TUMEURS CÉRÉBRALES
fois limité ; alors elle a une signification séméiologique. Elle correspond assez bien au siège même de la lésion et aurait pu, dans quelques cas, servir au chirurgien pour la trépanation. — La céphalalgie peut aussi manquer fréquemment.
On observe aussi d'autres douleurs. Gharcot a signalé une douleur des globes oculaires, surtout chez les amaurotiques. On a noté : l'odontalgie, la névralgie trifaciale, des douleurs dans les membres, etc. Tout cela n'a rien de caractéristique.
On a observé V kyperesthésie ou Va7iesthésie suivant les cas. Des faits bien étudiés, un de Ghouppe entre autres, montrent que la capsule interne peut être lésée sans qu'il y aithémianesthésie. — La vue, Vouïe, peuvent aussi être altérées.
Les altérations du fond de l'œil sont intéressantes à connaître. Il y a souvent cécité produite par une nevro-rétinite ; on distingue la névro-rétinite par étranglement de la névro-rétinite descendante. Pour de Graefe, la première lésion correspondrait aux tumeurs intra-crâniennes, la seconde à la méningite de la base. Gharcot trouve la distinction trop absolue et ne voit là que deux formes, deux degrés différents de la même altération.
Dans le premier cas, on trouve : « engorgement et tuméfaction manifestes de la papille ; contours effacés par un exsudât gris rougeâtre sur la partie moyenne et sur la circonférence. Les vaisseaux centraux paraissent interrompus sur divers points; les veines ont disparu, les artères sont diminuées de volume, les capillaires sont développés. Le début de l'amaurose est subit.»
Dans la deuxième forme, on trouve les mêmes caractères, et en plus : « papille élargie; contours frangés , irréguliers, mal limités ; nuage. Les capillaires paraissent effacés, à cause de T opacité du nerf optique. Vaisseaux tortueux, sinueux, surtoutles veines, qui sont interrompues par places. y>
Ces lésions se trouvent aussi dans rhydrocéphalie et rhydropisie ventriculaire. Elles ont cependant une grande importance pour le diagnostic des tumeurs cérébrales.
2. Troubles de la monlité. — Lesconvulsions sont fréquentes ; on les observe dans les deux tiers des cas. On a souvent des fonnes épileptiques complètes avec ou sans aura, en général sans absence ni vertiges. On a noté quelquefois de la chorée, le plus souvent des convulsions simples ou des contractures.
Les paralysies sont aussi très-fréquentes. Ce sont le plus souvent des parésies à début graduel et progressif. — D'autres fois on observe des paralysies tardives qui surviennent rapidement à la fin de la maladie. La forme la plus fréquente est l'hémiplégie. On a observé aussi la parésie des quatre membres.
Les réflexes sont en général conservés, ainsi que la contractilité musculaire.
Les troubles moteurs oculaires ont une grande importance. Le strabisme a une valeur séméiologique classique; souvent il y a aussi du prolapsus palpébral, plus rarement de la lagophthalmie ; souvent inégalité des pupilles avec paresse dans leurs mouvements, quelquefois exophthalmie ou rétraction de l'œil.
3. Les troubles intellC'Ctuels peuvent manquer d'une manière complète. Quand ils existent, ils se présentent comme délire aigu ou sous une forme chronique.
Quelquefois il y a aflaiblissement progressif des facultés intellectuelles allant jusqu'à la démence ; d'autres fois on n'a qu'un simple changement de caractère et d'habitudes. Dans quelques cas, on a observé l'aliénation et l'idiotie.
Le vertige est fréquent , l'insomnie plus rare que la somnolence ; souvent il y a coma.
Enfin, au milieu de la marche lente et progressive de la tumeur, surviennent des attaques apoplecti formes qui peuvent se répéter cinq, six fois, jusqu'à la mort.