Loc. cit
vestiges d'une myélite aiguë, ayant atteint, d'une façon prédominante, la substance des cornes grises antérieures. Il aurait vu les mêmes altérations de la moelle dans un cas de myélite provoquée par une fracture vertébrale, cas dans lequel la mort avait eu lieu sept ans après le début.
Quant aux muscles, leurs altérations étaient semblables aussi à celles de la paralysie atrophique de l'enfance. Les muscles, atteints dans leur ensemble, étaient entièrement atrophiés et ceux qui avaient été moins affectés présentaient une atrophie par faisceaux : deux caractères qui distinguent la paralysie atrophique de l'atrophie musculaire progressive1.
Je crois que Ton peut considérer encore comme un fait de paralysie amyotrophique aiguë de l'adulte un cas publié par M. Aufrecht sous le nom de paralysie spinale subaiguë. Dans ce cas où la mort est survenue par suite de tuberculose miliaire aiguë, quatre semaines après le début de la maladie, on constata l'existence de lésions à peu près semblables à celles que nous venons d'indiquer. L'atrophie des cellules nerveuses n'était pas bornée aux cornes antérieures : les cellules des parties antérieures des cornes postérieures et celles des colonnes de Clarke participaient à la lésion. Les racines des nerfs étaient intactes. Les muscles atteints offraient, en même temps que les altérations atrophiques ordinaires, des indices d'un travail de régénération 2.
La marche de la maladie n'offre chez l'adulte aucune particularité qui la différencie nettement de ce qu'elle est chez l'enfant. 11 faut rappeler cependant que la paralysie, ainsi que je l'ai dit, ne se produit pas d'habitude aussi rapidement que chez l'enfant.
La paralysie spinale aiguë de l'adulte ne paraît pas mettre la vie du-malade en danger: comme celle de l'enfant, elle n'est plus ou moins grave que par les difformités et les altérations fonctionnelles plus ou moins considérables qu'elle détermine, toutefois on peut voir aussi, chez l'adulte, la lésion médullaire,
1. Fr. Schulizc. ]icjih-/'if/e zur Pathologie and patliologischen Anatomie des centralen Nervensyslems.. . IV. Die anatomisclicu Vcrdnderungen bei der acuten atrophiachen Ltihmung der Ervoachseneii (Virchow's Archiv LXXIII... Anal, in Centralblatt, 1879, p. 41).
2. E. Aufrecht. Die lïrfjebnisseeiucs Faites von subacuter Spinal-Paralysé, insbesondere fur die Lehre von der Muskel und Nervenregeaeration (Deutsehes Archiv P. Kl in. Med., XXII, p. 33. — Anal, in Centralblatt f. med. W., 1879, p. 79).
produite par la spodiomy élite antérieure aiguë, devenir plus tard le point de départ d'une autre affection de la moelle, de celle, par exemple, qui détermine l'atrophie musculaire progressive. C'est un fait que d'ailleurs on n'observe que bien rarement. 11 est tout aussi rare, pour le moins, d'observer une récidive de la maladie. Le fait rapporté par M. Boddaert 1 en est un exemple remarquable. Le malade avait eu une première atteinte grave de paralysie atrophique vers l'âge de 33 ans. La guérison avait été incomplète. 20 ans plus tard, il fut pris de pleuro-pneumonie. Le quatrième jour de cette maladie, iJ se réveilla, le matin, paralysé des quatre membres, comme la première fois. Les effets de cette seconde attaque se dissipèrent peu à peu sous l'influence du traitement et, au bout de 3 mois, il était revenu à l'état dans lequel il était avant sa pneumonie.
Le pronostic de la spodiomyélite antérieure aiguë est, d'une façon générale, moins grave chez l'adulte que chez l'enfant. Chez l'adulte, en effet, on peut obtenir, dans un certain nombre de cas, une guérison complète : non seulement les muscles atteints récupèrent leur fonctionnement ; mais même l'atrophie disparaît complètement, sous l'influence d'un traitement approprié et continué avec persévérance. Les exemples de succès de ce genre sont bien plus rares dans la paralysie atrophique de l'enfance, lorsque la maladie frappe un grand nombre de muscles et produit un travail d'atrophie dans plusieurs d'entre eux.
Quand la poliomyélite est peu étendue et qu'elle n'est pas assez intense pour amener la disparition complète des éléments de la substance grise qui ont été atteints, la maladie, comme je viens de le dire, peut se terminer par la guérison totale. C'est ce qui a eu lieu dans le cas suivant :
Le nommé St. âgé de 37 ans, comptable, entre à l'Hùtel-Dieu dans, le service de M. Vulpian, salie St-Denis, n° 7, le 26 octobre 1883. C'est un homme d'une constitution robuste et dont toute la famille a joui d'une bonne santé. A l'âge de 24 ans, il a été atteint de syphilis. Entré alors à la maison municipale de santé, il y a été soigné pendant deux mois. Depuis lors il n'a suivi aucun traitement ; mais il n'a vu reparaître aucun accident syphilitique. Aucune habitude alcoolique. A l'âge de 30 ans, il a eu une attaque de rhumatisme articulaire aigu qui a duré six semaines,