‹ Maladies du système nerveux (volume 2)Chapitre 5 sur 49 · PATUOGÉNIE. — MODE DE DISTRIBUTION, ETC · texte numérisé non relu

PATUOGÉNIE. — MODE DE DISTRIBUTION, ETC

que de préparer la conclusion pratique qui doit se dégager de cette leçon. Puisqu'il existe, dans les cornes antérieures de la moelle, des cellules ganglionnaires qui jouent, par rapport aux muscles, le rôle de centres trophiques, qui sont chargées de maintenir la nutrition des muscles dans les voies normales ; puisqu'il existe, d autre part, des filaments conducteurs, distincts ou non des fibres motrices, mais contenus dans les troncs nerveux, et qui relient ces centres trophiques aux éléments contractiles des muscles, il est clair que les lésions susceptibles d'entraîner des atrophies musculaires à leur suite peuvent intéresser primitivement trois ordres d'organes, ressortissant à un même appareil, à savoir :

V La substance grise des cornes antérieures de la moelle, qui comprend dans sa masse les centres trophiques des muscles ;

2*^ Les nerfs^ qui comprennent dans leur épaisseur les filaments chargés de conduire Tinflux trophique des cellules nerveuses aux muscles ;

3** Les muscles eux-mêmes^ considérés dans leurs éléments constituants seulement (fibres musculaires) ou dans leur trame vasculo-conjonctive ,

Classification des atrophies basée sur le siège primitif des lésions de l'appareil neuro-musculaire. — Vous voyez donc qu'au point de vue du siège primitif des lésions qui entraîneront comme conséquence des atrophies musculaires, celles-ci peuvent être groupées en trois classes :

1** Les atrophies musculaires qui se développent sous l'influence de lésions de la substance grise des cornes antérieures de la moelle. — Atrophies d'origine myélopathique.

2** Les atrophies musculaires qui se développent à la suite de lésions des troncs nerveux. — Atrophies d'origine neuropathique. 3" Les atrophies musculaires qui résultent de lésions intéressant primitivement les muscles. — Atrophies dorigine mijopathique.

On appelle encore les premières a/ro/^Aie^joro/ojoa/Afç'W^^, quand la lésion spinale intéresse primitivement la substance grise des cornes antérieures, et on donne le nom de deutéropathiques^ aux atrophies musculaires, myélopathiques dépendant d'altérations de la substance grise survenues à la suite d'altérations des faisceaux blancs de la moelle.

Equivalence fonctionnelle de la substance grise de la moelle et de la substance grise du bulbe, Atrophiesmu^ciUaires d'origine bulbaire, — Quand jeparle ici de la substance grise delamoelle, je devrais ajouter, de la moelle et du bulbe. Vous devez savoir en effet que les Ilots de substance grise compris dans le bulbe ne sont que des prolongements de la substance grise de lamoelle. Le bulbe n'est pas seulement en continuité avec la moelle ; ces deux portions des centres nerveux présentent une organisation analogue. Seulement, en passant de la moelle dans le bulbe, la substance grise, au lieu de former une colonne continue, se dissémine en îlots, qui représentent, les uns, des centres (noyaux) moteurs, les autres, des centres (noyaux) sensitifs. Les noyaux moteurs disséminés dans le bulbe sont, au point de vue fonctionnel et trophique, l'équivalent des colonnes antérieures de la moelle. Vous concevez donc que les altérations destructives de ces noyaax moteurs bulbaires pourront entraîner Talrophie des muscles innervés par le bulbe, au même titre que les altérations destructives des cornes antérieures de la moelle engendrent l'atrophie des muscles qui tirent leur innervation de la moelle. Nous nous occuperons d'une façon spéciale de ces atrophies consécutives à des lésions bulbaires.

Existe-t'il des atrophies muscidaires d'origine cérébrale? — Avant de poursuivre, je crois devoir, incidemment, soulever une question destinée à jeter plus de clarté dans vos esprits, la voici : Les lésions centrales susceptibles d'engendrer de Tatrophie musculaire ne peuvent-elles siéger plus haut^que le bulbe ? En d'autres termes, l'atrophie musculaire ne peut-elle pas se développer comme conséquence directe d'une lésion siégeant dans le cerveau, intéressant soit la substance grise des ganglions centraux, soit la substance grise de Técorce des hémisphères ? Je me bornerai, pour le moment, à faire à cette question la réponse suivante : oui, on observe quelquefois de l'atrophie musculaire à la suite d'une lésion qui intéresse la substance grise des hémisphères. Mais il est généralement admis que, dans ces cas, l'atrophie musculaire n'est qu'une conséquence indirecte de la lésion cérébrale, que celle-ci retentit sur les cellules des cornes antérieures pour entraver ou suspendre leur action trophique.

Toutefois on vient de publier des faits qui, semble-t-il, échappent à cette interprétation, des faits d'atrophie musculaire survenue à la suite d'une lésion cérébrale, et où il a été im-

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