‹ Maladies du système nerveuxChapitre 18 sur 85 · Nous dirons d'abord un mot des divers modes à^explo · texte numérisé non relu

Nous dirons d'abord un mot des divers modes à^explo

1 Voy. Vulpian; Arch. physiol, 1871-72. — Straus; art. Muscles, m Nouv. Dictionn. méd. et chir. prat.

288 DIX-HUITIÈME I.ECOX.

ration électrique ' des nerfs el des muscles, et des résultats obtenus physiologiquement. C'est un point trop ignoré ou trop négligé par la généralité des praticiens, qui électrisent presque au hasard et croient avoir tout fait en promenant des électrodes sur un membre paralysé. L'analyse précise des parties atteintes a une grande importance pour l'électrisation ; le mode d'emploi, le lieu d'application, etc., sont des éléments d'une importance capitale pour le succès de l'électrothérapie.

On emploie le courant induit ou le courant continu. Le courant induit ( interrompu ) provoque des contractions d'abord cloniques dans les muscles et ensuite le tétanos ; on peut l'appliquer sur les muscles ou sur les nerfs. Duchenne s'est immortalisé en étudiant et en réglementant l'emploi de ce moyen; il a fondé l'électrisation localisée, c'est-à-dire l'art d'explorer par le courant faradique l'état de chaque muscle et de chaque nerf.

Un exemple vous montrera l'importance de ce mode d'examen. A l'Hôpital-Général est un malade qui paraît avoir un état bizarre de la motililé : il n'y a pas de mouvement qui lui soit positivement impossible ; seulement il fatigue toujours beaucoup pour mouvoir ses membres et ne le fait qu'avec une extrême lenteur et en s'y prenant à plusieurs fois. En examinant muscle par muscle la contractilité faradique chez cet homme, nous avons vu trèsnettement l'origine de cet état. Un certain nombre de muscles déterminés ne fonctionnent plus ou ne fonctionnent qu'incomplètement. Comme ces muscles sont épars, les mouvements sont possibles , mais ils ne le sont que par des suppléances ; le malade est obligé d'employer des biais, des subterfuges, pour exécuter les mouvements commandés. De là, cette lenteur et cette fatigue qui étaient inexplicables avant la faradisation localisée. Une

1 Erb ; loc. ciê., pag. 384. — Straus-, loc. cit.. pag. 3'24. — Legros et Oaimus ; art. Musculaire (système) (P/ii/stoL), in Dictionn. encycl. — Voy. aussi : Teissier fils ; Th. d'agrégat. Paris, 1878.

fois cet état constaté, nous sommes arrivé au diagnostic d'une paralysie spinale aiguë de l'adulte qui avait frappé définitivement, après sa rétrocession, certains muscles disséminés dans les différentes parties du corps.

Les effets du courant électrique sur les muscles et les nerfs sont toujours fortement diminués et atténués en clinique, parce que l'action ne s'exerce qu'à travers la peau, qui oppose de la résistance, même quand elle est mouillée. Ainsi, un certain temps après la section d'un nerf, l'électrisation à travers la peau ne donne plus aucun résultat, et Vulpian a montré qu'à ce moment le muscle et le nerf mis à nu étaient encore excitables. Cela prouve que les résultats obtenus en clinique ne représentent pas d'une manière absolue la vérité, mais cela ne les empêche pas d'être comparables entre eux, et par suite d'avoir une valeur séméiologique.

On peut explorer les muscles et les nerfs. Pour cela, on place les deux pôles sur la partie à étudier, ou bien un pôle sur le nerf, l'autre sur le muscle, ou encore un sur la colonne vertébrale, l'autre sur le nerf, etc.

Pour apprécier séparément le rôle de chacun des pôles, les Allemands procèdent de la manière suivante : Ils mettent un pôle sur le muscle ou le nerf à examiner, et l'autre pôle n'importe où sur le corps, au niveau du sternum, par exemple ; le pôle placé sur l'organe à étudier est le pôle actif ou différent ; l'autre est le pôle indifférent. On prend successivement le pôle positif et le pôle négatif comme pôle différent, et on détermine ainsi l'action isolée de chacun d'eux sur le muscle ou sur le nerf. C'est la méthode polaire.

Pour avoir des points de comparaison et apprécier les variations dans l'excitabilité, on part du principe (qui est démontré) que les nerfs symétriques des deux côtés ou bien que des nerfs différents, mais placés à la même profondeur sous la peau, réagissent en général de la même manière, sous l'influence du même courant.

290 DIX-HUITIÈME LECOX.

L'action des courants continus, à l'état physiologique . est assez compliquée. Erb l'a étudiée par la méthode polaire, que nous indiquions tout à l'heure. A l'état physiologique, il est indifférent d'agir sur le nerf ou sur le muscle. Les effets varient suivant l'intensité du courant employé et suivant la nature du pôle appliqué sur l'organe (négatif ou positif); enfin, il faut examiner séparément ce qui se passe au moment de la fermeture et au moment de l'ouverture du courant. Vous voyez déjà qu'il y a plusieurs cas.

Voici ce qui se passerait dans ces diverses conditions.

1. Avec un courant faible, le pôle négatif donne une forte secousse au moment de la fermeture, tandis que le pôle positif ne donne rien.

2. Avec un courant moyen, le pôle négatif donne une forte secousse à la fermeture et rien à l'ouverture; le pôle positif donne une secousse faible à l'ouverture et à la fermeture.

3. Avec un courant fort, le pôle négatif donne une secousse tétanique à la fermeture et une faible secousse à l'ouverture; le pôle positif donne une vive secousse à l'ouverture et à la fermeture.

Pour abréger le discours, les Allemands représentent chacune de ces lois par une formule qui peut être facilement imitée en français. On appelle le pôle positif Anode, et par abréviation An; le pôle négatif Kathode, et par abréviation Ka. Nous désignerons par F la. fermeture du courant et par OV ouverture du courant, et enfin 5 voudra dire secousse et Te contraction tétaiiique.

Gela posé, si nous voulons exprimer qu'avec le courant faible le pôle négatif donne une secousse au moment de la fermeture du courant, nous écrirons KaFS. Les trois principes que nous avons énoncés plus haut se résumeront alors de la manière suivante :

Page 1