‹ Maladies du systáeme nerveuxChapitre 3 sur 73 · Dejerine. Loc. cit · texte numérisé non relu

Dejerine. Loc. cit

tent-ils aussi dans les parties sclérosées ? Lorsque les lésions sont récentes, et qu'on les étudie au moyen du microscope, soit à l'état frais, soit en faisant usage de l'acide osmique ou du procédé de Weigert, quand la moelle a été durcie par des liquides appropriés, on reconnaît facilement un nombre plus ou moins considérable de ces corps granuleux: lorsque les lésions sont anciennes, ces corps ont presque tous disparu.

Les vaisseaux sanguins qui se ramifient dans le tissu sclérosé peuvent offrir des altérations, principalement sous forme de périartérite ; leur gaîne lymphatique contient parfois un nombre plus ou moins considérable de corps granuleux. Il est rare pourtant que ces altérations soient très prononcées et souvent on ne trouve que des vaisseaux sains ou à peu près. dans la plupart des préparations.

Les lésions de la substance blanche, dans cette affection des centres nerveux, ne sont pas limitées toujours aux faisceaux latéraux. Dans un certain nombre de cas, on constate en même temps une sclérose bien nette d'une partie des faisceaux antérieurs. C'est la partie la plus voisine du sillon antérieur de la moelle qui s'altère ainsi : la sclérose, sur les coupes transversales, forme là un petit triangle, dont le sommet confine à la commissure blanche et dont la base est sous la pie-mère de la face antérieure de la moelle ; le sillon antérieur partage ce triangle en deux triangles secondaires dont l'un appartient à la moitié droite et l'autre à la moitié gauche du centre médullaire. Ces parties altérées sont les prolongements des faisceaux non entre-croisés, que les pyramides antérieures envoient à la moelle. Elles ont été décrites maintes et maintes fois dans les traités classiques d'anatomie et il ne me semble pas qu'on doive leur donner le nom de Tûrck, pour cette seule raison que ce médecin en a indiqué le premier l'altération dans les cas de sclérose médullaire descendante, en rapport avec les lésions encéphaliques. Les lésions de ces parties directes des prolongements des pyramides antérieures dans la moelle ne sont bien inconnaissables, en général, que dans la région cervicale du centre médullaire. Parfois, comme l'ont vu MM. Debove et Gombault et M. Leyden , on observe un certain degré d'atrophie de ces mêmes faisceaux antérieurs au voisinage du trajet des racines antérieures. Les altérations peuvent même être plus considérables et occuper plus que toute l'épaisseur des cordons antéro-latéraux, du moins dans la région cervicale, tout en

restant plus prononcées dans la partie postérieure des faisceaux latéraux que partout ailleurs '.

D'autre part, les lésions de la substance blanche s'étendent par en haut, au delà de la moelle épinière. On les retrouve dans le bulbe rachidien. Les pyramides antérieures offrent une atrophie pareille à celle que l'on constate dans l'une d'elles, lorsqu'il y a lésion unilatérale des parties moyennes et antérieures des radiations pédonculaires (capsule interne). Les prolongements des pyramides dans la protubérance annulaire et dans les pédoncules cérébraux subissent aussi un travail manifeste de sclérose. Dans un cas de sclérose latérale primitive et amyotrophique, MM. Pick et Kahler â cités par M. Charcot, ont constaté l'existence de nombreux corps granuleux dans la partie externe du tiers moyen de l'étage inférieur des pédoncules cérébraux. Après durcissement dans la solution aqueuse d'acide chromique, on a reconnu que cette région offrait une sclérose manifeste. Il y avait même, dans ce cas, des modifications cérébrales : « Les sillons compris entre les cir- » convolutions frontales et occipitales étaient grêles et durs » et les sillons précentral et central étaient très larges et très profonds. » M. Gharcot avait constaté aussi, dans un cas, l'existence de corps granuleux dans le pied du pédoncule 3 et M. Dejerine, dans l'observation déjà citée, avait suivi l'état scléreux des pyramides jusqu'à l'étage supérieur de la protubérance 4. M. Flechsig a été conduit à considérer la maladie comme ayant pour siège le système conducteur direct corticomusculaire 5. Plus récemment, M. Marie a fait, sur ces lésions encéphaliques de la sclérose latérale amyotrophique, une com-

1 Charcot et Joffroy. Loc. cit. -A. Adamkievicz. Ein Fall von amyotvophischer Bulïarparalyse mit Degeneration der Pyvamidenbahnen, Charité-Annalen, V. Jahrg.

— PI. 2, fig. 2 et 3. ' .

2 Voir- Kahler et Pick. Ein Fall amyotrophischer Bulbur laralyse mit den Ersche'inunqen der amyotrophischen Lateral-sclerose Charcot' s. (Anal, in Centralblatt , 1880 p 106) Dans ce travail, les auteurs qui ont trouvé des corps granuleux dans les pyramides, dans les faisceaux de la partie antérieure du pont de Va rôle et dans le tiers moyen des deux pédoncules cérébraux, disent qu'ils ont constate aussi une atrophie des circonvolutions centrales. Ils en concluant que le processus morbide se propage des faisceaux pyramidaux à la capsule interne et jusqu'à l'écorce du cerveau.

:»,. Résumé des leçons de M. Gharcot, par M. E. Brissaud. Sclérose latérale amyotrophique. Autonomie et caractère spasmodique de cette affection (Le Progrès médical, il janvier 1880). J.-M. Gharcot. Leçons sur les localisations dans les maladies du cerveau et de la moelle épinière, pp. 385 et suiv.

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