PATHOGKNIE. — MODE I»E DISTRIBUTION, ETC
Au contraire, les atrophies qui évoluent suivant le second et le troisième modes, atj'ophies progressives d*une part, atrophies diffuses de Tautre, ressortissent à de véritables affections ou maladies, et se développent le plus ordinairement sous Tinfluence de causes difficiles à saisir, qui nous échappent presque toujours. C*est tout au plus si, à Theure présente, nous savons que, dans 1 etiologie de quelques-unes de ces formes d'atrophie, ï hérédité morbide joue un rôle prépondérant, indéniable, que d'autres se développent à la suite de maladies réputées infectieuses, telles que la fièvre typhoïde, en quel cas Tatrophie n'est peut-être que la conséquence de l'action nocive exercée par un virus sur les muscles, leurs nerfs, ou la substance grise de la moelle ; hypothèse d'autant plus vraisemblable, que certaines atrophies diffuses reconnaissent pour cause manifeste Timprégnation de l'organisme par un poison inorganique, le plomb par exemple.
Enfin l'accord tend de plus en plus à se faire sur ce point que la forme d'atrophie musculaire progressive la mieux connue, l'atrophie musculaire progressive de Duchenne, isolée des îormes familiales décrites dans ces derniers temps et confondues d'abord avec la première, se développe sous l'influence apparente de l'abus fonctionnel de certains muscles, sous l'influence d'un excès de travail imposé aux muscles les premiers atteints par l'atrophie.
Et comme le muscle en travail fabrique de véritables produits toxiques, qui séjournent plus ou moins longtemps sur place, on s'est demandé si cette forme d'atrophie progressive n'est pas aussi la conséquence d'une intoxication, — intoxication aw/ocA/one, c'est-à-dire ayant sa source dans l'intimité de l'organisme du malade. Ce sont là autant de points sur lesquels j'aurai à revenir en détails, dans le cours de ces leçons. Mais je crois déjà, par ces notions générales, vous avoir montré combien sont restreintes nos connaissances actuelles en matière d'étiologie des atrophies musculaires progressives et des atrophies diffuses, autrement dit de celles qui offrent le plus d'intérêt pour le médecin.
Résumé; classification des atrophies 7nusculaires. — Résumons maintenant, dans un tableau d'ensemble, les notions générales que je vous ai exposées sur le mécanisme suivant lequel se développe l'atrophie dans les muscles, sur la distribution et l'évolution de l'atrophie musculaire, sur ses rapports avec l'état des parties de l'appareil moteur autres que le muscle, sur ses
causes ; nous arriverons à établir les subdivisions suivantes, qui nous serviront de guide dans Tétude de ce qui va suivre.
A. Les altérations musculaires qui préparent et engendrent Tatrophie de la substance contractile du muscle sont à la fois des altérations parenchymateuses, et des altérations interstitielles. Suivant que les unes ou les autres de ces altérations prédominent, la myopathie atrophiante sera qualifiée de parenchymateiise ou àHnlerstitielle^ qualification qui, vous le comprenez maintenant, n*a qu'une valeur relative.
B. Ces altérations musculaires, qui préparent et engendrent l'atrophie de la substance contractile, peuvent naître sur place, provoquées qu'elles sont par une ou des causes qui agissent directement sur le muscle affecté. Ou bien, elles succèdent à des altérations préexistantes, qui intéressent soit les centres trophiques (substance grise des cornes antérieures) sous la dépendance desquels sont placés les muscles voués à Tatrophie, soit les nerfs moteurs qui relient ces muscles aux centres trophiques en question ; de là cette subdivision des atrophies, que vous connaissez déjà, en : Atrophies myopathiques^ atrophies myélopathiques^ atrophies neuropathiqiies,
C. L'atrophie musculaire une fois constituée peut se cantonner indéfiniment dans une portion de muscle ou dans un seul muscle, ou dans plusieurs muscles voisins, innervés par une même branche nerveuse.
Ou bien, limitée d'abord à un muscle, elle envahira peu à peu et progressivement d'autres muscles plus ou moins éloignés du point de départ, sans suivre une voie de contiguïté, et cet envahissement successif et progressif peut se continuer indéfiniment.
Ou bien encore, l'atrophie musculaire frappe d'emblée un plus ou moins grand nombre de muscles appartenant à des régions diverses du squelette, après quoi elle tend à perdre en étendue, à limiter ses ravages ; de là cet|e autre subdivision des atrophies en:
Atrophies circonscrites^ qui, dans la très grande majorité des cas, sont d'origine myopathique ouneuropathique;
Atrophies progressives , qui peuvent être myopathiques, neuropathiques ou myélopathiques ;
Atrophies diffuses^ qui semblent être toujours d'origine myélopathique.