Béziel. Thèse de Paris, 1864, n
•">. Aug. OUivier (Des atrophies musculaires. Paris, 1869).
VINGT-CINQUIÈME LEÇON. 54a
ration de Gubler; celle de M. Sabourin l; la seconde communication faite à la Société de chirurgie, en d 876, par M. Le Fort et les remarques de M. Verneuil à l'occasion de cette communication 2, et enfin le passage que M. James Paget, dans ses Leçons de clinique chirurgicale , a consacrées à l'exposé de ses opinions sur ce sujet3. Je dois citer encore les Leçons sur les maladies du système nerveux de M. Charcot \ J'ai indiqué déjà les thèses inaugurales, publiées récemment et qui reproduisent toutes, comme je le fais moi-même d'une façon très abrégée, l'historique tracé par M. Valtat.
Symptômes. L'ensemble des faits connus montre que les affections des jointures peuvent toutes déterminer une atrophie plus ou moins rapide et plus ou moins étendue des muscles du membre affecté. Ce ne sont pas seulement les arthrites graves qui se compliquent de cette lésion secondaire : on peut l'observer même dans les simples entorses, dans les contusions des régions articulaires. L'atrophie musculaire est très fréquente dans les arthrites par traumatisme : elle s'observe assez fréquemment à la suite de luxations, même lorsqu'elles sont réduites peu de temps après l'accident \ Elle se produit encore dans le cours de l'arthrite rhumatismale aiguë et surtout de celle qui est subaiguë, principalement lorsqu'elle est uniarticulaire; soit qu'il s'agisse d'une arthrite uni-articulaire d'emblée, soit que le rhumatisme, d'abord polyarthritique, abandonne plus ou moins rapidement toutes les jointures à l'exception dune seule, dans laquelle il se fixe exclusivement. Elle se manifeste d'ailleurs aussi, et parfois à un haut degré, dans le rhumatisme articulaire subaigu ou chronique, polyarthritique et progressif. On observe l'atrophie musculaire dans
1. Sabourin. De l'atrophie musculaire rhumatismale (Thèse. Paris, 1873).
2. Voir aussi : 0. Ghristin. De la paralysie et de V atrophie des muscles de la cuisse dans quelques affections du genou. Paris, A. Parent, 1880. On consultera aussi avec profit la thèse inaugurale de M. Moussous. Des atrophies musculaires succédant aux affections articulaires. Bordeaux, ihSo.
3. J. Paget. Leçons de clinique chirurgicale, traduites par Petit. (Paris, 1817).
4. J.-M. Charcot (Leçons sur les maladies du système nerveux, faites à la Salpêtrière,t. 111, 1er fascicule, 1883).
5. Gomme exemple, on peut citer l'observation suivante : P. Berger, Sur un cas d'atrophie musculaire portant sur les muscles de l'épitrochlée et consécutive à une luxation du coude réduite. Guérison par les courants continus. (Communication à la Société clinique de Paris, séance du 4 juillet 1877. — La France médicale, 25 août 1877. — Voir aussi la discussion, à la suite de la communication de M. Berger).
des cas d'arthrite goutteuse1, d'arthrite blennorrhagique; on la constate aussi dans des cas d'arthrite ataxique2, d'arthrite scrofuleuse ou tuberculeuse, d'hydarlhrose3.
Un individu, par suite d'un faux mouvement, d'une chute à terre, se fait une entorse d'une jointure, de l'articulation tibiotarsienne d'un côté, par exemple. 11 éprouve une douleur très vive; cette douleur se calme un peu au bout de quelques instants ; la marche redevient possible, bien que très pénible ; mais après un quart d'heure, une demi-heure, la douleur devient si vive que le pied ne peut plus être appuyé sur le sol de façon à supporter le poids du corps. La région de l'articulation se gonfle, se tend, rougit un peu ; tous les phénomènes de l'entorse se développent rapidement; le repos complet du membre est indispensable. Le malade reste couché ou assis, le membre inférieur étendu; on traite la jointure malade et, au bout de quelques jours, le gonflement diminue, la rougeur et la chaleur disparaissent, la douleur s'atténue; mais la locomotion, même alors qu'il n'y a aucune complication locale plus ou moins grave, reste difficile pendant une ou deux semaines et quelquefois pendant plus longtemps encore. Si l'on examine comparativement les deux membres, 8 ou 10 jours après l'accident, on voit, dans un certain nombre de cas, que la jambe, du côté de l'entorse, est moins grosse que celle du côté sain; les muscles du mollet sont moins fermes à la palpation et le malade ne les durcit pas, par la contraction volontaire, aussi vigoureusement qu'il le fait de l'autre côté. La mensuration accuse une réduction de la circonférence de la jambe, réduction d'un centimètre ou même plus considérable. S'il s'agit d'une forte entorse et si la disparition des phénomènes aigus a été lente, la diminution du volume de la jambe augmente et l'on peut trouver deux à trois centimètres de moins pour la circonférence de cette jambe comparée à la circonférence de la jambe opposée. Lorsque la guérison de l'entorse a lieu, les divers muscles atrophiés tendent à reprendre leur volume primitif; mais il peut s'écouler quelques semaines ou même des mois avant que toute trace de la diminution du volume de la
1 . J. Cornillon. Amyotrophies consécutives à deux accès de goutte, simulant l'atrophie muscnlaiv progressive {Le Progrès Médical, 2G mai 1.S83). — Bouloumié. Des atrophies goutteuses et de leur traitement [Soc. de Thérapeutique, 23 mai 1884).