‹ Maladies du système nerveux (volume 2)Chapitre 28 sur 49 · PARALYSIE SPINALE AIGUË DE L'ADULTE · texte numérisé non relu

PARALYSIE SPINALE AIGUË DE L'ADULTE

des accidents, cette jeune fille fut examinée par Duchenne, voici quel était son état :

Aux membres inférieurs, tous les muscles avaient recouvré leur motilité, sauf le jambier antérieur droit qui était atrophié, et cette atrophie avait entraîné à sa suite un commencement de piedbot équin.

Aux membres supérieurs, il y avait une paralysie complète avec atrophie du deltoïde, du sous-épineux, des fléchisseurs de Tavantbras sur le bras, des interosseux et des muscles de Téminence thénar ; k droite, dans tous ces muscles, Texcitabilité faradique était abolie. A gauche, la paralysie s'était localisée dans le grand dentelé et dans les fléchisseurs des doigts.

Pendant toute la durée de la maladie, il n'y avait eu aucun trouble de la sensibilité (en dehors des douleurs signalées plus haut), ni trouble de la miction et dé la défécation.

Un traitement par la faradisation localisée produisit une amélioration assez considérable dans certains muscles atrophiés.

Vous retrouvez, en somme, dans cette maladie, la môme succession d'étapes que nous avons déjà signalée à propos de la paralysie infantile, à savoir :

Période prodromiqiie. — Une première période prodromique, caractérisée par de la fièvre et une fièvre quelquefois très violente, par des douleurs dans les lombes et dans les membres, par des fourmillements, par une sensation d'engourdissement dans les parties que va envahir la paralysie, par de la céphalalgie, de la somnolence, quelquefois par du délire, par des symptômes gastriques, tels que des vomissements.

Cette phase prodromique ne dure jamais longtemps, quelques heures, deux ou trois jours au plus.

Période d'état ou de paralysie. — Puis survient la paralysie, une paralysie qui frappe d'emblée, c'est-à-dire en quelques heures, un grand nombre de muscles. Ainsi, dans l'exemple emprunté à Duchenne, que je viens de vous citer, les quatre membres ont été frappés d'impuissance motrice.

Cette paralysie est flasque, sans trace de contracture dans les muscles. Quelquefois elle s'accompagne d'un peu de paralysie de la vessie. En thèse générale, on note Tabsence de tout autre trouble fonctionnel ; la sensibilité , les fonctions des sphincters, notamment, restent intactes ; il ne se forme point de ces troubles

trophiques, tels que des ulcérations au siège, qu'on rencontre dans d'autres formes de myélites. Tout au plus existe-t-il, dans les membres paralysés, une diminution ou la disparition des réflexes tendineux, mais le fait n'est pas constant. Par contre, dès cette seconde phase de paralysie, Texcitabilité électrique des muscles paralysés est compromise.

Comme il arrive pour la paralysie infantile, la paralysie motrice, dans les cas de poliomyélite antérieure aiguë de Tadulte, est curable ; à titre de preuve, je vous mentionnerai l'observation d'un auteur allemand, Frey. Soit dit en passant, je réserve ime description à part à une forme de « Paralysie générale spinale à forme rapide et curable décrite » par mes collègues Landouzy et Déjerine.

Dans la poliomyélite antérieure aiguë de l'adulte, la guérison à la phase paralytique est assez rare ; il est de règle qu'à la période de paralysie succède une période d'atrophie musculaire.

Période (Tatrophie. — Au bout de un ou deux septénaires, quelquefois plus tôt, un certain nombre des muscles paralysés récupèrent leurs fonctions. En même temps, les autres sont envahis par une atrophie à marche rapide, qui atteint en peu de temps son maximum d'intensité et d'étendue. Les choses se passent donc absolument comme dans les cas de paralysie spinale infantile. Cette analogie de symptômes se poursuit, notamment pour ce qui concerne les résultats de l'exploration électrique des muscles paralysés et atrophiés.

Résultats de t examen électrique, — Déjà Duchenne avait constaté que l'excitabilité faradique est abolie dans les muscles privés de mouvements et en voie d'atrophie, dans les cas de paralysie spinale aiguë de l'adulte.

Après Duchenne, Salomon et Erb, en Allemagne, se sont occupés d'étudier d'une façon spéciale l'état de l'excitabilité et de la contractilité électrique dans les cas de poliomyélites antérieures aiguës Salomon, le premier, a reconnu qu'on observe dans cette forme de paralysie spinale l'ensemble et la succession des modifications de l'excitabilité et de la contractilité électrique des nerfs et des muscles, connue sous le nom de réaction de dégénérescence et dont l'étude a fait l'objet d'une leçon spéciale, vous vous le rappelez sans doute. Erb (dans son Traité des maladies de la moelle)y dit que chez les sujets affectés de la paralysie spi-

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