UU TABES DORSALIS
Un pareil département constitue un système, et l'on qualifie de Ce qu'on entend sijslèmatiques, les affections des centres nerveux correspondant '^'^'^ système, à des lésions localisées dans un pareil territoire.
On a étendu cette conception du système aux faisceaux dont se compose la substance blanche des centres nerveux. Vous savez certainement que cette substance blanche est constituée exclusivement par des filaments conducteurs ou fibres nerveuses, qui relient entre eux les amas de substance grise. Ces amas , composés de cellules, représentent les centres proprement dits, les organes percepteurs et réflecteurs, c'est-à-dire les organes qui transforment les impressions sensitives en sensations et en incitations motrices.
Or, ces filaments conducteurs, qui composent la substance blanche des centres nerveux, forment un enchevêtrement qu'on a bien de la peine à démêler et qui reste inextricable en bien des régions de la masse cérébro-spinale. Pour démêler cet enchevêtrement, on a fait appel à des procédés de recherche variés. Pour le dire de suite, c'est l'étude du développement embryogénique du système nerveux qui, dans le cours de ces vingt dernières années, a surtout fait avancer nos connaissances sur le trajet et les rapports des faisceaux de la substance blanche des centres cérébro-spinaux, sur l'agencement intime des fibres de cette substance.
L'étude du développement embryogénique des centres nerveux nous a révélé un fait de la plus haute importance; c'est que, les différents faisceaux qui, chez l'adulte, concourent à former une même région de la substance blanche, par exemple les cordons latéraux ou les cordons postérieurs, ces différents faisceaux, dis-je, n'ont pas un développement synchrone, à en juger d'après l'époque à laquelle leurs fibres s'entourent de gaines de myéline. Pour des faisceaux voisins, conligus, l'apparition des gaines de myéline se fait à des époques variables du développement embryonnaire; elle se fait toujours à la même époque, pour les fibres qui constituent un même faisceau. Or, d'une façon générale, les fibres qui, dans une certaine régiondes centres nerveux, ont un développement synchrone, ces fibres ont aussi les mêmes aboutissants. Elles partent d'un même amas de substance grise, d'un même centre^ pour aboutir à un même autre territoire gris, ou à des organes terminaux ayant une même
TRAITÉ DES MALADIES DU SVSTÈiME NERVEUX
>e qu'on entend par alTection ou maladie systématique.
,e tabès dorsalis est classé dans
les alTections systématiques
de la moelle.
Considérations historiques.
valeur fonctionnelle. C'est ce qui a lieu, par exemple, pour le faisceau pyramidal, composé de fibres qui relient les cellules ganglionnaires de la zone psycho-motrice du cerveau aux muscles, selon les uns, aux cellules ganglionnaires des cornes antérieures de la moelle, suivant d'autres.
Eh bien! on est convenu d'étendre la dénomination de système, à tout faisceau de substance blanche constitué par des fibres dont le développement, pendant la vie embryonnaire, est synchrone, et qui par suite sont sensées réaliser le même mode d'intercalation, pour me servir de l'expression de Flechsig, de celui qui a inauguré ce procédé de recherches et qui en a su tirer un parti remarquable.
De même, on a compris dans les affections systématiques des centres nerveux, celles de ces affections dont la lésion intéresse un système de fibres défini comme je viens de le faire.
Il peut arriver d'ailleurs qu'une affection des centres nerveux soit en rapport avec des lésions qui intéressent à la fois deux ou trois systèmes ainsi définis. On a donné à ces maladies le nom à.' affections systématiques combinées.
Dans mes précédentes conférences, j'ai déjà eu l'occasion d'étudier une affection de cette nature, où les lésions intéressent à la fois le système représenté par la substance grise des cornes antérieures, et le système représenté par le faisceau de substance blanche désigné sous le nom de faisceau pyramidal. Je veux parler de la sclérose latérale amyotrojihique, dont l'existence, en tant qu'entité morbide, nous a été révélée par Charcot. L'étude de cette maladie devait me servir de transition entre ma première série de conférences et celles que je me proposais de faire dans la suite; c'est ce projet que je viens aujourd'hui mettre à exécution. Quelques mots seulement sur mon programme-
Je vais consacrer d'abord quelques-unes de nos entrevues à l'étude d'une maladie que vous avez souvent l'occasion d'observer dans nos salles, car elle est connue aujourd'hui pour extrêmement fréquente, et que l'on classe précisément dans les affections systématiques de la moelle. Je veux parler du tabès dorsalis, que vous entendrez encore appeler du nom d'ataxie locomotrice progressive.
Je ne m'arrêterai pas longtemps à l'historique de cette maladie. Je désire seulement, à ce propos, vous donner quelques