CONVULSIONS DU FACIAL
Oppolzer, par une carie du rocher; RosenthaletRemak, par une otite; Debrou, par l'ouverture d'un abcès à la région parotidienne ; par l'ablation de diverses tumeurs à la face. — Du reste, nous pourrions reproduire ici toutes les causes de paralysie du facial, puisque l'un de ces états peut se transformer en l'autre.
L'action réflexe a surtout son point de départ dans le trijumeau. Ainsi, le tic douloureux peut se transformer en tic non douloureux; par suite, toutes les causes de névralgie trifaciale peuvent être inscrites ici : dents cariées, corps étrangers, etc. — Le froid a une double action possible, par l'intermédiaire de la cinquième et de la septième paire.
Quelquefois l'action réflexe a son point de départ plus éloigné: vers intestinaux, maladies utérines, etc.
L'action centrale sur le facial peut encore produire des effets analogues, cjne l'on doit exclure du tic douloureux vrai, mais qu'il faut connaître pour les distinguer de celuici. C'est surtout quand la lésion siégera à la partie inférieure de la zone motrice corticale que ces phénomènes se produiront.
Enfin les causes générales, comme le rhumatisme, peuvent aussi être invoquées, ainsi que 1^ névroses plus complexes, comme la chorée.
Symptômes. — Le phénomène caractéristique est une contraction rapide des muscles innervés par le facial, d'où une grimace difficile à décrire, analogue à l'efïet d'un courant électrique ; les lèvres, l'aile du nez sont soulevées et produisent une expression de rire sardonique ; les yeux clignotent, le front se plisse .... Romberg a même vu des mouvements dans le pavillon de l'oreille. — Ces phénomènes sont d'autant plus remarquables en général qu'ils ne se produisent que d'un côté, et le contraste est extrême avec l'autre moitié de la figure, qui garde son expression ordinaire.
Chacune des secousses dure très-peu de temps; mais elles se succèdent, et par leur réunion forment un accès.
La maladie est ainsi formée d'une série de paroxysmes séparés par des repos. Ces paroxysmes, de dm-ée variable, sont d'abord provoqués par des causes internes, telles que les émotions, une fatigue, un mouvement des muscles atteints, ou seulement l'attention portée par le malade à son infirmité; mais plus tard ces crises surviennent spontanément ou sous l'influence de causes futiles.
Certains muscles, comme le stylo-hyoïdien, ledigastrique et le voile du palais, restent le plus souvent indemnes.
Ces convulsions s'irradient quelquefois aux muscles voisins appartenant à un autre domaine nerveux, par exemple à l'hypoglosse (langue), au masticateur, au spinal ( trapèze , sterno-cléido-mastoïdien) .
Les crises ne s'accompagnent d'aucun phénomène douloureux : de là son nom même de tic non douloureux.
Malgré tous ces troubles de motilité, il n'y a pas de paralysie ; l'action volontaire s'exerce dans des conditions parfaitement normales sur ces muscles, dans l'intervalle des paroxysmes ; rarement on observe une légère diminution de motilité. — On ne constate aussi aucune modification sensible dans la réaction électrique du facial et des muscles qu'il innerve ; ni troubles vaso-moteurs ni troubles sécrétoires.
Dans un cas, Bouvina noté un goût salé tout particulier dans la bouche, et dans un autre, Erb a constaté un bruit dans l'oreille pendant l'accès.
Grsefe, Remak, Hitzig, ont attiré l'attention sur ce que l'on appelle les points d'arrêt. Dans beaucoup de cas de convulsions, il y aurait certains points particuliers sur lesquels il sufBt de presser pour arrêter les spasmes. Ces points d'arrêt se rencontrent quelquefois dans le tic non douloureux ; ce sont les points mêmes de la névralgie trifaciale. Graefe a décrit en outre d'autres points secondaires qui se développent dans le cours de la maladie, sont plus ou moins éloignés des premiers et ne déterminent qu'un arrêt incomplet.
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Les accès peuvent durer même la nuit pendant le sommeil; d'autres fois ils disparaissent. D'après Jaccoud, cette dernière circonstance prouverait q;ue la maladie est d'origine réflexe.
J'arrive aux convulsions partielles. Le tic général que nous venons de décrire débute souvent par quelques muscles auxquels il semble limité, et puis il se généralise ultérieurement. En dehors de ces faits, il y a aussi des cas où le sujet a un tic circonscrit dans certains muscles de la face et restant toujours circonscrit à ces muscles. Ainsi, il aura par moments une crampe des zygomatiques et le rire sardonique ; ou bien un spasme dans l'élévateur du nez et de la lèvre supérieure, ou même dans les muscles de l'oreille.
Un mot spécial doit être consacré aux con\'Tilsions limitées à l'drbiculaire des paupières : elles constituent le blépharospasme ou le clignotement, suivant qu'elles sont toniques ou cloniques.
Le blépharospasme a été bien étudié par de Grsefe. L'œil se ferme par accès intermittents de plus ou moins de durée, de quelques minutes à quelques heures ; la durée peut même s'étendre à des semaines et à des mois, et la cécité peut terminer la scène. Il est difficile de décrire les bizarres contractions, les grimaces que font les sujets pour lutter à l'aide des antagonistes contre ce blépharospasme. L'action de la lumière, les efforts d'accommodation, l'occlusion des yeux ou leur ouverture pour un examen, les émotions, etc., provoquent des crises, qui surviennent tout d'un coup ; les yeux se ferment subitement .
Quelquefois, enpressant sur certains points, on peut déterminer la réouverture également brusque de l'œil. On trouve habituellement ces points suspensifs quand on les cherche, souvent les malades les découvrent eux-mêmes. L'effet de la pression sur ces points d'arrêt se maintient en général quelque temps ; d'autres fois cependant il ne dure que pendant la pression.
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Ces points sont ceux de la névalgie trifaciale, et spécialement le sus-orbitaire. On peut aussi en trouver au niveau de la colonne cervicale ou même au plexus brachial. Le repos peut encore être obtenu par la galvanisation de ces points (Remak).
Le blépharospasme est le plus souvent d'origine réflexe, par excitation du trijumeau et de ses branches oculaires. C'est ainsi qu'agissent toutes les inflammations de l'œil, scrofuleuses ou herpétiques; les ulcérations de la conjonctive et de la cornée ; les traumatismes et les corps étrangers du globe oculaire; la névralgie sus-orbitaire, etc. — Ainsi encore agissent les ulcérations buccales, les dents cariées et les diverses névralgies du trijumeau. — Quoique la cause soit unilatérale, le spasme se produit en général des deux côtés.
Le clignotement est présenté par bien des gens, même physiologiquement, sous l'influence d'une lumière vive. En général, il précède le blépharospasme et y conduit. L'étiologie est la même que celle des convulsions toniques. Son histoire ne présente rien de spécial.
La Marche de ces convulsions est irrégulière et variable suivant les cas , le plus souvent progressive et chronique. La Durée est quelquefois indéflnie et peut s'étendre à toute la vie; la maladie peut cependant aussi guérir. La guérison radicale et rapide est la Terminaison la plus rare ; la guérison partielle avec récidives est ce que l'on observe le plus souvent. Le Pronostic varie, d'après ce que nous venons de dire. Le Diagnostic est en général aisé ; la maladie est facile à voir et à reconnaître ; le seul point important est d'en déterminer la cause et de savoir notamment si elle est d'origine centrale ou périphérique.
Le Traitement s'adressera d'abord à la cause : au refroi-
* Nous avons placé parmi les spasmes fonctionaels un fait intéressant, observé par Richey, de convulsions cloniques des paupières supérieures.
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dissement ou au rhumatisme . par les sudoriflques, les bains de vapem-, etc. ; aux causes périphériques connues, par une action directe' : a^iilsion d'une dent cariée, traitement d'une ulcération, ophthalmie. On a même tenté la névrotomie du nerf sensible en cause.
Gomme traitement direct, on préconise beaucoup T électricité. Benedikt déclare que tous les cas récents sont guéris par ce moyen, mais que les cas anciens résistent. Erb a vu au contraire beaucoup de cas récents résister à tous les genres d'applications électriques, et il considère une certaine ancienneté de la maladie comme un élément de succès. On emploie de préférence le courant galvanique descendant, allant du nerf au muscle. — Dans les cas qui s'y prêtent, on peut pratiquer Félectrisation des points d'arrêt. La considération et le traitement du point d'arrêt auraient, d'après de Grsefe, une importance toute spéciale dans le blépharospasme.
Les narcotiques, injections sous-cutanées de morphine, chloroforme, atropine; le curare, les antispasmodiques divers, ont été essayés.
De violents efforts de volonté suffisent quelquefois pour faire disparaître un tic : de Grœfe en a cité un exemple pour le blépharospasme. Duchenne recommande beaucoup lïntimidation pour arrêter un tic au début, chez les enfants. Si les punitions ne suffisent pas, on pratique une électrisation douloureuse, les veux bandés, et on menace de recommencer si le tic continue.
On a encore préconisé la section du facial, malgré la paralysie qui en résulte, ou la simple pression prolongée de ce nerf. Diefîenbach a même pratiqué la section souscutanée d'un muscle atteint.
CONVULSIONS DE l'hTPOGLOSSE.
Les conMilsions de ce nerf sont très-rarement isolées; elles ne sont assez fréquentes que dans les névroses plus
complexes. — On peut observer dans la langue des mouvements variés, dans les divers muscles des contractions ôbrillaires, ou des convulsions toniques déformant la langue d'une manière bizarre.
Eulenburg cite quelques observations rapportées par divers auteurs. Ainsi, Fleury a vu chez un sujet des convulsions cloniques ou toniques dans les muscles innervés par la douzième paire toutes les fois qu'il essayait de parler ou que seulement il en avait l'intention : c'était une espèce de spasme fonctionnel. Dans le cas de Valleix, c'était une crampe tonique qui fixait la langue immobile contre la voùtepalatine. DansunfaitdePauthel, c'étaient au contraire des convulsions cloniques.
Comme étiologie, on a noté des lésions de l'écorce cérébrale (centres corticaux) ou du bulbe, des névroses, comme la chorée, l'épilepsie ou l'hystérie; des réflexes, spécialement de la cinquième paire ; l'atrophie musculaire progressive et la paralysie labio-glosso-laryngée.
L'étude spéciale de ces convulsions n'est en somme pas faits, et même ne parait pas possible dans l'état actuel des documents réunis.