‹ Maladies du systáeme nerveuxChapitre 28 sur 73 · Erb, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Erb, loc. cit., p

2. On sait que c'est à Duchenne que nous devons la connaissance de cette particularité si remarquable, qu'il a observée pour la première fois dans des cas de paralysie traumatique.

Ainsi que je l'ai dit, la fièvre d'invasion ne paraît pas s'accompagner, en général, de douleurs soit dans les membres, soit dans la région rachidienne. Dans de rares cas, il en est autrement et, après la disparition de cette fièvre, on peut observer encore, pendant quelques jours, des douleurs rachidiennes, avec des irradiations dans les régions latérales du dos et des lombes ou dans les membres : ces phénomènes vont, du reste, en s'affaiblissant et ne tardent pas à cesser complètement.

Disons d'ailleurs quel'on n'est pas renseigné d'une façon bien exacte sur la fréquence ou la rareté des phénomènes douloureux spontanés, parce qu'il s'agit souvent d'enfants très jeunes et incapables de rendre un compte précis de leurs sensations. On doit ajouter cependant que, dans l'immense majorité des cas, on peut, lorsque la maladie est très récente, imprimer des mouvements passifs aux parties paralysées, sans provoquer des douleurs. Il est rare aussi que la pression exercée sur les muscles détermine des plaintes.

La sensibilité cutanée n'est pas modifiée dans cette maladie, ce qui est tout à fait d'accord avec les résultats de l'anatomie pathologique. Toutefois on a constaté très exceptionnellement une diminution de cette sensibilité dans les téguments qui recouvrent les parties paralysées. C'est ce qu'a vu M. Laborde dans un cas l. Au moment où l'on a étudié les symptômes dans ce cas, il y avait deux mois que la paralysie avait débuté. L'affaiblissement delà sensibilité, dans les faits de ce genre, disparaît toujours après un certain temps, comme le dit M. Laborde.

J'ai observé aussi chez une petite fille de cinq ans, que la sensibilité cutanée était évidemment diminuée dans les membres inférieurs : ces membres étaient atteints de paralysie atrophique depuis huit ou dix jours. La faradisation de la peau, faite à l'aide du pinceau métallique, était facilement supportée, lorsquelle portait sur ces membres ; elle provoquait de l'agitation, des plaintes et des pleurs, lorsqu'elle était pratiquée sur des régions

saines.

Les organes des sens ne présentent jamais de troubles fonctionnels, dans les cas où la maladie n'est pas compliquée.

La sensibilité musculaire est pour le moins engourdie dès le début, dans les muscles paralysés qui doivent s'atrophier par la suite. Dans le cas dont je viens de parler, la faradisation assez énergique des muscles paralysés paraissait ne produire

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