‹ Maladies du système nerveux (volume 2)Chapitre 4 sur 49 · PATHOGÉNIE. — MODE DE DISTRIBUTFON, ETC · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE. — MODE DE DISTRIBUTFON, ETC

lion motrice passe forcément par la substance grise des cornes antérieures, lorsqu'elle a pour objectif un muscle animé par un nerf spinal ; elle sort de la moelle par les racines antérieures, chemine le long d'un certain nombre de fibres nerveuses motrices chargées de la conduire jusque dans l'épaisseur d'un ou plusieurs muscles. Arrivée jusqu'aux plaques terminales, cette incitation motrice provoquera une sorte de décharge, laquelle se traduit à nos yeux par un changement de forme des éléments constituants du muscle, des fibres musculaires ; ces fibres se raccourcissent en même temps cpi'elles augmentent d'épaisseur ; il y a eu contraction musculaire.

Réduite à sa plus grande simplicité, la contraction musculaire implique donc Tintervention d'un centre nerveux, représenté par une ou plusieurs cellules, d'un organe contractile représenté par une ou plusieurs fibres musculaires, et de filaments conducteurs qui relient les cellules nerveuses centrales aux fibres musculaires ou contractiles.

11 résulte de là que, lorsqu'un muscle perd la propriété de se contracter, cette impuissance fonctionnelle, qu'on appelle paralysie, peut dépendre :

Ou d'une modification des éléments contractiles du muscle ;

Ou d'une modification qui porte sur les centres nerveux de l'innervation motrice ;

Ou d'une interruption dans les filaments nerveux qui relient ces centres nerveux aax éléments contractiles.

Or, on a remarqué que certaines lésions centrales n'entraînent pas, comme conséquence unique, la paralysie, l'impuissance fonctionnelle d'un ou de plusieurs muscles, mais que la paralysie motrice se complique d'une dénutrition des muscles paralysés, qui aboutit à l'atrophie de leurs éléments contractiles.

Voilà un fait dont je vous ai déjà fait ressortir l'intérêt capital ; je vous ai dit aussi que sa connaissance nous était venue surtout des belles observations de Charcot. Les travaux de ce maître nous ont appris que les lésions qui intéressent certains territoires de la substance grise de la moelle entraînent, inévitablement, l'atrophie des muscles dont les nerfs moteurs émanent de ces mêmes territoires.

Centres spinaux trophiques, — D'oîi la nécessité d'adrceltre l'existence de centres spinaux trophiques^ à l'intégrité desquels

est liée, de la façon la plus étroite, Tintégrité de la nutrition des muscles. C'est également aux observations de Charcot que nous devons de savoir que ces centres trophiques sont compris dans la substance grise des cornes ou colonnes antérieures de la moelle, qu'ils sont représentés par les cellules multipolaires on ganglionnaires qu on trouve dans cette région de la substance grise.

Quant à savoir si, parmi ces cellules, les unes sont exclusivement chargées du rôle trophique, tandis que les autres auraient pour unique fonction de décharger sur les éléments contractiles des muscles les incitations motrices qui aboutissent à des contractions, c'est là un point sur lequel, je vous Tai déjà dit, ni Tanatomie ni la physiologie ne nous fournissent des éclaircissements précis.

Nerfs trophiques, — Par contre, la pathologie nous fait entrevoir comme vraisemblable cette séparation des cellules ganglionnaires en trophiques et ynotrices. Nous verrons, en effet, que dans certains cas, des lésions des cornes antérieures de la moelle peuvent entraîner de l'atrophie musculaire sans occasionner Semblée la paralysie des muscles atrophiés. Nous ne savons pas, d'ailleurs, si Xinflux trophique et Vinfliix nervomoteur se transmettent aux muscles par les mêmes fibres ou par des fibres distinctes; si, en d'autres termes, il y a ou il n'y a pas des filets nen^eux trophiques, distincts des fibres nerveuses motrices. Ici encore, la pathologie nous fournit des raisons de croire à une séparation d'attributions des fibres nerveuses qui relient les cellules des cornes antérieures aux éléments contractiles des muscles. Car nous verrons qu'on aobservé, à la suite d'altérations des nerfs, de névrites (multiples), des atrophies musculaires cpii ne se compliquaient pas d'emblée d'une paralysie des muscles atrophiés.

J'ajouterai toutefois que l'interprétation de ces faits donne matière à controverse, et que dans l'état actuel de la science, il est impossible de se prononcer sur cette question des rapports des filets nerveux moteurs et des filets nerveux trophiques. Je reviendrai sur ce sujet, au chapitre des Atrophies musculaires d'origine neuropathique.

Rdle du sijstème nerveux dans le développement de l'atrophie musculaire. — Tout ce que je viens de vous dire au sujet des rapports des muscles avec le système nerveux n'avait d'autre but

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