PATUOGÉNIE. — MODE DE DISTRIBUTION, ETC
possible de trouver les traces objectives du retentissement que celle-ci est censée exercer sur la substance grise des cornes antérieures de la moelle. Il s'agit là d'une question encore mal connue. Aussi je crois devoir remettre à plus tard le soin de vous l'exposer plus amplement.
Distinctions à établir dans V étude des atrophies musculaires. — Je vous ai montré les relations de Tatrophie musculaire avec les altérations interstitielles et parenchymateuses, qui, survenant dans un muscle, aboutissent à une désorganisation plus ou moins étendue de sa substance contractile. Je vous ai montré aussi que ces altérations interstitielles ou parenchymateuses, qui engendrent Tatrophie musculaire, peuvent naître sur place, dans le muscle affecté, ou peuvent être fomentées en quelque sorte par une lésion préexistante des nerfs ou des centres trophiques spinaax de ce muscle. Nous aurons, dans la suite, à tenir compte de ces distinctions, nous aurons à nous demander si, dans un cas donné, les altérations musculaires qui ont préparé et engendré Tatrophie étaient surtout interstitielles ou si elles revêtaient d'une façon prépondérante le caractère parenchymateux; nous aurons surtout à tenir compte de la nature myopathique ou myélopathique des atrophies musculaires. Toutefois je tiens à vous dire de suite qu'il ne faudrait pas attacher à ces distinctions la valeur d'une classification naturelle; ce sont simplement des points de vue, que j'évoque dans vos esprits poiu* cpi'il vous soit plus facile de vous reconnaître dans cette étude des atrophies musculaires, qui est un des chapitres les plus embrouillés de la pathologie nerveuse.
Nous avons donc considéré les atrophies musculaires envisagées dans leur ensemble, en nous plaçant successivement au point de vue de l'histologie et au point de vue de la pathogénie. Pour compléter cette étude préparatoire, il me reste à vous faire voir les choses, qui sont du ressort de ces leçons, à d'autres points de vue, à savoir : la distribution de l'atrophie musculaire et Vétiologie.
Modes de distribution de l'atrophie musculaire. — Voyons d'abord ce qui est relatif à la distribution de l'atrophie musculaire, dans les formes cliniques variées sous lesquelles elle se présente à notre observation.
J'aurai à vous faire voir, dans la suite de ces leçons :
Que tantôt l'atrophie se limite à une portion d'un muscle, ou à un seul muscle, ou à plusieurs muscles voisins, animés par
une même branche nerveuse, et qu'elle reste indéfiniment fixée, immobilisée dans ce territoire restreint, sans manifester aucune tendance à envahir les muscles d'un autre groupe. — Atrophies circonscrites;
Que d'autres fois, au contraire, Tatrophie musculaire, débutant par un point circonscrit, gagne ensuite successivement un plus ou moins grand nombre de muscles rapprochés ou éloignés de ce point de départ, et sans que cet envahissement progressif se fasse par vole de contiguïté ; Tatrophie saute souvent d'un muscle à un autre, alors que les deux muscles atrophiés ne sont point animés par un même tronc nerveux, et en respectant des muscles compris entre ceux qui sont successivement atteints. — Atrophies progressives;
Qu'indépendamment de ces deax modes de distribution et d'évolution des atrophies, il en est un troisième, où l'atrophie suit en quelque sorte une marche inverse que dans le cas précédent. L atrophie intéresse d'emblée un grand nombre de muscles voisins ou éloignés, puis, au bout de quelque temps, elle perd en étendue, pour se localiser dans une partie seulement des muscles primitivement atteints, mais dans des muscles qui, le plus souvent, sont animés par des nerfs distincts. Ici donc, l'atrophie n'est plus circonscrite comme dans le premier cas ; elle n'est pas non plus à extension progressive, comme dans le second cas, elle est à la fois fixée sur place et disséminée, diffuse. — Atrophies diffuses.
Étiologie générale des atrophies musculaires, — Or, si je me reporte maintenant au point de vue étiologique, si je considère les causes qui engendrent l'atrophie musculaire, je puis vous dire, dès maintenant, que, d'une façon générale, les atrophies circonscrites se développent sous l'influence de causes locales, tangibles, faciles à mettre au jour. Ce sont des atrophies qui se développent à la suite de la compression d'un muscle (ou d'une portion de muscle) par une tumeur, par une exostose, par un os luxé, par un appareil orthopédique, etc., ou à la suite d'une inflammation de voisinage, ou à la suite de la compression, de la section traumatique, de l'inflammation d'un nerf.
Ces atrophies-là constituent desimpies épisodes pathologiques, qui n'atteignent pas, en nosologie, le rang qu'on attribue aux affections, aux maladies.