cuisse, au moment où Ton percute le tendon. Mais alors, semble -t-il, un coup frappé avec force sur le tibia, au-dessous des insertions du tendon rotulien, devrait aussi, en augmentant brusquement la flexion de la jambe, dans la situation que Ton donne ordinairement au membre mis en expérience, amener le même résultat. Or, il n'en est rien dans le plus grand nombre des cas et lorsqu'il se produit alors une contraction du triceps crural, cette contraction est incomparablement plus faible que celle qu'on obtient sur le même sujet en percutant bien plus légèrement le tendon rotulien. D'autre part, dans les cas où le phénomène du genou est très accusé, il se manifeste sous l'influence du moindre choc, de celui que l'on peut produire en frappant très légèrement le tendon à l'aide de l'extrémité d'un seul doigt formant marteau. Comment supposer qu'un si faible ébranlement du tendon rotulien puisse, par l'intermédiaire de la rotule et du tendon du triceps, exciter suffisamment ce muscle pour y faire naître une contraction? Remarquons, en outre, que la contraction du triceps fémoral peut être provoquée encore très facilement, dans les cas dont il s'agit, en frappant le tendon rotulien, sur le malade couché, en décubitus dorsal, les membres inférieurs étant dans l'extension et en résolution. Or, dans de telles conditions, surtout si le choc n'est pas très fort, il n'y a, pour ainsi dire, aucun ébranlement mécanique du triceps fémoral. Et puis, pourquoi un choc de force modérée, portant sur ce muscle luimême, que la jambe soit fléchie ou étendue, ne donne-t-il pas lieu d'ordinaire à une contraction, dans les mêmes cas? Enfin, on ne comprendrait pas très bien comment le choc le plus violent du tendon rotulien reste sans effet, lorsque la moelle est altérée d'une certaine façon (première période du tabès dorsal), si les contractions du triceps étaient dues à un ébranlement de ce muscle, puisque la contractilité et la sensibilité de ce muscle, explorées par tous les moyens dont nous disposons, demeurent alors souvent intactes.

Ce sont là, si je ne me trompe, des arguments qui prouvent que le phénomène du genou n'a pas pour cause une excitation déterminée directement dans les fibres musculaires du triceps par le choc du tendon rotulien 1 et ce qui est démontré pour ce

1. Un argument nouveau, à l'appui de cette interprétation, vient d'être donné par

phénomène doit l'être aussi pour tous les autres mouvements provoqués parle choc cle tels et tels tendons.

L'on est conduit ainsi à considérer le phénomène du genou comme un phénomène réflexe. Mais le point de départ est-il dans le tendon rotulien, ou hien est-il dans le triceps. L'ébranlement communiqué à ce muscle, trop faible pour y exciter directement une contraction, ne peut-il pas y produire une impression qui serait elle-même la cause déterminante de ce phénomène réflexe?

Il est vrai que les muscles sont des organes sensibles et que, comme tels, ils semblent, a priori, pouvoir être mis en action par des excitations de leurs libres sensitives. Leur sensibilité, quoique moins vive que celle d'autres organes, que celle de la peau entre autres, l'emporte certainement sur celle des tendons. Il est facile de le constater en comparant, sur des chiens curarisés et soumis à la respiration artificielle, les tendons et les muscles, sous le rapport de l'influence qu'exercent les excitations expérimentales (faradisation) de ces deux sortes d'organes sur la pression du sang dans la carotide ou encore sur la largeur des pupilles. Des expériences de ce genre, faites dans mon cours, ont montré, de la façon la plus nette, que la sensibilité des muscles extenseurs de la jambe sur la cuisse est plus vive que celle du tendon rotulien. Mais il est impossible cle déduire de là qu'un tiraillement assez faible en somme, déterminé dans le muscle parle choc du tendon rotulien, peut y faire naître, par mécanisme réflexe, une contraction brusque et passagère, telle que celle qui constitue le clonus du genou. Certains arguments que j'invoquais, il n'y a qu'un instant, pour chercher à établir que ce phénomène ne peut pas être dû à une contraction idiomusculaire du 'triceps, sont tout aussi valables pour prouver qu'il ne s'agit pas d'un mouvement réflexe, ayant pour point de départ une impression suscitée dans le muscle lui-même. Je fais allusion surtout à ce que j'ai dit de l'impuissance des chocs sur le tibia, la jambe étant fléchie et ballante, pour déterminer le phénomène du genou. De même, on ne peut guère conce-

M. A. M. Bloch. Cet expérimentateur a prouvé que lors du phénomène du genou, le triceps crural se contracte au même moment dans tous ses points, comme dans les cas où sa contraction est provoquée par l'excitation de son nerf moteur, cl non successivement de bas en haut, comme cela a lieu lorsqu'il se contracte sous l'influence d'un ébranlement mécanique subi par un des points de sa partie inférieure {Expériences sur la contraction musculaire provoquée par une percussion du muscle chez l'homme. Journal de M. Ch. Robin, 1885, no. 1, p. 19.)

voir qu'un léger choc portant sur le tendon rotulien, lorsque le malade est surson lit dans le décubitus, les membres inférieurs étendus et en résolution, puisse transmettre au triceps fémoral, de proche en proche et par ébranlement ou tiraillement, une excitation assez forte pour y provoquer une contraction réflexe.

En dernière conséquence, il est permis de conclure que c'est bien l'excitation du tendon lui-même par le choc qui met en jeu le mécanisme réflexe, par suite duquel le triceps fémoral se contracte.

11 ne faudrait pas exagérer pourtant et prétendre que les contractions réflexes dont il s'agit, ne s'effectuent jamais qu'à la condition que le chocprovocateur porte sur le tendonlui-même. Elles peuvent se produire encore, en effet, dans nombre de cas, lorsqu'on percute la rotule, ou le tibia, comme nous l'avons dit, ou le tendon au-dessus de la rotule ou même la partie du muscle la plus voisine du tendon, soit que cette partie du muscle partage, avec le tendon lui-même, le pouvoir de susciter, lorsqu'elle est percutée, la contraction réflexe de tout le muscle, soit que le choc agisse, non sur les fibres sensitives du muscle, mais sur celles du tissu tendineux mêlé, en ce point, au tissu musculaire.

Toujours est -il que c'est le choc du tendon rotulien qui produit les effets les plus constants et les plus prononcés. Cette particularité est-elle due au mode de terminaison des fibres sensitives dans les tendons? En tout cas, c'est par des considérations de ce genre qu'on a voulu expliquer ce fait que le réflexe tendineux est provoqué seulement parle choc du tendon et non par un autre mode d'excitation. M. Senator ! pense que ce fait remarquable pourrait tenir à la disposition toute spéciale décrite par M. Golgi, pour les terminaisons des nerfs, au niveau des points d'union entre les muscles et leurs tendons. M. Golgi distingue deux sortes de terminaisons nerveuses dans les tendons. Il nomme les unes : organes nerveux terminaux musculo-tendineux ; il compare les autres aux boutons terminaux cle la conjonctive. Les premiers siègent au lieu de passage des fibres musculaires aux tendons; ils sont fusiformes; une de leurs pointes est en rapport avec une extrémité effilée des fibres musculaires, de telle sorte que leur stroma fibrillaire

1. H. Senator. Ueber Seknenreflexe und ihre Beziehwig zum Muskeltonus . (Du Bois-Reymond's Archiv., 1880, p. 197. — Anal, in Gentralblatt f. med. W., 1880).

semble une prolongation directe du sarcolemme ; l'autre pointe, souvent simple, le plus souvent double, suit la direction des faisceaux tendineux avec lesquels elle se confond graduellement. Les boutons terminaux se trouvent, au contraire, toujours à la surface des tendons. D'après M. Golgi, les appareils nerveux terminaux musculo-tendineux, seraient des appareils pour la sensibilité musculaire, destinés à donner la mesure de la contraction des fibres musculaires \ Ce sont ces appareils que le choc pourrait exciter, suivant M. Senator, et qui seraient insensibles aux autres modes d'excitation directe.

Cette tentative d'explication repose sur un fait anatomique qui demande vérification. D'autre part, nous voyons bien, d'un côté, une disposition spéciale des extrémités terminales des fibres nerveuses des tendons (sont-cedes fibres sensitives qui se terminent ainsi ?) ; de l'autre côté, ce fait d'observation que le choc est le seul moyen d'excitation des tendons qui puisse provoquer le réflexe tendineux. Mais comment la disposition anatomique terminale des fibres nerveuses explique-t-elle le fait d'observation physiologique ? C'est ce que l'on ne dit pas, parce qu'on l'ignore profondément.

D'ailleurs, comment ne pas rappeler ici que le choc paraît être aussi le mode d'excitation le plus efficace pour provoquer certains mouvements réflexes dans des cas où l'organe percuté n'est pas un tendon. Ainsi, sur des malades atteints de sclérose en plaques disséminées, de même que sur d'autres, affectés d'hémiplégie ancienne avec exaltation considérable des actions réflexes dans le côté paralysé, on peut susciter des mouvements réflexes très brusques, très étendus, de l'avant-bras ou de tout le membre supérieur de ce côté, en percutant avec le bout du doigt l'extrémité inférieure du cubitus, à la face dorsale du poignet, là où cette extrémité n'est recouverte que du tégument cutané : le même choc, portant sur les parties voisines, ne donne souvent lieu qu'à de faibles mouvements réflexes ; en outre, le plus ordinairement, on peut exciter par tout autre moyen la peau qui recouvre l'os, sans produire le moindre effet du même genre. Il semble donc que c'est la sensibilité de l'os lui-même, ou celle du périoste, qui est mise en jeu dans ces cas et qui détermine les mouvements réflexes observés.

1. O. Golgi. Délia terminazione dei ne^vi net tendini c di un nuovo apparato nervoso terminale muscolo-tendineo. — lntorno alla distribuzione e terminazione deinervi nei tendini deWuomo e di altri vertebralu (Anal, in Centralblatt f. med. W. 1879, p. 726;.

Or, y a-t-il, dans cette extrémité du cubitus (tissu périostique ou tissu osseux), des terminaisons nerveuses semblables ou, au moins, analogues à celles que M. Golgi a décrites dans les tendons ? Cela paraît peu probable, car on peut voir que la percussion de l'extrémité inférieure du radius, faite delà même façon, sur les mêmes malades, n'est suivie en général que de mouvements réflexes relativement faibles, lorsqu'il s'en manifeste, et il faudrait admettre, par conséquent, que les fibres nerveuses se terminent autrement dans les parties superficielles de l'extrémité inférieure du cubitus que dans celles de l'extrémité du radius, ce qui, à priori, ne me paraît pas acceptable.

Ces considérations sur le point de départ des impressions qui donnent naissance aux réflexes tendineux présenteraient une notable lacune, si je ne disais un mot de l'opinion émise par M. Tschiriew. Selon ce sagace investigateur, l'impression déterminée par la percussion du tendon se produirait surtout à l'extrémité de fibres nerveuses sensitives qui traverseraient la substance charnue des muscles et viendraient après s'être dépouillées de leur myéline, se terminer clans l'aponévrose musculaire, au voisinage de l'origine des tendons \ Les vibrations provenant du choc du tendon seraient transmises aux extrémités terminales de ces fibres et c'est de ces extrémités que partiraient les impressions excito-motrices donnant lieu aux contractions réflexes 2. Je ne saurais souscrire à cette interprétation. Le fait que l'on peut observer le réflexe rotulien en frappant très légèrement ce tendon, le malade étant au lit, dans le décubitus dorsal, les membres inférieurs étendus, en résolution, est, comme je l'ai déjà dit, en opposition complète avec toutes les hypothèses qui attribuent le phénomène du genou à une transmission de proche en proche de l'ébranlement du tendon jusqu'au muscle correspondant. La supposition de M. Tschiriew ne résiste pas plus que les autres à cet argument. Elle est réfutée de même par une autre observation : je veux parler de l'absence du réflexe rotulien, lorsque sur un malade chez lequel la réflectivité médullaire est exaltée et que l'on fait asseoir sur le bord de son lit, les jambes pendantes, on percute fortement le tibia, près de l'insertion du tendon rotulien et qu'on imprime

1. M" J.-L. Prévost dit que ces nerfs avaient déjà été cités, mais incomplètement décrits, par M. Sachs. [Phys. u. Anat. Unters, ùber die sensiblen Nerven der Muskeln. Archiv v. Reichert u. Du Bois-Reymond, 1874, p. 18b.)

2. Tschiriew. Sur les terminaisons nerveuses dans les muscles striés. (Archives de Physiologie normale et pathologique, série II, t. VI, 1819, p. 69).

ainsi, en augmentant brusquement la flexion de la jambe, un tiraillement assez fort à ce tendon et au muscle triceps fémoral.

On s'explique à peine les doutes qui ont pu être soulevés à propos de la nature des contractions déterminées dans le triceps fémoral par le choc du tendon rotulien ; car on est vraiment entraîné, lorsqu'on a étudié ce phénomène dans la clinique, à le considérer comme un phénomène réflexe. J'ajouterai le fait suivant à ceux que j'ai déjà indiqués. M. Lewinski a constaté que, sous l'influence de l'excitation des tendons, lorsque le pouvoir réflexe de la moelle est exagéré, il y a contraction non seulement des muscles dont les tendons sont excités, mais encore des muscles antagonistes1 II est impossible de ne pas admettre l'intervention de la moelle lorsqu'on cherche à expliquer ce fait. 11 est évident aussi que le pouvoir réflexe médullaire est mis en jeu dans les cas où l'on voit le choc d'un tendon rotulien provoquer une contraction non seulement dans le triceps du coté correspondant, mais encore dans celui du côté opposé. M. Erb qui a signalé ce fait l'avait observé chez des malades. On a pu le vérifier depuis lors maintes fois dans la clinique : M. Tschiriew et M. J.-L. Prévost l'ont constaté aussi dans leurs expériences sur des lapins2. Mais la crainte de se laisser aller à une illusion a poussé les expérimentateurs à chercher des lumières dans toutes les directions.

M. Burckhardt, le premier, compara le temps qui s'écoule entre le choc du tendon et la contraction du triceps à celui qui sépare l'excitation de la peau des mouvements réflexes correspondants et il crut pouvoir conclure que le premier intervalle de temps est plus court que le second 3.

M. Tschiriew, en employant une meilleure méthode et en expérimentant sur des malades atteints de tabès spasmodique, est arrivé à des chiffres un peu différents ; mais en somme, il conclut comme M. Burckhardt, que le temps qui sépare le choc du tendon de la contraction du triceps est suffisant pour que

1. Lewinski. — Ueber sogenannte Sehnenrefiexe uni Spinalèpilepsie. Archiv f. Psych., VII, 1 — Anal, in Ccntralblatt. ., 1877, p. 448.

•1. J.-L. Prévost. Loc. cit., p. iO .

3. D'après M. ,1 -L. Prévost, à qui j'emprunte ces indications (Loc. cit., p. 13), M. Burkhardt aurait admis, d'après ses expériences, que le réflexe patellaire se produit chez le lapin en 17 millièmes de seconde, tandis que les réflexes cutanés n'auraient lieu que 22 millièmes de seconde après l'excitation. Chez l'homme, il s'écoulorait 39 millièmes de seconde entre le choc du tendon et le réflexe, ce qui serait, d'après lui, le tiers ou le quart de l'intervalle de temps observé entre les excitations de la peau et les réflexes consécutifs.

cette contraction puisse s'effectuer par mécanisme réflexe.

M. G. Ter Meulen a fait des observations analogues à celles de M. Tschiriew et M. Gowers est arrivé aussi de son côté à des résultats confirmatifs.

M. Brissaud ne conclut pas différemment, tout en donnant aussi des chiffres différents de ceux de ses devanciers, ce qui tient et aux procédés employés et à l'état de santé des individus sur lesquels ont porté ses recherches. Il a constaté d'ailleurs des particularités intéressantes. Il a vu que le temps qui s'écoule entre le choc du tendon et le réflexe musculaire peut diminuer avec des excitations répétées du tendon ou des excitations quelconques des muscles ; cette diminution peut être évaluée à 5 ou 6 millièmes de seconde ; chez les hystériques, elle peut attendre 12 à 15 millièmes de seconde.

Le temps dont il s'agit est plus court que dans l'état normal, toutes les fois que la réflectivité médullaire est exaltée : par exemple, dans les cas de sclérose latérale de la moelle, dans les cas d'hémiplégie ancienne, etc. Lorsqu'il s'agit de l'hémiplégie ancienne, l'abréviation de ce temps a lieu surtout du côté paralysé ; mais il n'est pas rare qu'il en soit de même, à un moindre degré, il est vrai, dans le membre inférieur du côté opposé, ce qui est d'accord comme le dit M. Prévost, avec le fait publié par M. Dejerine et constaté depuis lors par tous les observateurs ; je veux parler cle la possibilité de provoquer la trépidation réflexe du pied, chez les hémiplégiques, non seulement du côté paralysé, mais encore clu côté sain où ce phénomène est toutefois moins prononcé. Ce fait s'explique certainement par les relations anatomiques entre la moelle et l'encéphale. On sait que les entrecroisements des pyramides antérieures et ceux de la commissure médullaire antérieure mettent en communication avec une moitié de l'encéphale, celle du côté droit par exemple, non seulement la moitié gauche de la moelle mais aussi, dans une mesure plus restreinte, la moitié droite de ce centre. 11 est donc tout naturel que les lésions encéphaliques unilatérales qui exaltent la réflectivité médullaire puissent agir dans ce sens, non seulement sur la moitié opposée, mais encore à un moindre degré sur la moitié correspondante de la moelle.

Enfin, M. Brissaud a constaté aussi que sous l'influence du choc du tendon rotulien, on peut observer deux contractions successives clu triceps fémoral: la première, plus faible, qui suit immédiatement le choc du tendon, serait due aune excita-

tion transmise au muscle et y produisant directement cette contraction; la seconde serait la contraction réflexe connue et se produirait après une certaine fraction de seconde. Sans nier un fait que je n'ai pas vu, et qui a été constaté à laide de tracés graphiques, je crois qu'il est permis de penser que la réalité de la première contraction serait tout à fait évidente, si cette contraction avait été constatée sur le membre inférieur étendu, le sujet étant au lit et en décubitus dorsal : c'est ainsi seulement qu'on est certain de ne produire par le choc aucun ébranlement mécanique du muscle pouvant donner lieu à une apparence de contraction,

Il faut ajouter aux recherches faites dans cette même direction un travail communiqué au congrès de Londres de 1881, par M. Eulenburg. Cet expérimentateur a constaté, comme M. Brissaud, que le temps qui s'écoule entre le moment de la percussion du tendon et celui où a lieu la contraction musculaire varie dans l'état pathologique; que tantôt il augmente, tantôt il diminue, suivant les cas et que, de ces variations, on peut tirer des indices diagnostiques 1.

Tous les auteurs que nous venons de citer sont donc d'accord pour admettre que le temps qui s'écoule entre la percussion du tendon rotulien et la contraction du triceps est suffisant pour permettre à une action réflexe médullaire de s'effectuer et par conséquent leurs recherches ne sont pas en opposition avec l'interprétation qui considère cette contraction comme de nature réflexe. Il n'en est pas de même de M. A. Waller, fils du célèbre physiologiste Augustus Waller 2. En comparant le temps qui sécoule entre le moment de la percussion du tendon rotulien et la contraction du triceps fémoral à celui qu'il a noté entre le moment du choc du tendon d'Achille et la contraction du triceps sural, il trouve que ces deux temps ont une valeur identique, 2 à 3 centièmes de seconde. Or, à cause de la distance inégale de ces deux tendons à la moelle épinière, il faudrait nécessairement que le temps nécessaire pour l'un des réflexes, celui du genou, fût plus court que le temps nécessaire pour le réflexe du pied, et l'on peut même calculer la différence qui devrait exister, en prenant pour point de départ de ce calcul la vitesse de propagation des excitations dans les nerfs (30 à 50 mètres par seconde, d'après Ilelmliollz ; 150 mètres, d'après M. Bloch ; 30

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